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Époque do coin cniciforme et des unifaces

Si l'on a égard à ce progrès et à toutes ces circonstances , on comprendra mieux la marche du monnayage gaulois. Nous avons déjà admis pour chose avérée , qu'il prit d'abord naissance au plus tôt (vers 380), au centre de la Celtique, en copiant les philippes du bige , du cavalier , du cheval libre. Un peu plus tard , vers 270 , apparurent les médailles et médaillons trèsconcaves , frappés en or , en argent et en bronzé. Rhoda en même temps forge ses drachmes cruciformes. Massalia commence aussi (à cette époque) à frapper chez elle les drachmes au lion. La circulation des drachmes de ces deux villes, se croise avec celle de l^or et du gros argent du centre, et bientôt se rencontre autour des Gévennes et de Garumna avec le cavalier ibérique ou celtibérique.

Les voisins de Rhoda et de Massalia , suivent les manières cruciformes des deux villes. D'abord ils font copier sur leurs drachmes la tête et la croix de la première (pi. Y, 1 ). Je pense que cette espèce de drachme précéda les autres coins analogues. Elle se retrouve moins fréquemment , et son poids est toujours fort , elle ne dure pas longtemps, et disparait quand l'autre coin prend de la consistance. Sa forme, sa concavité, sa convexité, et l'épaisseur, répondent à son ancienneté présumable.

Les unifaces des VolLs tektosags la remplacent. Elles sont d un coin analogue , mais simplifié ; leur poids , leur forme , leur convexité sont conformes ; la croix n'est cantonnée que de croissants ; seulement la tête disparaît et délaisse un côté de la monnaie qui reste lissç (VI , 37) (126). Cette manière est inven-

(ia3) CassarlII, 1.

(124) Diod. Sic. V, 39.

(ia5) CiBsar 111,8.

(126) ReTiienumism., t. HT, p 223.

tée à l'exemple de la monnaie uniface de Populonia , et c*est la troisième impubîon que reçoit le monnayage volk.

La première impulsion est donnée par le coin cruciforme de Rboda et de Uassalia, la seconde, par le mutisme de la monnaie du centre, la troisième, pur le volume unifoce de Populonia.

La monnaie de Populonia a pu être transportée par quelques

mardiands, qui s'aventurèrent parfois dans des passages peu

praticables à travers les Alpes, et malgré tput le danger qu'ils

y couraient. Mais cette supposition tombe , à mon avis , devant

le liait que Tbiatoire nous relate de Texpédition des gésates, des

environs du Rbodan , sur le sol de TÉtrurie, en 22l(. La masse

de3 guerriers, en retournant, était plus à même que les mar-

ciiands , de transporter le modèle et de le faire adopter à ses

compatriotes. Un événement bien connu, est le garant de ce

rapprochement, et aucune hypothèse ne peut coinb^ttre son

évid^ice.

(k, la monnaie unifece des Yolks prend sa naissance vers ââO, deux générations après l'expédition de Kambaul et de Brennus , à peu près, nâisuit peu plus tard que l'établissement de la monnaie en argent chez les Étrusques. Les imitations ou plutôt les copies précédentes de Rhoda , sont donc de %kQ, ou de âUÛ, et ont leur existence entre 350 et âlO. Les unifaces des Tolks n'en oui que les croissants , et je doute qu'on trouve quelque exemple avec ùh assortiment plus nombreux des symboles.

Avec le temps survinrent les diangements. Deux ou trois génération^plustard, lesateAiers monétaires aux environs deNarbo, se multiplièrent, le fian prit une forme qui s'installa allieocs dans les espèces gauloises , moins concave, aplanie ; il a le coin des deux côtés, la tète ordinairement très-diffiorme , la croix cantonnée de différents symboles , pour la multiplication desquels, l'impulsion est donnée encore du centre druidique; la hache jouit entre eux d'une grande prépondérance ; lé poids faiUit, où bien le volume de la monnaie est diminué par des tranches coupées, ou la rognure de sa barbe.

Cette monnaie nombreuse ne servit plus de modèle à celle du nord , mais elle ne reste pas sans quelque conformité dans les symboles. L'uniface , on ne sait par quelle occasion , a eu son écho chez les Belgs et détermine la naissance du monnayage belg. L'esprit humain invente quelquefois spontanément les mêmes idées, indépendamment delà concurrence réciproque.

Mais en comparant le coin belg, tout à fait différent avec le coin Yolk , on remarque quelques coïncidences qui forcent à référer Forigine des unifaces du nord , à celle du midi. On y trouve également parmi les symboles , les fourchons ou la figure d'un V (127) (pi. IV, 14, 15, 16, 19, 20, 28) qu'on chercherait en vain dans le coin des autres peuples gaulois; on voit la hache marquer la monnaie volke , et on croirait que , dans la désorganisation de la tête de la monnaie belguique , on s'efforçait de formuler une hache (pi. IV, 18 , 14 , 17) , inconnue à toute autre monnaie gauloise. Les deux croissants adossés, se remarquent aussi uniquement dans ces deux monnaies (pi. Y, 2,8; VIII , 38 , 89). Donc, sous la composition tout à fait différente des deux coins , les mêmes objets se reproduisent uniquement dans les espèces volkes et belgues ; elles énoncent des pensées analogues , et il faut absolument convenir que les unifaces volkes , servirent de modèles aux Belgs. Gomme les unifaces volkes ne pouvaient durer que deux ou trois générations (220-180), c'est donc dans cet espace de temps que les unifaces belgues prirent leur naissance, vers 150 ans au plus tard, ou plutôt vers 190 ou 200, comme d'autres combinaisons nous le font croire.

Ces unifaces ont une consistance mieux affermie et plus darable; car, bien que je ne connaisse aucune pièce uniface ayant leur empreinte en cuivre ou en bronze, qui puisse faire croire à leur existence prolongée , on les voit , comme nous le dirons, avec toute leur formation primitive, se confondre dans la monnaie inscrite de la dernière période. Ces unifaces , toujours en or, renfermées dans une localité étroite, en variant leur coin, fournissent encore des indices de leur existence prolongée, car il est à présumer que ces différences se succédaient consécutivement : aussi ceux au croissant et au gui, sont postérieurs à celui du cheval , c'est-à-dire postérieurs à Fan ISO, ou 180; ils se rattachent aussi à la monnaie inscrite , et sont à référer à la période suivante.

Certes, c'est une chose remarquable, que cette coïncidence de l'appellation des Volks et Bolgs , avec les Belgs du nord , de leurs unifaces, de la hache, des fourchons,. des croissants adossés , qui ne sont communs qu'à ces deux peuples de Volks et de

(ivj) Revue nuroism., t. IV, pi. VIIÏ, 6, 9.

Belgs. Mais toutes ces coïncidences des symboles de leur monnaie , se rattachent à la période suivante : nous avons anticipé sur les faits , pour mieux établir l'origine et l'époque des espèces les plus anciennes sur différents points de la Gaule.

Il est encore à observer que l'influence étrusque intervint visiblement dans la formation des unifaces : c'est le prélude de son ascendance ultérieure, qui commença de s'étendre dans la période suivante. Enfin si nous nous sommes étendu bien longuement sur ces origines obscures, c'est qu'il nous importait beaucoup de les établir solidement. Le coin de toute cette monnaie primordiale , est d'une. antiquité incontestable, mais l'époque en est déterminée, et doit servir de lumière et de guide dans ie discernement des autres espèces de l'époque , et c'est avec ces armes que nous rentrons dans le centre de la Celtique pour y suivre les directions du coin macédonique celtisé.

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38. Monnayage du centre ; naissance de la monnaie armorikaine.

Le monnayage gaulois , créé par l'ébranlement politique sur deux points delà Gaule, dans son développement, devait se ressentir du commerce et de la civilisation : aussi tout porte à croire qu'il s'est établi d'abord chez les Biturigs ou Garnutes , dans le centre de la Celtique, et plus tard au midi, chez les Volks Tektosags : il serait convenable de retrouver sa multiplication sur tous les points , où le trafic , choisissant des stations plus fixes , appela un concours plus nombreux de négocians , et la commutation plus agitée entre les habitants. Aussi nous trouvons que ce monnayage commence dans la Parokéanfte sur deux points plus animés : chez les Belgs à l'est, et dans la péninsule armorikaine, à l'ouest.

Dans samarche le monnayage recevant différentes impulsions, dirige son coin sur deux chemins qui se croisent parfois et se confondent sur plusieurs points. Le premier, c'est la nationalisation et la ramification du type établi jadis par le copier et l'imitation :sttr ce chemin, il s'éloigne de son modèle. Le second, c'est l'imitation ultérieure, tant des différentes empreintes étrangères, que des manières de l'art étranger : sur ce chemin, il fait varier le coin primitif et se prédispose à en inventer de nouveaux.

Ce n'est plus cette imitation servile qui cherche à reproduire,

ÔO TYPE GAULOIS.

tant bien que mal , ce modèle sous toules ses formes, mais une imitation libre, créatrice, qui combine, invente. Rarement elle se rattache aux deux côtés d*un coin pris pour modèle : si elle suit un côté d'un coin étranger , elle lui dohne un autre revers , elle le rattache au sien ; et même portant son attention sur Fempreinte étrangère, elle cherche plutôt à enrichir son propre coin , par quelques dbjets secondaires , qu'à imiter le modèle ; elle puise dans le type étranger, elle exploite ses délaUs pour enrichir le sien.

11 est utile de faire et de noter cette remarque , avant de réfléchir sur la ramification du type déjà établi , et pour la plupart symbolisé ; car sa ramification est en partie le produit de Fimitation et de la combinaison de quelques détails étrangers. Cest ain^i que la forme tiiii£àce conduisit le cheval dételé du char , sur un embranchement spécial en Belguique. CTest ainsi que plusieurs marques secondaires distinguant le cheval conduit par la tète, correspondent avec les marques de la monnaie étrangère , étrusque ou grecque.

Les permutations survenues dans la monnaie an type primitif, se présentent sous plusieurs rapports : sons le rapport du métal et de la forme , sous celui de la tète et du cheval , enfin sous celui des accessoires ou symboles.

Les formes concave et uniface ont leur existence dans toute cette période ; la forme unifoce prolonge son existence dans toute la période suivante ; quant à la forme concave^ eUe tonba plus tôt en désuétude , mais elle dura encore un certain jteiips dans la seconde période, et ses coins ne sont atteints d'aucune innovation. En e£fet , ces formes sont exceptionnidles. La foralela plus universelle était assez épaisse , plus convexe que concave* Or , c'est dans cette forme que le changement est à (^server. Sa convexité diminue, s'adoucit, s'aplanit encore .plus ; la con* vexité se soutient mieux : si elle rabaisse , le relief de la tête reste très-fort (pi. II, 91 , dO-il^). Il n'en manque pas de pièces bien aplanies des deux côtés également : elles sont en gboérsà postérieures et leur, empreinte ordinairemêni l'est aussi. Biais si elles sont assez épaisses (pi. II , âO ) , alôra elleâ peuvent prétendre à l'ancienneté , à condition que le caractère du coin ait aussi son ancienneté. Je pense que cet aphnissement se développe plutôt sur des médaillons en argent (pi. 11^ 8, 4) que sur des pièces en or. En effet l'aplaniss^nent égale des deux

DEUXIÈME PéRlODE, AGE D'ARGENT. ai

côtés dans cette période ^$% rare , eomme il est rare de voir dans des temps postérieurs des pièces assee concaves (pi. V, U). Le coin qui était depuis longtemps réservé pour For seul, se communiqua dans FAnnorik au potin ( pi. II, d9, Sa ) , et dans certains cantqns, à Targeut (jd. Il, âl,dl ) : mais cet argent est tr^-rare et se rapporte à des temps postérieurs» Ce polin et cet argent sept toujours du grand module, et c'est à peine si je puis citer un exemple du petit module ^e Targent à Tanden coin (pi. YI, ..), exemple produit certainement dans les derniers monients de Texistence de ce eoin. L'or seul fournit à ce coinf dès l'origine, des pièces de toutesf ghindeiirs , grandes et peti* tes ( voyez pi. Il , III , IV^ VII , YIU )• Le pôtin au coin ancien, toujours du grapd module , est aussi convexe , et conserve sou* vaitfau revers une certaine ccmcavilé : par conséquent son commencement, d^& ^es çaAtoos oùil fat fabriqqé, devança l'époque quidiminuait le volume de lamonnaie, etaplanissaitsa convexité.

La fabrication plus ancienne du potin et de l'argent , comme celle de l'or qui les précéda , avait le flan suffisant , ainsi que l'eaoyptreinte se trouvait entière ; dans dès temps ultérieurs , le Q»n diminuant son volume , manque à l'empreinte ( pi. II, 3â , SS)«.Ce défiEint appartient à la fin de la période suivante et il fit des progrès fôcheux.

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