ARCHÉOLOGIQUES
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ÉTUDES
l^UniISlIlATIQUES
ET
ARCHtiOLOGIQVBS.
PAR JOACHIH LEtEWEL,
PREXIEa TOLUHE.
TTPI fiAVLOIS, OU GEITIQH,
coiir MAssÂttSff»
COPI< , COKTBSrAÇONS^. IMXT*, HAVlOffAUSt.
BRUXELLES
P.-J. VOGLET, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,
BVI DE LA MONTAGNS , H* 99.
peut-être Tépithète honorifique que les Slavons donaaîent aux rois des Gaulois , à la manière des autres peuples. Aussi voyons-nous chez Conbrouse , numéro 606 , un f^ieri (m rix qui fabriquait sa monnaie au type d'un lion à IIRIMT, Prind. Personne ne saurait trouver cette appellation en France. Or, il est évident que c'est Premisl, ancienne capitale de la Russie-rouge , adjacente aux Karpates , et la Russie-rouge avait pour les armoiries un lion. Le nom royal est slavon , Fkhrzi tu rex, ce qui veut dire le roi qui fait ici des troubles , des intrigues. Pour se débarrasser de ce brouillon, les Slavons chassèrent sa dynastie et les Gaulois , en instituant un régime de douze voîevodes , ce qui leur convenait mieux , comme l'assurent d'un commun accord, tous les annalistes. Voyez le bienheureux Vincent, fils de Kadlubek , Dzirsva , Baszko, l'archidiacre de Gnezne, le docteur Dombrovia , Dlugos , Kromer, Paprotzki , Herburt traduit en français en 1578, par Baldouin ; et tous les historiens du pays parlent de douze palatins et de la république ; seulement ils ne sont pas d'accord sur l'époque de ces événements ; or la monnaie gauloise , fabriquée au pied du mont Karpate , fixe cette époque irrévocablement. Enfin, je dois expliquer comment il se fait que toutes ces monnaies, fabriquées chez les Slavons-Chrobates ne se rencontrent guère dans leur pays, mais seulement en France. Il faut observer que les Slavons, d'après les témoignages de Trog- Pompée et de Justin, détestaient le joug gaulois, et, en le secouant sous leur chef Roubobost ou Berebiste, ils détruisirent leur race, effaçant toute réminiscence qui pouvait la rappeler. Or il faut en conclure qu'ils détruisirent les monnaies, ainsi on ne la trouve plus dans leur pays. Les débris des Gaulois fuyant le glaive exterminateur des Slavons , se retirèrent dans leur mère-patrie et y emportèrent le reste de leur monnaie qu'ils purent sauver de la catastrophe destructrice. Donc, j'ai levé tous les doutes qu'on pouvait former au sujet du monnayage gaulois dans le pays de Krakovie, et je suis plus que cei'tain que le facétieux amateur anonyme ne me reprochera pas une mauvaise lecture de quelques lettres dans les légendes monétaires précitées, ni de défigurer des. faits historiques, ou l'inexactitude des citations des écrivains. La lecture des légendes n'offre aucune difficulté , aucune incertitude, même delà magnifique pièce fruste de Kraccus. U avouerait, je pense, qu'il est plus facile d'attribuer avec succès, à Krakovie , quelques monnaies étrangères . que d'expliquer les
trois pauvres initiales KAA , etc. , et il ne se fâchera point si on lui rend avec usure, plaisanterie pour plaisanterie , et si Ton se permet quelque sarcasme , avant de faire des recherches sérieuses et d'établir des hypothèses raisonnables.
5. La revue Dumisroatique soulève Tétude négligée des médailles gauloises.
Effectivement , comment se passer d'hypothèses , pour chercher la lumière dans ces ténèbres ; comment entendre la voix des monuments muets ^ ou comprendre la parole d'une langue morte. Uouie de Heimdal , la sagacité d'Odin , déchiffireur de ruines , se romperaient peut-être sur cette mystérieuse taciturnité. On combine, on conjecture, on hasarde , on éclaircit même ; une lumière merveilleuse jaillit des points isolés , mais on se plaint de l'obscurité du total, de l'ensemble. Anciennement c'était une bonne fortune, quand on retrouva Santonos, Turonos, Durnaco,Remos, Ratumacos, Eburo avec Ambiorix , Sequanos, et les noms de quelques villes et chefs sans domicile , chacun se rangeait spécialement dans des catalogues et des collections d'amateurs, géographiquement , alphabétiquement. La fantaisie de certains érudits errait dans le néant des siècles , et s'arrêtait quelquefois avec ces médailles , je ne dis pas à Ninus, à l'arche de Noë, ou sur quelque incarnation de Vishnou ; mais remontait à Brennus , qui aida les Phocéens à s'établir à Marseille. La critique des savants judicieux , fatiguée de ces étoiles monétaires éparses, qui illustraient l'ancienne Gaule, sans liaison entre elles , renvoyait le reste des médailles , toute leur masse incompréhensible dans la classe des incertaines, on les négligeait sans savoir se prononcer sur leur valeur. La qualification fastidieuse d'incertaines offusquait la perspicacité des investigateurs les plus sagaces.
C'est dans cette triste situation de la numismatique gauloise que la revue numismatique ouvrit ses feuilles à des recherches, qui , par leur succès , tirèrent bientôt une partie des incertaines de l'abandon dans lequel elles croupissaient , et les placèrent sur un point plus éminent; Des découvertes deLitavicus et d'autres petits chefs, devenaient de peu d'importance en face de familles entières, que de savantes observations avaient débrouillées et fait ressortir avec éclat dans leur progéniture assez nombreuse. Vercingetorix avec le type auvergnat, Docî avec celui de Santons, plusieurs chefs de Leuks et le type de Solimaria ,
le type caleiin , Tasget , Pixtil , Ciftiambos , sont le fruit précieux des recherches de Barthélémy, de de La Saussaye, de de Saulcy; on se rappela de la famille armorikaine, on ne conteste plus l'existence très-distincte de la monnaie d'Albion qui préoccupe le numismatîstes de l'Angleterre ; Chaudruc de Crazane rappelle l'attention sur celle de Tectosags ; de Lagol ne se bornant pas à l'heureuse exploitation du monnayage de Marseille , fait un tour par toute la Gaule. La science (ait des progrès sur tous les points. On parle de l'imitation primitiTe prouvant l'ancienneté des médailles. Les découvertes et les landes guident les investigateurs , et on est d'accord que les inscriptions monétaires ne datent que du temps de l'invasion des Romains. Or, malgré tant d'avantages remportés pour la numismatique gauloise , comme on s'appuyait sur des imitations et sur des pièces inscrites , on la tenait par la tète et la queue : le reste , le corps , n'offrirait que vide ; mais l'activité infatigable de de La Saussaye, dont le nom se mêle dans toutes les difficultés des recherches actuelles, est venue remédier à ce défaut et remplir l'immense lacune , par le petit mot de la détérioration de l'art. Parole terrible, destructive, désolante; elle devait seule conduire dans la solitude mystérieuse de plusieurs siècles ; humiliation cruelle pour les Gaulois , si l'on admettait cette détérioration, sans réserve. Je sais que l'estimable explorateur , tenant sans relâche ses regards attentifs sur des monuments monétaires et se préparant à approfondir toute la monnaie de cet immense espace qu'illustra le nom glorieux des Gaulois , modifia son opinion et s'efforça à établir d'autres bases qui ne manqueront pas d'édaircir l'obscurité; cependant le mot de détérioration , échappé une fois, jeta, à mon avis , l'épouvante et mérite d'être combattu.
0. Obscurité de la question relative à Tart chez les Gaulois.
Malgré les avantages qu'on a obtenus, il est bon d'observer qu'en général tous les efforts se portent sur des monuments monétaires inscrits. On se félicite lorsqu'on trouve un nouveau nom de chef, surtout, un nom historique, connu des écrivains ; on se réjouit non moins , lorsqu'on réussit à rattacher un inconnu à une certaine localité , et arec tous ces avantages , on avance peu ; on voit que ces découvertes ne donnent que des renseignements incertains et conftis. Cependant, il est probable
que les monuments monétaires muets, sont plus instructife, plus parlants, plus édairclssants que tous ceux stigmatisés par des noms connus des chefs. Je ne doute pas que ces monuments ne soient à môme de trahir leur mystère, s'ils sont cherchés avec perspicacité. Certes, l'art n'y est pour rien, sa marche est à étudier. Si l'on admet sa détérioration , on se demandera : à quelle date son amélioration, ou sa restauration arriva-t-elle? et Ton réplique à l'époque de l'invasion romaine. Quelle est la date de cette invasion, parce qu'il y en a eu plusieurs. Celle de César, ou une autre antérieure a-t^lie opéré le rétablissement de l'art perdu? mais , Vart grec , car c*est celui qui éprouva cette triste dété^ rioratîon , a-t-il jamais été établi dans la Gaule ? cela n*est pas débrouillé. ITa-t-on pas , chez d'autres barbares , de mauvaises et monstrueuses copies, parfois de passables et quelquefois d'excellentes , sans que l'art se soit fixé chez eux {voyez notre planche 1 , n*" 1 ). Comme l'invasion romaine améliora l'art en introduisant ses manières , pourquoi distingue-t-on de la méthode romaine, la méthode grecque dans certaines pièces de ce temps, qui ne sont pas mauvaises? Solima, par exemple, en or, avec une victoire au-dessus d'un cheval ( pi. HI , 29 ) est-elle le produit de la détérioration de l'art ou le résultat de son amélioration. Enfin comment admettre la décadence de l'art à l'époque eu les Gaulois faisaient des progrès dans la civilisation, et , s'instmisant , devenaient plus portés aux mo^rs et aux idées étrangères. Voilà des difficultés qui offrent une confusion filcheuse. Encore,ne voiion pas une multitude de pièces, grossières, hideuses, fabriquées à la fin de l'amélioration romaine, de pièces, en cur, en cuivre et en différent autre métal, frappées ou coulées de la manière la plus monstrueuse. Pourquoi ne se demande-t-on quel art avaient les Gaulois, avant d'avoir appris les règles grecques et romaines? Fa-t-on pas trouvé des monuments, des statues gauloises? n'a-t-on pas exhumé autrefois en Suisse , à Zurich, des figurines gauloises, d'animaux, sanglier, loup, diien, bœuf, analogues aux figures de ces animaux sur la monnaie? A la vérité ces monuments sont d'un temps postérieur, fabriqués peut-être sous l'empire; mais ne convient -il pas mieux , dans les recherches numismatiques , analysant Fart et le type , au lieu d'admettre l'acception pure et simple d'un art étranger imité sans succès , de débrouiller plut6t Tart et l'imagination nationale , influencés par des manières étrangères
et s*opposaiit au succès de l'imitation ; de déterminer les relations mutuelles qui existaient dans la Gaule entre l'influençanl et Tinfluencé, enfin le développement et le progrès que firent les Gaulois. C'est ce que je me propose de rechercher dans mes investigations. £n repassant les trois âges de leur numismatique, rage d'or, d'argent et d'airain ; enfin le quatrième âge romanisé.