Race des chevaux celtiques-biturigs
Nous avons observé qu'une incapacité singulière à reproduire les formes ordinaires du cheval, s'était manifestée au commencement du monnayage , ainsi il est difficile de trouver un cheval passable sur des médaillons ou tétradrachmes : il devient donc évident que l'amélioration de sa figure et de sa forme naturelle , est le fruit du progrès de l'art. £n effet , ce progrès devient évident dans le coin du char : il est moins remarquable dans le coin des médaillons en argent , où l'on voit ordinairement un cavalier (pi. 1, 12, II, 5, 8, 9; III, 10, 16). Cette indolence dans les médaillons ferait <^roire qu ils ne furent jamais fabriqués à leur coin ordinaire dans les parties de la Gaule, où i'art fit des progrès, ou qu'ils étaient fabriqués tous ou au moins en plus grande partie, antérieurement à son progrès.
Le cheval du cavalier , sur des médaillons , était quelquefois courant (pi. III, 11-1 S, 15) ; mais ordinairement et de son origine trottant (pi. 1-8, 7-9, III, 10, 16). Ces chevaux offrent tant d'inégalités et d'inconstance dans leur forme, qu'il est difficile de leur donner le caractère d'une race déterminée. Le
concours de rîmitatiou maladroite et de la contorsion symbolique, dégradaient leurs formes , cependant ils suivent les améliorations et les permutations des haras, selon Tépoc^pie et la localité.
Le cheval symbolique cheval-enseigne (pi. II, 8, 9) étalonnait partout ses formes. Bes cavaliers sont montés sur le chevalet au garrot (pi. II, 7, 9, III, 16), comme s'ils servaient euxmêmes d'étendard ; des chevaux conduits sont parfois soulevés par un bâton d'enseigne (pi. II, 25, 26,28 ). Des chevaux trottant (pl. II, 6), ou courant (pi. III, 51, VII, 11) acceptent la pose , l'attitude , la taille du cheval symbolique , dont la forme oblongue, dépliée par l'action de l'art , influença les formes légères des coursiers dans les races qui furent améliorées par le soin de l'art (i 36).
Une famille des concaves de cette époque, engendra une race de chevaux qui se distingue de toutes les autres, non-seulement par sa maigreur et son corps exténué et excessivement allongé mais aussi par sa pose insolite, le cheval regardant par derrière (pi. III, 28, S2). Le type entier de ces concaves , se distingue de tous les autres, bien qu'il est symbolique, par les accessoires ordinaires à cette période ;.savoir : par le guidon carré, par la croix , par la rondelle , par la branche aux baies. Ces concaves sont assez fréquemment trouvés dans le Luxemburg et dans quelques cantons adjacents. Leurs accessoires symboliques prouvent qu'elles ont eu des relations directes avec le symbolisme carnute et les symboles du coin au char. Les chevaux de ces concaves, ne se propagent pas au dehors et sont peu nombreux : mais les chevaux du char sont de la plus haute importance pour les recherches numismatiques et demandent toute Fattention des investigateurs.
Tous les chevaux sur la monnaie enfantée par le coin au char, se divisent essentiellement en trois formes plus distinctes et plus productives : l'une est de la race naturelle , les deux antres sont symboliques. Si Ton retrouve quelque forme différente elle sort d^un petit haras qui n'a pu propager sa famille.
(i36) Caylus, antiquités, t. lY, pi. XXIX^i, donne une figpurine en bronze
d'un cheval étrusque, très-confurme au cheval symbolique
j^ des Gaulois. Il en fait la remarque; et dans un autre volume
*%/** — ^ de son ouvrage, il présume que c'est plutôt une figurine gau-
^ loise quVtrusque, apportée en Italie par des Gaulois.
Nous avons déjà distingué le coursier gaulois de Tespagnol, nous avons observé sa légèreté. Toutes ses formes sont svelles, allongées, la tète seuleest ordinairement un peu pesante et oreillarde (pi. I, U; II, 1», 21, 80; III, W, 29, SO; IV, 28, 40, 48, 51 ; y, 11). Sa race se répand sur différents points d6 la Gaule, dans le centre, et au nord, partout où Ton a évité la symbolisation monstrueuse , où l'on renvoyait celle^i. Nous nommerons celtique cette race par excellence, où si Ton veut biturigue car je pense que la propagation du type au char, et Vamélioration de Fart, partent du pays biturig; et par conséquent la création de la race celtique du cheval , a eu lieu dans ce pays.
Le cheval celtique , biturig , est toujours en course , s'il est conduit ou librement élancé , car ce dernier même ne prend pas son origine du cavalier marchant , mais du cheval détaché, et du char abandonné par son conducteur. La race grecque qui traînait le bige , Ta engendré et lui donna de bonne heure une forme régulière qui se fait remarquer sur des concaves au bige ( pi. II, 10 ) ; mais acclimaté à la Gaule , il prit ses formes pa^ ticulières et ses défauts que Fart gaulois suivît constamment et perfectionna. Variant dans ses manières selon le pays etTépoque, surtout quand la race fut assez répandue, Fart lui donnait quelquefois un peu plus de corps , plus d'embonpoint; s'éifforçant à faire ressortir les replis musculeux(pl. Il, 30; III, 29, VI...), il essaya de soulever son relief et spécialement le bras et Tépaule, la hanche et la croupe , pendant que les deux bouts du tronc recevaient une forme un peu bombée (pi. Il, 25, 26, 28). Cette dernière manière est plus récente , et appartient à la période suivante, qui nous fera connaître d'autres races naturelles,