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Fureté de la doctrine celtique ; sa hiérarchie

Dans la Celtique on ne voyait ni temples , ni édifices. Des marais, des étangs, des forêts et quelque peu de sanctuaire.<^ obscurs, servaient de dépôts aux dons pieux et aux o£frandes votives. Les cérémonies religieuses, les sacrifices, les augures, se faisaient en plein air, dans des forêts, peut-être près des autels de dolmen grossièrement construits, ou entre les nombreux pilastres, informes et gigantesques , entre ces peulvan ou menhir , qui , alignés ou rangés en cercle , forment des cromlech dans des lieux sauvages , qui des Alpes jusqu'au Finistère résistant à la destruction des siècles , attestent l'unité et l'extension couforme du culte druidique.

Là , les druides prononçaient les arrêts de la justice divine ^ faisaient exécuter les coupables, quelquefois en simulacre , ceux

(aoa) Tàj xfuO'eti ViifAOLioLi l&i ùxiinl'.vi My^fAifcti x«'7îx"''^*S •* '^•*' 'A.5^»i«c

i«po5. Polyb. II, p. 119.

m TÏPE GAULOIS.

qui étaient condamnés au feu (a63). Là, ils parlaient aux assemblées , ils chantaient la gloire nationale , ils présageaient Tavenir, discutaient les hautes questions, célébraient les fêtes , conjuraient la divinité puissante , élevaient des prières au ciel et adoraient l'Être suprême.

Point de ces idoles qui peuplaient et enoond[>raient les temples obscurs, les places ouvertes, les rues étroites, et les ha- Utations des Grecs et des Romains; point d'iconolâtrie. Le Gaulois ne respectait pas les divinités étrangères , il renversait les idoles; fier de son culte et de sa foi, lui seul il combattait les peuples et les dieux (964)«

Les Gaulois, dans leur langage , leur conversation , leur discussion , se retranchaient dans des expres^ons brèves et coupées, presque obscures , à cause de fréquentes métaphores et hyperboles : mais leur imagination active créait des figures vives et poétiques qui animaient leursparoles et leur donnaient du feu (i65). Certes , la poésie et la science des druides avaient le même caractère : épithètes , emblèmes , figures rentraient en harmonie avec le ton de leur voix et de leur crotte, fournissaient aux Grecs et aux Romains des matériaux, propres à y retrouver leurs divinités.

La doctrine druidique avait une unité et une centralisation. La hiérarchie druidique sous un seul chef élu , était divisée en trois classes , dont une, composée des druides proprement dits, devait son nom aux forêts de chênes , où ils menaient une vie solitaire, possédant la haute science intellectuelle, la théologie, la morale , les règles de la législation , et rendaient la haute justice (366).

L'antre classe, formée de vates, ou ovates , livrée à la société, cultivait les sciences naturelles, la physiologie, remplissait les fonctions des augures , des sacrificateurs (367).

(a63) Castar , VI, 16; StrabolV, p. 198.

(a6^) Nationes Galloriim, « ceterarum gentium roore ac natura disseatiunt, bella suscipiunt contra omnium reiigiones .. cum ipsis dits inmortaltbuB bella gesserunt. Cicero pro Fonteto.

(965) Diod. Sic. IV, p. 307, 308.

(966) Cseaar VI, 17; Timagen, ap. Amm. Marcelt. XV, 9; Diod Sic. V, p. 308 ; Strabo IV, p. 197 ; Mêla III, % — Les Grecs traduisirent le nom de druides , par vtu^uûiokt.

(367) Timag. ap. Am. Marc; Diod. Sic; Strabo H. ce. ; Cicero, de dirinat. i. Les ovates sont aussi nommés euhaUs ou euvaies, tufitLltç,

TROISIÈlVfË PÉRIODE , AGE D'AIRAIN. \U

La troisième, qui comprenait les bardes, fut Torgane des premières : répandue dans le monde , par la poésie , elle célébrait les doctrines et glorifiait les vertus nationales; escortait les guerriers et les puissants ; ses chants , sa Toix intervenaient dans maintes occasions delà vie politique (268).

Des liens intimes unissaient ces trois classes et rendaient au corps des druides cette autorité que rôpinion nationale leur accordait dans la direction des affôires publiques. Leurs augures appuyés par des conjectures habiles , n'avaient rien de commun avec les augures étrusques qui disposaient des consciences romaines (169), et il est bon de se rappeler toujours , qu'à Texception de ceux des historiens qui substituaient les noms de divinités gréco-romaines aux appellations gauloises, aucun des écrivains de Fantiquité , à l'époque de Tindépendance de la Geltique , dont les ouvrages touchaient le culte et la doctrine druidique , aucun n'y a fait la moindre allusion , à quelque conformité qu'elle pouvait avoir avec les étrangères, en la séparant toujours de toute autre.

Enfin , elle avait quelque chose d'extraordinaire et de spécial, car aucune autre, à l'occident, ne présente de hiérarchie des prêtres aussi organisée sous un chef suprême , que celle de la Celtique. Cette hiérarchie se sout^iait dans sa force, et sa doctrine dans sa pureté , quand les autels des Gallo-Grecs et des Cisalpins furent détruits (en 190 et 189); elle se trouvait de même , plus tard encore , au moment où les autels dans la Narbonnaise, furent renversés (150-lSO); elle perdura jusqu'à la dernière invasion des Romains (en 60) , bien qu'elle avait déjà à résister aux innovations, et à lutter contre un déluge d'opinions étrangères , surtout celles étrusco-italiques. Quand elle se vit attaquée par ces adversités , n'oublions pas de remarquer qu'après la perte des colonies, et de la Narbonnaise qui va arriver, elle se trouvera restreinte entre les Cévennes et l'Océan. C'est dans ces limites plus étroites qu'elle est surprise dans ses forts retranchements , par quelques événements et par la marche du type de la monnaie comme nous allons le voir.

(aSiJ) Timag. EHod. Sic. Strabo II. ce; Posidon. ap. Athen. IV, ISi Lucan. 1,447-449.

(969) Cicero , de diviiiat. ; de harusp. resp.

Ii4 TYPE GAULOIS.

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