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Puissance des Gallo-Grecs ; son abaissement

Il se présente un autre phénomène monétaire infiniment plus important pour la numismatique , sortant de la colonie établie en Asie* Elle n'était d'abord composée que de 10,000 combattants : mais elle prospéra extraordinairement. Trois peuples s'établirent en 277 , et leur nombre de 10,000 s'augmenta si prodigieusement, que tous les rois , et même les rois de Syrie, ne firent pas de difficultés de leur payer le tribut (aoo). Yain-

(196) Corne d*abond. surBoci,... einos et sur Tanonyme Arg. Conbr. 453, 464 et 170.-— Victoire sur Tanon. Arg. Conbr. 114; sur Coriloa Aer.Conbr. 43î. Sur celles en or I de SoHma et anonyme (notre pi. III , 39) ; il est douteux n Ton Toit une victoire, c^est plutôt un génie.

(197) Conbr. 614. Plus tard encore, chei les firetons : Araticce , Tascia< (Camden, Ruding.)

(198) Arabe, Carmo, Ilipula, Ceret, Lastigi, Onuba, Callet, Ituci, Ilipa, Searo.

(>99) l*' ^* >*'*^ A^*»' •(if^kpn irSf vir« epaxmr , U fi{lm,fi9k%ç liriMfttin^U.

Pol. IV, 52, p. 514.

(aoo) Quanquam Gallorum ea tempestate, tantœ fecunditas juTentos fuit, ut Asiam omnem telut examine aliquoimplerent. Denique nequereges orientis sine mercenaria Gallorum exercitu ulla bella gesserunt , neque pulsi règne ad alios quam ad Gallos confugerant (Trog. ap. Justin. XXV, 3). Non plus ex Tiginti millibus hominum , quam decem armata erant... multitudine etiam magna sobole aucta, ut Syriœ quoque ad postrewum reges, stipendiam dare, non abnuerent. (Liv. XXXVIIT, 16.)

queur de Séleacus (en 245) près â'Ancyre, leur capitale, ils se sont multipliés à tel point, qu'ils comptaient 195 peuples et autant de tétrarchies (soi).

Les armées romaines, après la seconde guerre punique, les atteignirent. Manlius(en 189) conduisit ses légions contre eux. Il y trouva un ami parmi leurs roitelets, Bposognaty prêt à servir ses vues , et combattant les trois principaux peuples , les Tolistoboïens , les Tektosags et les Trokmes , commandés par leurs rois Ortiagony Kombolomarus et Gaulotus; il vainquit d'abord les Tolistoboïens et les Trokmes réunis sur le mont Olympe; il soumit ensuite les Tektosags, retirés sur le mont Magaba (soii).

Bien que des lois leur furent prescrites par le vainqueur^ long>temps encore , ils avaient leurs chefs, leurs tétrarques qui prenaient le titre royal et forgeaient leur monnaie (2o3).

L'augmentation extraodinnaire de la population des Galates ou Gallo-Grecs en Asie , dans le courant d'une seule généra^ tion , n'est certainement pas la suite de la descendance de 10^000 combattants , mais plutôt le produit de Taffluence de nouveaux essaims qui arrivaient de toutes parts, pour renforcer cette colonie la plus reculée. Si la renommée des richesses de l'Asie et du succès de l'établissement des Galates, pouvait provoquer une migration chez les peuples celtiques, il est certain que les Yolks, les Tektosags , les Trokmes , les Tolistobogs s'acheminèrent de l'occident à l'orient pour se confondre avec leurs frères, et partager leur fortune. Ces relations entre la mère-patrie et sa progéniture une fois ouverte, se soutinrent un certain temps et furent stimulées par le retour fréquent des enfants de la fortune, apportant à leurs pères, des nouvelles de l'Asie; et peut-être quelques relations religieuses ou politiques contribuèrent encore plus efficacement à des communications réciproques. £n effet , les monuments monétaires en parlent mieux que ne peuvent le dire les indices données par des écrivains. Ces communications antérieures à la servitude ne souffrent aucun doute. Depuis le joug imposé , si elles ne cessèrent totalement, au moins elles devaient s'affaiblir et perdre leur carac-

(2oi) Plin. V, 32.

(203) Polyb. excerptaleg. XXXIÏI, XXXIV; Liv. XXX VIII , 19-27, 37, 40. — La femme du chef suprême, Ortiagon, s^appelait Chioratna. (îo3) Tir «v7cr»/u/«r, Polyb, cxc. leg. Cil.

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tëre de fraternité et de nationalité commune. Les Galates devenaient dorénavant toojours plus étrangers à la Celtique , toujours plus assujettis à Aome. On y parlait rarement des tumultes qui pouvaient inquiéter le Capitole (ao4). Les Galates jouirent paisiblement de leur c^ulence , payèrent tribut et servirent. L'opulent jériamne absorba toute son ambition dans la dissipation de sa fortune. Il tenait chaque jour tables ouvertes où plusieurs centaines de personnes consommaient ce qui leur était offert; des gardes de chemin arrêtaient les voyageurs et les obligeaient à partager ces repas somptueux et copieux (aoS).

L*httmeur belliqueuse se perdait graduellement. Cependant c'est sous les enseignes romaines que périt(en 171) Casiignattts, chef des Gallo-Grecs (ao6) 9 et l'autre SolovetHus, se montra fidèle (307). Un de ces nombreux tétrarques, Sùiat, périt sous le glaive d'un puissant dynaste ou tétrarqne, Sùumx, amoureux de sa femme Komma, qui vengea la mort de son mari en s'empoisonnant et en empoisonnant son amant près de l'autel d'Artémise, le jour des noces simulées (908}. Longtemps les trois peuples partagés en quatre principales tétrarchies, choisissaient leur conseil composé de SOO personnes. Rome changea cette organisation, réunissant la souveraineté aux trois chefe. lUthridate, roi de Pont, y trouva des alliés; méfiant lui-même, il se saisit d'un grand nombre de chefs. Toredorix, tétrarque de Tosiopes , en fut révolté et complota sa mort. Mîthridate eut le bonheur d'échapper au danger et fit égoif[er(en 9S} les conspirateurs. Après la mort de Toredorix , il imposa aux Galates un de ses satrapes , £umache, qui les tyrannisa durant douze ans. Les triomphes de LucuUus permirent i Deiotar et à deux autres tétrarques de secouer le joug (309) , qui effectivement ne fut que changé. Les officiers de la république imposaient arbitrairement des chefs sans égard aux vœux des peuples. C'est ainsi que Clodius (en 64) éleva à la royauté, Brogitar, pontife

(2o4) Lit. XLV, 19, 30.

(ao5) Athen. IV, 10, 15, 15, 21.

(ao6) Lit. XLII, 57.

(807) Lit. XLV, 35.

(ao8) Plutarchi amatorius H, p. 768 ; Polyien. strat. VIH, 59.

(aog) LÎT. épit. XCIV; riut, de virlut. mulier. p. 259; Appian. de b«lio Milhr. p.200; Oros. Vf, 2.

de la déesse de Pessinunt, malgré Topposltion du roi tétrarche Beiotar dévoué à la république (sic).

Après Brogitar , il y eut encore trois tétrarches, Deiotar déjà mentionné , Bogodiatar, résidant chez les Trokmes , et Saokondarius, chez les Tektosags ; son fils Castor lui succéda et donna (en 48) son contingenta Pompée dans la guerre civile, conjointement avec Deiotar et quelques autres chefs , comme Tarkundarius et Donilaris (^n). Bientôt ce Castor fut égorgé avec sa femme par son beau-pére Beiotar qui possédait la faveur des l^omains; malgré la défaite du parti qu'il secourut, il gagna sa cause et obtint toute la Galatie , ainsi il fut lui seul roi des Galates (21 2). Il termina (en 47 ) tranquillement son règne (a i3), et le pouvoir passa dans les mains ^Amynta^ , dont la domination sur toute la Galatie fut encore étendue; il fut le dernier des rois des Gallo-Grecs, la Galatie ayant été changée en province après sa mort (214).

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