‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 22 sur 113 · Tête gauloise · texte numérisé non relu

Tête gauloise

Dans la période précédente , nous avons fait ressortir deux tètes monétaires, une grecque , tantôt barbue , tantôt juvénile , ordinairement laurée, moddée par le copier ou par l'imitation ; l'autre, indigène gauloise, qui se retrouve intègre sur les grands médaillons concaves (pi. Il , 8 ) à l'avers du cavalier ou chevalenseigne , ou elle semble servir aussi d'ensc^igne ; image pour l'art, étrange, bizarre, J^dçuse, qui pouvait être, suspendue, qui fut sculptée sur des médaillons et sur des boucliers^

Dans cette seconde période nous trouvons un feit historique et cm conte populaire à Rome qui confirment pleinement ce que nous avons avancé au sujet de cette tête gauloise. Certes , les Romains en ont vu son image sur ^es boucliers, gaplois. A sa vue , le conte de l'explpit de Manlius Torquatus qui tua le gàvh Ims-géant et arracha de son oou les deux chaînes d^or , imagina les contorsions du visage de ce géant, impatienté de ^e qu'un adversaire tardait de sortir de Tarmée romaine. Le gaulois dit-

les fonnes symétriques et fantastiques ne cessaient de régler la chevelure de la plupart des coins. Le progrès de Fart transportant ces tètes sur le potin et l'argent , arrangea d'abord symétriquement les boucles eii demi-cerclées . ou oblongaes, terminées en crochet > autour de deux rangs de laurier. En coordonnant de cette manière le modèle grec , il le combinait avec quelques tresses de la chevelure que lui présentait la tête symbolique ou druidique (de la médaille 8 de la pL II), en ajoutant à la chevelure laurée , des tresses retombant sur le ft*ont (pi. U , U , 31 , sa» 8S , S4 ; III, d5>-S8 ).

Plus tard , la monnaie armorikaine introduisit dans ^n coin une chevelure plus nationale. Les Gaulois soignaient beaucoup leurs cheveux. Ils lesavaient blonds etrougeâtres, savaient relever leur couleur , lavant leur tète avec de Feau dans laquelle de la chaux était dissoute, ils les rendaient durs, coninœ le crin des chevaux (i33). Ils les repeignaient et les rdevaientsur le sommet de la tète et les laissaient pendre par derrière (i 34). €*est cette chevelure, dont les brins divisés en deux ou trois rangâ, se trouvent sur le potin de TArmorik (pi. 11,29; YI, 48, 49, Wù).

En même temps , au centre de la Celtique , une autre sorte de coiffure couvrait les tètes monétaires. Les cheveux étaioH noués en grosses touffes et papillotes , comme si la tète était couverte de grandes feuilles de quelque plante ( pi. Il , 17, 95 ). Oii peut facilement remarquer que sa symétrie est conforme à la symétrie des tètes laurées ( comparez sur la pi. Il , les nnmé^ ros 17 , 18 , avec âS, S4); que cette coiffure se forma par la

^ Q suppression du laurier , et par l'enflure et le bombe-

^ ^ ment du brin intérieur de chaque tresse composée d'abord de trois brins. Or, la coiffure papillotée prit naissance plus tard que la coiffure symétrique laurée.

Les deux chevelures , repeignées et papillotées , sont dominantes dans la monnaie de la période postérieure : la seconde se perd dans l'époque romaine (pi. 1 , 10; VII, 8; VIII, ^-4) et

(i33) Liv. XXXVIII, 17; Virg. JEu. VIU , 659; Tacil. hist. IV, fil; Plin. XVIU, 12; Galen. in Hipocr. de rat. vict. 31 ; Manil. IV , 713 ; Sil. liai. IV, 202; Claudian. in RuSno 11, 1 10 ; Ammian. Marc. XV, 12.

(i34) Slrabo IV, p. 196; Liy.XXXVUT, 17 ; Plin. XXVllî , 12; Claudian. 4n StiHc. 11, 241.

Tu m flavB rcpexo Gallia cri ne ferox.

Vautre, en même temps, dans son dérangement cherche un relùge au ddà de la mer , en Bretagne ( pi. YIII , 88 ).

La monnaie gaulMse et le type qui nous occupe à présent , offrent encore d'autres coiffures de têtes, coiffures variées dont quelques-unes méritent encore quelque attention. Par une sorte de négligence des graveurs , au lieu de former la coiffure en feuilles, ou touffes papillotées, on divisa les cheveux en nœuds q ou pliques ohlongues qui couvrent toute la tête sans ordre. ^ Celte frisure pliquée, semble avoir son origine au midi de la Gaule , chez les Yolks Tektosags (pi. V, S), et se communique à la monnaie qui avait la frisure papillotée (pi. III, VI, 57). C'est un exraiple dés rapports que la monnaie du midi pouvait avoir avec celle du centre; mais cette espèce de coiffure à nœud et pliquée appartient aussi à la période suivante.

On remarque une autre conformité entre la monnaie du midi et du centre , non moins intéressante : c*est Fentourage des cheyeax par des esses continues. C'est la garniture , imitant les petites tresses qui s'échappent de la chevelure. Elle se rattache à toute sorte de frisure (pi. I, 6 ; II, 21 ; III, 51 ; IV, 2 ; V, 2, 4 ; VII, 8, 11 ), mais quelquefois elle seule remplace les cheveux. On voit ces chaînons des esses sur l'or concave et aplati (pi. III, 20; V, 4), et sur les deniers d'argent (pi. 1,6; III, 51 ; yil.ii); suc les bords de Rhodan ( pi. VII , 8 ) , chez les Tektosags (pi. IV, 2 ; V, 2) et dbei les Senons (pi. III, 51 ; VII, 11 ). Cependant ce mode de décorer la tête se montre plus parfeit au midi , et ne prolonge son existence jusqu'à la dernière époque de la monnaie , que chez les Senons, et quelque part se rapprochant des Ardennes, comme nous le dirons plus tard.

Les deux conformités de coiffures qui rattachent la monnaie du midi à celle du centre, savoir les frisures en boucles pHquées et les garnitures en (Aalnon des esses, se montrent réunies, composant une seule .coiffure de la tète juvénile , sur des pièces en or eten argent, ayant au-dessous du char une lyre(pl. Il, 21) ( 1 35,) ces pièces ne sont pas trop anciennes et appartiennent à quelque partie de la Basse-Loire.

En effet , on ne peut pas refuser rancîenneté d'une coiffure singulière que les concaves de cette période nous offrent

(i35) Rud^Bg, pi. H, 33; Conbr. 61. — La mcdaiilo grovéesur notre filaiicke 11,21, est en argent «l pèse 160 2/5 grains.

(pi. II , 16;1II, S3 , ââ ); mais en général, dans les variétés des frisures, je vois que ces boucles, ces touffes artistement coordonnées , ces tresses cordées ; ces enchaînements fontasti(|uement cerclés , annelés (pi. II , 21 , lU , 20 ; Y , 5 ; VII , 51 }, sont indubitablement d'une date plus récente.

Cette tête juvénile, aussi différemment èoiffée , entrant aussi, avec le char et le cheval dételé dans le pays des Belgs a eu un tout autre sort. Elle y est laurée , et traversée par une bandelette qui surmonte de ToreiUe à son sommet (pi. IV, 10,11; YIII , ââ , SS ). Se domiciliant sous cette forme dans le pays des Belgs , elle disparait sur les unifaces, se dissipe et retombe en lambeaux sur beaucoup d'autres et son bandelet formule une hache (pi. lY, 11 , 12, 18, etc. ). Comme le cheval des unifaces et le cheval de celles de la tête dissoute, sont identiques , il est donc palpable qu'elles forment une môme souche belgue , qui s'acharne contre la tête grecque ; que la hache la dissèque, la massacre, et se perd elle-même dans l'époque romaine (pi. lY, 17). Il est probable que les autres dissections symboliques des têtes qu'on retrouvera sur l'or (pi. III, i7, lY, 18), sont aussi le produit du monnayage belg.

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