‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 37 sur 113 · Des réfugiés rentrent dans la Celtique · texte numérisé non relu

Des réfugiés rentrent dans la Celtique

La race celtique soutenait encore sa renommée loin des frontières de la Gaule. Un roi de Macédoine , Philippe , roulant dans sa tête l'humiliation de la superbe Rome, allait reconnaître les montagnes qui le séparaient des barbares, dans le but de nouer alliance avec eux contre die. Il y trouva la doadnation des Bastames au faite de sa gloire. Peut-être les générations les avaient abâtardies , au point qu'il était à méconnaître de quelle souche ils descendaient; la réminiscence de leur origine gauloise se conservait cependant. Leur ambassadeur, Cotfo», stipulait les conditions de leur établissement sur les frontièree de la Hacédoine, et de l'invasion de Fltalie , par les possessions des Skordisks , qui parlaient la même langue que les Bastames. Le traité fut effectivement conclu (en 179) et SOOOO Bastames traversèrent le Danube sous leur chef Ctondik, le reste se retirant à cause de dissensions qui survinrent entre eux. La mort de Philippe, dissipa tous les préparatifs, et les Bastames ne pouvant plus agir avec succès contre l'ennemi commun, aimèrent

poque romaine ; mais les disques commencèrent de rouler au moins une génération avant riiivasion.

TROISIÈME PÉR10]>£, AGE D'AIUÂlN. 141

mieux s^entendreavee Rome (aSa). Ce n'es^ que i^us tard (en 168), que GloniUk courut de nouveau secourir la Macédoine (a83).

La république conquérante , écrasant les rois <jKscQrdants , traversa les montagnes, où.d^nis peu le royaume de Kavarus était renversé. Déjà possédant la Gaule cisalpine ( depuis 190) , elle combattit ( en 1 78 ) les Gaulois, sous leur chef Caimel , sur les confins des Istriens (984) ; força les Transalpins qui s'étaient paisiblement établis dans le voisinage d'Aquiiée, à évacuer celte terre dépeuplée (entre 185 et 1 79) (986) ; accepta les amitiés de roitelets gaulois limitivphes, de Cinolbilis{en 170), de Balun (en 169) (386) ; subjugua les Garniens (en 170) (387); et dictant d'une part la loi aux Gallo-Grecs en Asie , die se trouva d*une autre part sur les fk*ontiéres des Bastarnes et humilia les Skordisks (^88). Surveillant la proie qu'elle avait saisie, elle réprimait les dernières révoltes et la turbulence énervée des Gaulois en Italie (en 175, 166), desSkordisks sur le Danube (en 185), et tenait en sujétion les Gallo-Grecs, en Asie.

Ces conquêtes ouvraient et rassuraient des relations entre les parties éloignées du monde subjugué , en nouant des communications entre les débris des peuples détruits , mais elles rompaient les intimités des subjugués avec leurs frères encore indépendants. Aussi je ne vois rien dan^ le mouvement moné* taire de la Gdtique , qui prouvât quelque impression de ces nouvelles relations sujétives : mais je vois l'effet produit par les désastres de la race gauloise.

Les guerres d'extermination amènent nécessairement la disrpersion d'une partie des peuples que le glaive ne peut égorger. Cette partie, cherchant un refuge, un asile, se sauve sous la protection des peuples amis,des peu{des[rapprochés par un sangcommun,parlesmœors,parridiome.GommelesBoîensabandonnaient les plaines adjacentes à TApennin , se retirant (en 190) dans les chaînes hercyniennes , ainsi les Gaulois de la Thrace , ceux de

(aSa) Polyb. exeerp. leg. LXII \ Diod. Sic. excerpU Vales. XXVI, p. 33 ; Liv.XL, 5, 57, 58, XU, 19; Plut., yiU Pauli Aem. 9, 12. (a83) Lit. XLIV, 26, 27.

(a84) Lit. XLI, 1,2,3.

(585) Lit. XXX1X,23, 54, 55 ; XL, 53.

(q86) Lit. XLIII, 5 ; XLIV, 14.

(287) Lit. XLIII, 1,5.

(288) Liv. XLV, 19,20.

Ua TYPE GAULOIS.

la Cisalpine et les Skordisks , et les mécontents de TAsie, se tournaient dans toutes les directions , s'acheminaient en masse vers la Celtique libre et y rentraient , apportant avec eux. un reste de sentiment de liberté, d'attachement pour leur nationalité , des idées étrangères à leur race , des manières , tantôt plus po* lies, tantôt plus barbares, différentes des celles que la Celtique observait encore ; ils apportaient le souvenir de leur infortune, leur expérience, les restes de leurs richesses qu'ils purent sauver et emporter. Pour des voyageurs ordinaires , les chemins qu'ils traversaient eussent été impraticables , mais il n'est point d'obstacle que ne puissent surmonter des infortunés pour assurer leur existence. La Celtique, ouvrant ses entrailles à ses rejetons malheureux, pervertis par leur long éloignement de son climat, recevait dans son sein. une nouvelle force, une nouvelle vitalité , mais aussi le venin de sa défiguration et de sa destruction prochaine.

Le retour de ses enfants voyageurs , aventureux, vagabonds, guerroyants , mercenaires , n'était pas nouveau pour elle. Nous l'avons vu s'effectuer itérativement et se multiplier depuis deux siècles ; se porter , tantôt vers le centre , tantôt vers le midi. Nous devons à présent observer les directions de celui qui poussait des essaims nombreux pendant une génération litière ( de* puis 190 jusqu'en 160) et qui n'était qu'une répétition plus compacte de celui qui avait eu lieu quelques années au paravaut (entre 22â et 218 ). Ce retour précédent , en e^X , n'était que l'avant-coureur et le commencement de la grande rentrée, ainsi que la rentrée générale composée de tant de milliers commençant trente ans antérieurement n'avait été interrompue, arrêtée et suspendue que par la guerre punique. Si les retours anciens avaient influé sur l'esprit et sur l'état social de la Celtique, quel effet ne devait pas avoir ce dernier , plus nombreux , plus grave par la dégénération, trouvant enfin le sol plus fécond à recevoir sa semence dangereuse, préparée par tant d'événements précédents , par le progrès et la disposition de l'esprit local.

66. Puissance et opulence des Arverues ; les réfugiés renforcent les Ëduens.

La rentrée des milliers de descendants des anciens émigrés, arriva à l'époque où la marche humanitaire ne prédisposa que trop la race celtique à de nouvelles impressions. Le commerce intérieur avança la culture du pays; denrées, mercerie , qiiin-

caillerie et toute sorte de marchandises, animaient le petit trafic et la circulation de petites espèces. La civilisation matérielle , progressant toujours, jeta dans Tétat social des divisions plus tranchantes ; l'élément aristocratique y trouvant plus de fondement soulevait ses prétentions , ses ambitions.

Dans la politique , on parlait de la firépondérance , de la domination d'un peuple sur Tautre; Fantique suprématie des Biturigs n'était qu'une tradition. C'étaient les Arvernes qui jouissaient de la plus haute gloire, à côté des Carnutes. Leur puissance s'étendait , tantôt jusqu'à l'Océan et le Rhin , tantôt jusqu'aux frontières de Massalia et de l'Ibérie (^289). On ne saurait déterminer jusqu'à quel point leur prédomination était d'accord avec la hiérarchie druidique. Elle avait cependant une certaine durée et son extension n'était pas toujours égale. Bien que depuis longtemps aucun peuple ne se mit à la contrebalancer, elle éprouvait de la résistance; et quand elle pesait sur les parties méridionales , elle n'embrassait pas le nord ; quand elle se portait vers le nord, elle renonçait à ses prétentions au midi. Peut-être des recherches ultérieures du type de la monnaie , feront-elles découvrir quelque lumière qui sera à même d'éclairer leur domination obscure pour les historiens, infiniment importante pour l'histoire de la Celtique.

A cette époque les richesses, l'opulence et la puissance de certains aristocrates , chez des peuples plus prospérants , montaient au plus haut degré. Ils tenaient sous leur dépendance une immense quantité des clients, ils marchaient suivis d'un nombreux entourage et étendant leur crédit et leur autorité sur des masses, traversaient l'activité du pouvoir constitué. Le plus opulent et le pluspuissant des Arvernes, à cette époque, était Louerios (ago). Un jour, il fit déposer dans une haie longue de douze stades, une si grande quantité de comestibles que tout le monde qui s'y pressait, ne put les consommer que dans l'espace de quelques jours . Il dour nait des fêtes et des banquets. Une fois, pour consoler un poète qui arrivait trop tard pour participer à un repas , il lui jeta une bourse pleine d'or. Le chant du poëte glorifia sa libéralité. La foule se pressait par milliers autour de lui ; elle lui portait ses hommages, ses soumissions; quand il se promenait dans son char, il faisait jeter à droite et à gauche, de l'or et de l'argent ,

(3S9) Sirabo IV, p. I9i, 192; Livitis XXVII, 39.

(290) Atvfpiof dans Sltobo; Aovtpne^ dans Athenéc.

de la monnaie courante que le peuple ramassait avec avidilé. Bituitua, Bitituê^ Bituis ou Behdtus, son fils^ hérita de sa fortune et de son ascendance , imitant sa largesse. Il fut considéré par les étrangers comme monarque et appelé roi (agi)- Enfin il y avait déjà par ci par là, des usurpateurs qui prenaient ce titre, il y avait des prétentions héréditaires, dynastiques.

La suprématie d*un peuple provoquait des mécontents qui animaient l'esprit d'indépendance , excitaient les autres à s'emparer de la même prépondérance; aussi après un certain laps de temps de la suprématie arveme , les Éduens commencent à la contrebalancer , asfnrant à supplanter les Àrvernes.

Les retours précédents des différentes bandes, se dirigeaient ordinairement vers leurs propres foyers ; comme anciennement les Tectosags de raemus et du Skodrus, rentraient dans les habitations des Tectosags du versant des Pyrénées, aussi ceux des Biturigs et des Gamutes, qui revenaient plus anciennement de leur pèlerinage , allaient se réunir à leurs par^ats aux environs de Liger. Plus tard, les débris des Boîens, rejoignant le sol delà Cdtique, trouvent un asile et la possession de quelques cantons, chez les Eduens , certainement en commémoration de leurs anciennes liaisons, interrompues par leur longue absence qui durait depuis plus de trois siècles. Il est à présumer que la réminiscenoe de l'origine des colonies gauloises s'est conservée jusqu'au dernier moment , que par conséquent les nouveau-venus s'acheminaient plus volontiers , chacun vers sa tige enracinée dans sa terre natale. Certes, ce n'était pas une règle sérieuse pour eux : mais le souvenir de l'origine , la pensée de quelques obligations réciproques , les rappelait dans les cantons d'où étaient partis leurs ancêtres. Ceux donc des Skodrus, de l'Asie se dirigeaient, comme leurs prédécesseurs , à gauche, au sud des Cévennes ,

(991) Potidonius libro XXIII , apud Athen. XV, 13; Strabo IV, p. 191, Lit. epit. 61 ; Vuler. Max. IX. 6, 3; Florus III, 2 ; Eutrop. IV, 22; Qros V,4. — Le nom de Bituit, dans la plus grande partie des codes de différents écrivains , se trouve nommé BiTJos dans Strabon, Bîlviç dans Athénée, Vituitus, on f^eiuiius ; dBn9 Jérôme, in chron. Euseb. , p. 148 ; Be#«//iu, dans oertams manuscrits da Valère Maxime. Une inscription (Frag. marmoreum trinnphorum erutum Romaa, 1663), conitate cette dernière appellation :on jlil REGE. ARVERNORVM. BETVLTO. X. K. Mail rinacription romaine pouvait commettre une erreur dans nn nom étranger aussi bien qu*un écrivain romain ou grec. Aucune monnaie indigène ne vient encore ici trancher cette discordance.

quelques autres de Flllyrie, se trainaient sur des sentiers directs jusqu'au centre de la Celtique , et les parties des Insubres , des Ségusiens , Hédiolaniens , Arebrigiens , quittant les deux rives de Padus et traversant les Alpes , retrouvaient leurs appella- UoDs dans des cantons qui composaient les vastes possessions des Éduens; et la fortune de ces derniers en tira bientôt tous les avantages possibles. Les réfugiés des Lingons , des Sénons , des Cénomaniens , coururent plus loin ; et les autres portant d'autres noms cherchaient ceux qui leur étaient relativement aparentés. Toute la Celtique se vit envahie par leur filiale aggres* sîon. Les Éduens spécialement qui parleur position au delà des Alpes, avaient été le plus rapproché des catastrophes, virent leur puissance s'augmenter par ce nouveau surcroit de populations belliqueuses. Tous ceux de la haute Italie, familiarisés avec les mœurs et les connaissances étrusques se répandaient dans le centre de la Gaule, peuplant les possessions des Éduens.

G7. Sources étrusques , grecques , itaUques d*oà le nouveau type puise

ses combinaisons.

Or, nous pouvons indiquer avec quelque certitude l'origine de beaucoup de spécialités du monnayage celtique; nous pouvons recouvrer dans des sources très-variées l'apparition des autres. Les Tectosags de l'Asie apportaient leur propre coin. Et celui de Macédoine, l'or philippe (vers l'an 180) (aga) pouvait encore alimenter le coin ancien, comme il l'engendra cent cinquante ans antérieurement.

Le commerce massalien avec l'Italie, pouvait apporter les espèces Italiques et étrusques par mer; les manières étrusques purent aussi s'infiltrer lentement par les Alpes, et se manifester chez les Celtes entre les Alpes et le Rhodan : mais la grande impression de l'élément étrusque ne devait avoir lieu qu'à l'époque du débordement de la souche éduenne des Cisalpins , et se déclarer dans les hautes régions de la Celtique, chez les Éduens, avant de pénétrer dans le centre. Les Cisalpins , respirant, plusieurs générations, dans la haute Italie, l'air étrusque , n'étaient plus ennemis des peuples italiques , ils sympathisaient avecles Étrusques et les Umbriens, faisant cause commune avec

(39a) In triumpho tulit Manlius (anno 186), philippeorum aureonim nummorum texdecim miUia trecentos viginlt. Liv. AXXIX, 7.

U6 TVPE GAULOIS.

eux et les Samnites , contre les aggressions romaines (agB). Ils contractaient leurs habitudes ; ils se femiliarisaient avec leurs idées et leurs doctrines; ils recevaient d'eux le salaire, de grandes sommes , et emportaient leurs espèces (2g4)*

On peut donc assigner d'où et quand venait dans la Cdtique la monnaie coulée , la monnaie unifece ; nous pouvons former des conjectures sur l'époque de ses différentes phases qui démontrent d'intimes relations avec les espèces étrangères ; nous nous trouvons sur des vestiges oà nous pouvons retrouver ce concours des modèles étrangers qui forma la nouvelle monnaie gauloise. Je dis que c*est le concours qui compose son ensemble et ses détails, car on ne voit plus de copies , d'imitations serviles: partout c'est la combinaison et la réunion de particularités hétérogènes. Si l'on a introduit la monnaie coulée i l'exemple des Étrusques , on n'a pas imité la forme du bronze italique y mais on a appliqué la fonte au système de la monnaie déjà établie , sur le système grec (pK I, 7, 18; IV, 56, 58). Suivant les trouvailles qu'on a faites de la monnaie coulée, elle prit son assiette depuis les Helvètes jusqu'aux Santons , en tournant le nord de la Loire, et depuis les Helvètes jusqu'aux leriniens et vers l'embouchure du Rhiii : on en retrouve très^peu d'exemples au sud ; cependant le bronse de Massalia est en partie coulé.

Si l'on voit dans le coin gaulois la tète donble(pl. lU, 19; Y, i^, 16 ; VI, 6, 7 ), comme sur Tas de Yolterra ; un masque (»95), un croissant (agiS) , comme surMes pièces dePopulonia; un p^^ase (pL ni, 88; lY , 54; VU, 64), comme sur le semis, le quincanx; un vase (pi. m, 24), comme sur l'once ; un foudre (pi. lY , 59, 60, 61) , comme sur le triens ; un serpent (997) , un taureau en repos ou bondissant (pi. lY, 34) (agS) , un sanglier (pL lY, 39) comme sur des as, semis, quadrans ; une tète de bœuf (pi. lY, 81), comme sur des semis ; un profil d'oiseau (pi. YII , 3 , 57 , 58 ),

(293) Dans les années 298, 295 ; Liv. X, 10, 2.5-29; etc., Fabius, de Galli», Etruscisque, ac Samnitibus, triumphavit.

(994) lia dimissi Galli , pecaniam ingentem sine labore ac periculo (ab Clrnscis) partain, retulerunt. Lit. X, 10. (495) Conbr. 176, 177, 2«2, 524.

(296) Conbr. 79, 200.

(297) Conbr. 221, 267, 311.

(ayS) Conbr. 329, 336.

qui n'est |)as étranger au bronze pesant (agg) et se trouve sur la petite monnaie de Tuder ; si Ton voit , dis-je , ces objets se placer pour la plupart sur des espèces coulées et se répandre spécialement depuis les Éduens et les Séquanais jusqu'aux embouchures de la Seine et de la Moselle , on les rencontre accouplés avec le coin éminemment grec, avec des têtes, par exemple (pi. IV, 24, 20, 90, 82, 66, 58; YI.., IX..), qui ne sont qu'une copie de celles de la monnaie grecque ; ou bien, on trouve ces objets différemment combinés entre eux , et avec les accessoires gaulais.

Si l'on voit dans le type italique du bronze pesant, une faucile, une main, triple croissant, pentagone, ces objets ne reparaissent dans la formation du type gaulois , que comme objets secondaires attachés aux coins locaux. Si l'on rencontre une roue à quatre raies , ou aux raies plus nombreuses , marquer d'un côté sur des semis , triens , quadrans , sextans , once du bronze italique , on la voit en Gaule former une monnaie toute spéciale, trouée (pi. YI, K2). Ce n'était pas copier ou imiter servile* ment, mais formuler des inventions nouvelles, en se servant des exemples d'autrui.

La péninsule italique pouvait aussi fournir de ses autres points quelques idées pour la nouvelle monnaie gauloise : aussi nous voyons sur tes chemins fréquentés par les excursions gauloises , dans des cantons occupés longtemps par Annibal et les contingents gaulois, des coins analogues. Le sanglier figure sur les pièces d'Arpi, de Salapia; une coquille (3oo), sur celles de Lucéria, de Butunte, de Cumé. Un lièvre qui sert aussi à l'empreinte chez les Celtes (3ot) , se retrouve au bout de l'Italie à Crotone, à Rhegium et à Messana en Sicile ; où le chien de Ségesté , avec le cbîen debout des as graves reconnues pour étrusques (3oa), seraient plus à même de se conformer au chien gaulois 9 que te chien de semis , de quadrans , parce que celui-

U99) Yoyes Mionnet.de la rarelé et du pri& des méd. romaines. Pluaieurs figures de bronze grave, se trouvent dans Montfaucon, antiquités expliquées, t. III du suppl., pi. XLIV, XLV, XLVni, LXXXI, XC, XCI ; dans la nouvelle publication, et Pietro Tessieri et de Girolamo ApoUoni, Taes grave del nuseo kircheriano, Roma, 1839. Aussi Ghesquier eu a donné Texemple dans, son ouvrage sur la monnaie des Pays-Bas.

(3oo) Coquille de la monnaie gauloise, Petau, p. 1041 ; Conbr.

(3oi) Conbr. 537.

(3o3) Mion. 61 j Tessieri VIII, 5.

ci est coaché et que les autres sont debout, si d'autres motife plus spéciaux , ne rapportaient pas le dit chien gaulois , à une autre espèce de chien-loup qui se cMennait obscurément dans la Gaule même , qui n'était point du genre du lévrier comme celui des Étrusques.

Si nous allons dépister les traces du sanglier des frontières de la Celtique , nous avançons vers l'est, tout le long de la péninsule , par Populonia , Gamers ; à droite par Capoue , Pestum et Abacenum en Sicile, nous arrivons jusqu'à Agrigente ; à gauche, par Arpi, Salapia, Métapont, nous entrons en Épire,Étolie et Béotie , et jusqu'aux Delphes , où la monnaie de Phocîde n'avait dans l'empreinte que sa hure et la partie antérieure de son corps. Enfin nous le recouvrons en Asie , à Méthymne , à Éphèse , à Micopolis, chez les Pamphyliens et ch^ les Gallo- Grecs (3o3). Ces monnaies au coin du sanglier, pour la plupart ne sont pas trop anciennes, et c'est une chose vraiment remarquable, que leur suite coïncide singulièrement avec les excursions et le vagabondage mercenaire des (kiulois.

Aussi comment péut-on assurer que la tète bovine vient du cuivre étrusque, si on la voit sur les monnaies de Phocide (3o4); comme on voit le bouc gaulois (pi. I, 18) figuré à l'instar de celui de Macédoine (3o5). £n effet, le bouc d'Aegae , d'Aegospotamos, le cheval marin de Lysimachie ne pouvaient-ils concourir avec les autres animaux à enrichir le type gaulois , et à fermer ce mélange, qui s'appuyant sur les pays montagneux des Helvètes et sur le cours du Rhin, s'étend sur le nord et le centre de la Gaule , et se courbant au sud en pointe, couvre les Santons ; mélange confus des éléments grecs et italiques ou étrusques. Des combinaisons multipliées, de propres inventions, augmentent la confusion.

Lasagadté des scrutateurs, débrouillant ce chaos, séparera certainement quelque peu de ces éléments qui produisirent leur effet sur la partie méridionale, de la masse des autres , qui agit de toute sa force sur le centre et le nord. En attendant, nous

(303) Le sanglier se treu?e aussi sur fe bronse d*Athènes. Le bronxe il*^Athène8, dans let derniers temps, variant à l*infini son coin , offre gran'* nombre d'objets qui marquent la monnaie gauloise : sanglier, roue , cert^ cheval.

(304) Mîonn., pi. LXXII, 4, suppl. XV, 6, 7, 8.

(305) Mionn.^ '"PP^m ?!• IX, 5.

IM)uvons ayancer que quelques éléments italiques , germaient depuis l'introduction des unifaces (vers 230), qu'ils forment dans le centre et le nord , le nouveau coin après la rentrée des Cisalpins ( vers 1 60, 1 50 ).

68. Monnaie des Arvernes ; race des chevaux de deux côtés des Cévennes.

£n continuant nos explorations , nous devons plus que jamais songer à l'inconstance du monnayage gaulois. La Gaule comptait trois cents peuples. Ce serait une erreur impardonnable de s'imaginer que tous ces peuples avaient simultanément leurs hôtels de monnaie, dès l'origine du monnayage. Le plus grand nombre n'a jamais essayé de fabriquer son propre numéraire ; ceux qui l'entreprenaient n'en ont pas fabriqué toujours sans interruption ; la plupart en ont commencé très-tard , les autres fermaient leurs fabriques , pour ne les plus rouvrir. La fabrication dépendait bien des fois des chefs, de puissants potentats et cessait d'exister avec leur mort. Cette inconstance et sa durée précaire, dérangeaient nécessairement les règles, les convenances du type. Le nombre longtemps exigu de monnayeries , avec le progrès social , certes s'était accru , mais on peut dire que c'est dans la période d'airain , et surtout dans les derniers temps , lorsque Rome , ayant pris possession du midi , menaçait du joug la Celtique entière ( entre 120 et 60 ) , que les monnayeries arrivaient au plus haut chiffre, diminuant la grandeur de l'argent , restreignant la quantité de l'or , multipliant à l'infini le cuivre.

Lorsque les prodigues Louérios et Bîtuit dispersaient à pleine main lears richesses , on ne peut pas supposer qu'ils l'aient fait en jetant du cuivre , c'est la monnaie d'or et d'argent qui s'échappait de leur trésor (3o6). Il est très-probable que l'origine de cette monnaie était assez récente , qu'elle ne datait que depuis la suprématie des Arvernes qui l'établirent chez eux , stimulés par leur bonne fortune. Étant en possession d'une partie des monts Cévennes , ils en possédaient peut-être les mines productives en or.

Aussi on trouve jusqu'aujourd'hui en Auvergne par milliers

(3o6) Aovipies io0'ev'7or irX«v7er Kiyilçtt xaêlpu^ir ittrtyxùf Sait irolc tirtStt^ir irofiô/Aireç Tùt ^iXoi^Tîi; fvfr«pia$, Itt* «x«r«c fipfO'-d-fi lik x-cXiou, ;^pv0'eu pi/jtio'fA» , XAiâp^opop Xfvpo xqtKÛO't (Triifter^ «•V7f ^vXxiyttt fxfirev; ccxtKtv^r»/} ai . StrabolV,

de statères en or. Leur coin offre , d*uD côté une iéte nue ou laurée , de Tautre un coursier entre les deux symboles ou marques secondaires , qui varient : tantôt on y voit un vase à deux anses et l'esse , tantôt une espèce de lyre , ou des symboles qu'on n'a pas encore déterminés (307). Je ne sais si l'on y en distingue de plus anciennes et de postérieures , mais je ne doute point qu'il n'y ait des statères que Louérios et Bituit tenaient dans leurs mains. Je ne sais pas jusqu'à quel point ce coin, résultant du coin antique, allait se moderniser; je n'ai rien vu de sa famille, mais je ne doute pas de l'existence , même à diverses époques, de plusieurs monnayeries arvernoises à la fois,

A en juger d'après la figure unique que jeconnais (pi. VII, 39], et de la date extrêmement récente ( de l'an ô2 ), le coin des statères d'or des Arvernes ( n'offrant de variétés, comme on Tassure, que dans des accessoires), tire son origine du coin des drachmes et présente un cheval d'une race différente de celles que nousavonsobservées, de la race dont le corps est raccourci, et malgré sa pose cabrée, offrant une grande analogie avec des chevaux des Cavares, des Yocontiens, et des Yolks ( pi. II , 4 ; VU, 16 , ao, M ), qui dans Jours bronchades, inclinent et couchent par terre, leur poitrail et le devant de leur torse. Cette espèce de chevaux a quelque conformité avec certains chevaux italiques et ne se trouve chez les Yocontiens, Cavares et Volis, que sur la monnaie inscrite en latin. Or , cette race rabougrie a ses chevalines, du temps de la domination romaine aux environs de Rhodan et d'Atax ( vers 120 ) ; elle porte des cavaliers sur plusieurs didrachmes et tétradrachmes, sur des médaillons en argent, aussi inscrits en latin ( pi. III, il, 12 ; YI, SS Y

Mais tout en respeotant l'assurance des amateurs d'Auvergne qui disent que les statères n'offrent pas de différence dans le cheval , en rapprochant sa ressemblance aux chevaux d'au delà des Gévennes, je ne puis pas admettre que cette race rabougrie soit de l'origine arverne et que la monnaie arverne n'ait pas produit une autre qui pourrait être plus convenablement qualifiée de race arverne. Je pense que les chevaux conformes à celui de la pièce d'or de l'année 53 ( pi. YII, 89 ), sont le produit de la race d'au delà des Gévennes, introduite tardivement dans le coin arverne, et que les chevaux de l'époque de Louérios,

(3o7) Revue numisin., t. II, p. 451. Voyez notre pi. VII, 39.

TROISIÈxME PÉRIODE, AGE D'AIRAIN. 151

avaient une autre taille et étaient d'une autre race qui figurait aussi bien sur For que sur l'argent. En attendant je puis indiquer sa taille dans une pièce d'or trouvée à Lyon. Elle figure sur notre planche VI , n" 1 .

Les amateurs et possesseurs de grandes collections en Auvergne , ne nous disent rien touchant la monnaie d'argent des Arvernes : cependant ce serait une inconséquence que de leur refuser celle en argent, quand ils avaient celle en or. Sans égard à l'abondance de l'argent dans les mines des Gévennes (3o8) , quand on voit Louérios ( vers 180) disperser les espèces blanches avec de l'or, et le coin de ce dernier, tirant son origine du coin des espèces blanches, on pourrait même conclure que ces dernières précédèrent la monnaie d'or. C'est dans le coin de l'argent qu'il faut espérer de retrouver la race des chevaux qui figurait dans la monnaie arverne plus ancienne ; et c'est à l'aide (le l'argent, que nous allons établir dans nos discussions ultérieures qu'elle s'éloigne peu de la biturigue , se rapproche plus de l'éduenne , étant conforme à celle du n"" 1 , de notre pi. VI. Les amateurs et possesseurs des grandes collections en Auvergne ne nous disent pas non plus si les Arvernes avaient le bronze : je n'ai à ce sujet ni dates , ni monuments. Je ne trouve rien qui me fasse présumer l'existence de celle en bronze, et j'admettrais volontiers, qu'elle n'avait pas d'existence si ce n'est à répoque de l'asservissement. Quant à la monnaie de l'argent, et de l'or, l'histoire me rassure qu'elle existait (vers 150) et tout porte à croire , à mon avis , qu'elle était toujours marquée d un cheval différent des chevaux du centre et du nord.

Le coursier du temps de la suprématie des Biturigs , est le signe de ralliement pour toute la Gaule , les Arvernes l'ont accepté. C'était le signe monétaire, dont la forme varie selon les races. Les Arvernes devenant puissants, n'avaient pas besoin de combattre la prépondérance déchue et surannée des Biturigs qui étaient sans prétentions, et supportaient sans mécontentement évident la suprématie des Arvernes , et avec le même sentiment que les autres peuples. Les Arvernes n'avaient donc aucun motif de contrarier l'enseigne qui n'était plus des Biturigs mais de la Celtique, et qui devint dorénavant , sous la forme de différentes races, l'enseigne arverne.

(3n8) Chcx les Rutenicns, les Gabales, Slrabo IV. v

On a trouvé dans le midi de la Gaule, près de Ntmes, ^^ une figurine de druide tenant une patëre et un sceptre bicorne surmonté d*uu croissant (Sog). Le bout de ce sceptre marque certains drachmes du centre ( pi. II , 1 7 , 18 , 19 ) , frappées à l'époque de la puissance des Arvernes; et il est placé sous le cheval de la race , que le progrès de l'art biturig ou carnute procréa et améliora ; ce coin plus politique que mystique , fera fuir tous les chevaux mystiques. Le cheval était l'enseigne de la Gaule, qui marquait toute la monnaie partout , et l'or des Arvernes , et l'argent et le bronze de leurs voisins , même des Séquanais et des Éduens. C'est enfin chez ces derniers , qu'à côté de l'enseigne-cheval , un autre enseigne est soulevé contre l'enseigne arverne , et dès que les Éduens supplantent la prédomination des Arvernes , et s'emparent de la suprématie dans la Gaule, ils lui imposent ce nouvel enseigne , et la monnaie est déchirée par deux enseignes.

69. Sanglier- enseigne des Éduens et empreinte de leur monnaie.

Une obscurité extrême couvre le monnayage éduen, cepentlant il devait se distinguer, et devait prendre quelque importance , depuis que les Éduens occupèrent la première place dans la Gaule. Le coin de leurs voisins et rivaux, les Séquanais, donne quelques dates d'un grand prix pour les recherches numismatiques. Ces dates sont, à la vérité, des dernières époques du monnayage gaulois; mais elles jettent une lumière et guident dans l'obscurité.

En effet, les Séquanais, à l'aide du secours des Germains, brillèrent un moment dans les fastes de la Celtique et parvinrent à une certaine puissance (3io). Leur numéraire en argent porte l'empreinte du sanglier (pi. IV, 27 ; VI, 16) (3ii).

On sait que toute la Gaule était riche en sangliers et porcs. Ces derniers étaient si brutes, qu'il était dangereux de s'approcher de leur troupeau (3 12). Le pays des Séquanais était spécialement renommé pour l'excellence du jambon (3i3). Mais la

(309) Monifaucon ; — Dom Martin, t. If, p. 212, pi. 5.

(3io) CœsarVI, 12.

(3ii) Conbr. 567.

(3 12) Strabo IV, p. 197.

(3i3) Varro, de renist. IF, 4; Martial. Xni,54; Athen. XIV, 21.

renomniée, l'argent et la puissance éphémère, sont du temps des Romains, et le sanglier lit son invasion dans le type de différents peuples, bien antérieurement. Or, nous commettrions unâna'chroniaBie impardonnable , si nous voulions feire sortir le sanglier monétaire du coin séquanais.

Comme chaque Gaulois avait sur son boadier un signe à lui (^3i4)? kum civique peuple devait avoir son enseigne partîcolière, chose sacrée (3i5), et tous devaient suivre renseigne commune. On sait que le sanglier servait, assez généralement, d'enseigne aux Gaulois ; et il est plus que probable que l'enseigne d'au verrat , était promenée bien anciennement dans les expéditions qui répandaient Te^froi jusqu'en Asie. Le nomdesSéquanais est étranger à toutes ces invasions, ignoré par toutes les glorieuses entrepri8es«

Il n'y a cependant rien d'impossiMe , que ce ne soit pas le sanglier de Calydon , ou de quelque partie de la Grèce , qui figure à Salapia , Arpi, Camers, Populonia , mais le sanglier gaulois , en commémoration de la terreur qu'il répandit par son image pendant les excursions réitérées des Celtes (3 1 6). L'enseigne du cheval , portée par les Biturigs et leurs alliés, y figurait certainement. Si l'on peut admettre que l'enseigne du verrat y était aussi , quel peuple l'a porté? à quelles peuplades appartenaient les troupes qui le suivaient. Les Séquanais n'y étaient pas ; mais les Éduens leurs ennemis y étaient avec toutes les forces elientelles pour coloniser la haute Italie.

(3i4) Diod. Sic. V, 30; confer. Sil. Itul. IV, 153. — Galli vrro peculiare etsaum «bi quisque habiierunt insigne, quale Chryxi, iltîus Galli apud Si- Hom Italicum libro IV, qui Capitoltutn captum et pensantes aurum Celtas oaboQe fiorebat. Vegel. U, 18. -^ C'est Je Piiomnim, sicdictum quod illic annim pensatameat (Serv. ad. VirgU. V\.,,)\poueii aur^ ou poues aour , en breton, balance pour peser l*or.

(3i5) Conlatis militàribus signis, qiio more eorum gravissimae cerimnniflB continentor. Cœsor VII, 2.

(3l6) En supposant la dérivation celtique de plusieurs sangliers en Italie , je ne conteste pas l'évidence de l'origine grccqnu des autres. Plusieurs ont quelque ancienneté, môme en Asie. Le sanglier de la monnaie de Famphylie peut prétendre à certaine antiquité pius reculée. Aussi plasieurs pièces muettes placées par Mionnet, parmi les incertaines (suppl., t. IX, 19, 20), offrant un sanglier, frottant sa hure avec sa patte, i la manière de celui de Methymna, (Mion., pi, LVI, l), sont plus anciennes que cette dernière, que celle du sanglier d'Etolie, etc. Mais quelle est la date de tous ces sangliers ? les archéologues ne Tout pas déterminée.

Nous avons établi un cheval monétaire en Gaule , au moins en grande partie, cheval-enseigne, et je pense qu'aucune contestation ne peut se soulever à ce sujet : à présent il nous faut éclaircir l'enseigne du sanglier. Des monnaies de quelques chefs, nous offrent Fenseigne-sanglier dans son entier ( pi. IV , 45 ; y 1, 1 9, 20 ) (3 1 7); ne laissant aucun doute que le sanglier y est enseigne et attestant qu'effectivement le sanglier pour la plupart , n'est que le sanglier-enseigne. Tel il est sur le potin de rArmorik (pi. II , 31 ; VU , 49), sur l'or et l'argent au coin analogue (pi. Vni, 26, 27 ), sur l'argent des Andecaves ( pi. III, 44). Il y est posé sur un billot ou garrot , qui lui servait de base, qui l'attachait au bâton enseignai (pi. IV , 45; VI, 19, 20). On voit que le billot a quelques petits ornements qui se présentent soas différentes formes. On en voit une pareille base et garniture sur grand nombre de pièces coulées en bronze , au coin du verrat (pi. IV, 29).

Certes , c'est une garniture pour orner l'enseigne , mais en même temps , elle peut figurer Je bout du sceptre, marque de la domination , de la suprématie. Nous avons déjà remarqué un sceptre bicorne se retrouvant sur des monnaies, placé aundessos de coursiers et de cavaliers ( pi. II , 17 , 18, 19 ; IV , 58) (3i8J. Il sert d'ornement monétaire , et rappelle que le coursier est la manifestation de l'enseigne et de l'autorité nationale. La garniture du garrot du sanglier lui est analogue , ressemblante on changeant de façon (pi. IV, 29) ; elle est ansée et cornue, bisansée, bis-ansée et fleurdelisée , ansée et crucifère.

70. Les alliés des Éduens prennent le sanglier dans leur monnaie.

Qui pouvait donc inspirer à une grande partie de la Gaule de prendre le sanglier pour enseigne, ou de l'imposera la monnaie des peuples, si ce n'est un peuple puissant qui avait un grand empire? et quel a pu être ce peuple dans ces temps-là si ce n'est les Éduens? Adversaires de la prépondérance des Arvernes, renforcés par l'affluence d'une génération belliqueuse que des catastrophes avaient chassée d'au delà des Alpes, ils luttaient avec succès. Les peuplades situées vers l'Océan et jusqu'au point de l'Armorik le plus reculé à l'ouest , prirent leur parti et refu-

(3f 7) Conbr. 4d6, 483, 907.

(3i8) ReYue numism., t. ï, pi. VIII, I ; Conbr. 190 , 151, 153 ; Peiau , p. 1042.

sani de se laisser trainer plus longtemps à la remorque des Arvernes , s'allièrent avec les Éduens.

Le verrat , enseigne et type monétaire des espèces muettes frappées ou coulées chez les Éduens , se manifesta à l'extérieur et entra à différentes époques, dans le coin de leurs amis. Les Aulerks Eburoviks (3 19), le prirent comme alliés, peut-être commeaparentésauxAulerksBrannoviks dépendants des Éduens. Les Biturigs l'introduisirent sur la monnaie de leur capitale Avaricum(pl. VII, 72)(32o), par dépit de la prépondérance des Arvernes; les adversaires Séquanais (pi. VI, 16) (Sa 1) l'acceptèrent aprèsavoirabjuré leurs prétentionsàla suprématie. Plusieurs peuplades entre la Seine et la Meuse , au nord d'Axona , entremêlèrent le sanglier à leurs espèces muettes de bronze (pi. 1 , 17 ; pi. VI .. IX ..) (Sia). Ossuticos , chef des Veliocasses, à Rotomag, le mit sous le taureau de sa monnaie (323). Udecom, chef des Andecaves , le plaça sous son coursier ( pi. III , -44 ) (3a4). Les Armorikains lui assignèrent une place sous leur cheval symbolique androcéphale ( pi. II , 81 ; VII , 49 , 50 ) ; quelques autres au-dessus de la tête monétaire ( VIII , 26 , 27 ).

Le sanglier éduen a donc fait un tour dans tout le nord de la Gaule , depuis le mont Jura jusqu'à Finisterre , manifestant cette ligue qui se forma sous la hégémonie des Éduens contre les Arvernes. La ligue était ancienne, mais il faut noter que sa manifestation est pour la plupart postérieure. Cette suprématie réelle et bien acquise, donna l'impulsion aux démonstrations monétaires : mais celle que les Éduens réclamaient , quand elle s'affaiblit au point de ne plus se relever par elle-même , soulevée par la protection romaine , avait plus de besoin de ces éclats monétaires en réminiscence de la gloire et de l'ancienne ligue. Si on observe bien l'ouvrage de Jules-César, on verra que quand ils demandent des Romains la réintégration de leur souveraineté, c'est toujours à l'occasion de quelque peuple de la partie septentrionale de la Gaule (325). Ils ne pouvaient

(3i9) Conbr.,377.

(320) Conbr., 382.

(321) Conbr., 527, 532, 567, 590.

(322) Monte, t. in,p. 411.

(3a3) Conbr., 534, 617.

(324) Conbr., 354, 599.

(325) Cœsar, I, 14 ; VI, 4 ; VII, 5, 75.

la demander sur dés Arvernes qui ne l'avaient jamais ni subie , ni avouée. Je pense que lorsque Féduen Litavicus sur son coursier , bausse le sanglier-enseigne (pi. YIl, 7 ) (336), il le hausse comme enseigne suprême des Éduens , signe suprême de rarement des alliés et des subordonnés de l'empire de la Gaule insurgée , réclamé avec instance par les Éduens (3a7). Le roi Dubno , à Dumak , en Belgique , répondait (frii. lY, 45 ; YI , 19) à oe mot d'ordre.

£n efiet, la monnaie de Litavicus porte i Tévidénce Taxiome , que le verrat était une enseigne : mais j'entends qu'on me demande quelle est la monnaie au verrat qu'on pouitalt assigner aux Éduens eux-mêmes, favoueque ma réponse à cet égard peut se pas être satisfaisante, qu'^e ne forme qu'une hypothèse qui sera confirmée par les reeherehes ultérieures des autres. On a une masse de monnaies muettes à l'empreinte du san^er , tant en bronsee qu'en argent, ùr je pense qu'une portion très-lorte appartient aux Éduens. Je ne sais si onles^etrouVeaujèlird'hai sur leur territoire, m^s elles se pré^ntent dans une énorme quantité non loin sur le soi des anciens Leaks , aux environs de Nasium où quelques événements extraordinaires les déposa en abondance (pi. lY, 29 ), et je n'en doute pas, la plus grande partie sort de la fabrique des Éduens (SaS).

Toutes ces considérations , toutes ces conjectures , » l'on veut les quali6er ainsi , nous ramèn^at à fixer quelques dates da coin gaulois. Le sanglier parut sur la monnaie coulée et frappée chez les Éduens, vers 180 ou 160, à l'époque où les Édii6ns luttaient contre les Arvernes. La puissance des Arvernes , contestée du vivant de Bituitus , fut bientôt ébranlée ( après liO). Du temps de Celtillus ( vers 80 ou 70 ) , elle avait encore une grande ascendance sur une partie de la Gaule, et les Éduens ne Cessaient d'influencer et de diriger leurs alliés , adversaires des

(336) Conbr. 483, 517.

(3a7) Petunt à Vercingetorîge Aedui ; re îrapetrata contendunt y ut ipsis •umma imperii trantdatur. Magno dolore Aedui ferunt, se dejectos prineijMtu. CflM. VII, 5.

(3a8) Je tiens de M. de Saulcy les renseignements sur les troufaiUsi qu'on fit aux environs de Nasium. La masse consiste en ce sanglier-ensei^s qu*on Toit sur notre planche IV, numéro 29, aToc toutes les yariétéi du bout du sceptre enjambé par le sanglier; cette monnaie est d'une époque trèfcourte, mais on connaît d'autres espèces au sanglier, antérieures (pi. V, 14, VI .. IX .. ), parmi lesquelles il est juste de débrouiller les pièces édoesnes.

Arvemes. Or le sanglier de rArmorik , associé aux antiques symboles sur le potin, ne peut pas être antérieur à la première apparition du verrat éduen , bien qu'il devance les autres. Avec le potin et la cbevelure rebroussée , il pouvait s'y établir de bonne heure, vers 150; la fabrication du potin le précéderaitpeu, vers 180 comme nous Favons noté pour d'autres motifs, ou même vers 200 , lorsque le besoin de la petite monnaie se faisait sentir plus vivement.

Plusieurs des sangliers de la monnaie muette demandent des redierdbies , des conjectures , pour avoir un jour leur af^arition consécutive déterminée. Ce serait une tâche bien pénible et fatigante aux piqueurs scrutateurs d'ameuter toute leur habileté sur les trousses de la béte battant tant de forts les plus obscurs, les plus inaccessibles. Cependant ça ira.

Les espèces au sanglier des Catalauniens et des Eburoviks ont certainement la même origine que celles des Séquanais et d'Avaricum. Après ses premières victoires, Jules-César consentit à rétablir la suprématie des Éduens. Leurs anciens alliés devaient donc se ranger sous leur protection, d'autant plus qu'ils obtenaient par ce moyen leur grâce et leur pardon du conquérant. Hais à la même époque^ les Rémois méritant une confiance spéciale des Romains, Jules-César permit aux peuples humiliés de faire leur choix entre les deux peuples à qui il avait accordé sa protection et son amitié. Les Séquanais, ennemis invétérés des Éduens, se divisèrent dans leur choix : une partie se courba sous l'autorité des Éduens , l'autre adhéra à celle des Rémois ; ils formèrent deux conununautés , dont chacune avait ses propres magistrats. Celle qui se donna aux Éduens frappa la monnaie au coin du sanglier (pi. IV, 27; YI, 16) (Sag). Cettemonnaie a donc été fabriquée après l'année 57.

Les Riturigs choisirent pour protecteurs les Éduens , bien qu'avec une certaine méfiance ( 33o ) ; c'est donc alors que leur

(339) Seqiiani principatara dimiserant. In eomm locum Rémi snceesserant; ii , quiprapfér Toteres iàimicitias nullo'modo cnm Aeduis oonjungi potarant , te Beinif îd cHeatelam dicabant. C«sar Vf, 12. — L'ingéoieuie observation de la division de la cpmmunauté séquanaise, faite par Aniédée Thierri, pourrait être confirmée par la monnaie , encore mieux , sMl était prouvé que Cisiamb (pLVII) 41, 42) fiit vergobert de Lixovium séquanais , qui formait la commune alliée aTecles Rémois.

(33o) Bfturigea ad ^duos , quorum erant in iide , legntos mittunt. .£dui

capitale Avaricuin prit le coin du sanglier. Son sac arriva quelques années après. Or , Fépoque de la monnaie d*Avaricum est scrupuleusement fixée entre 57 et 5â (pi. VU, 72).

Les sangliers des chefs Ossuticos à Rotumag, Udecom à Andecav, Annicoïos (pi. III, ÂA ;IX ..),loin d'être plus andens que cette dernière, lui sont certainement postérieurs. Le verrat de Litavlcus est fabriqué en 52, lorsque Litavicus était en chef dansFétat insurgé (pi. VU, 7); celui de Dubnole suit (pi. IV, 45; VI, 19) et le verrat de Yipotalo se casse le cou en tombant de son bâton devant le joug imposé à la Gaule (pi. YI, 20)(33i ).

71. Bouc , sanglier et autres, quadrupèdes delà monnaie noire et blanche.

Le verrat étant un enseigne, n'était donc ni grec, ni étrusque, ni d*Érymanthe, ni de Calydon , ni cochon au lait des Romains, mais gaulois , celtique , indigène ; il parut sur la monnaie gauloise presque en même temps en Asie chez les Gallo-Grecs, au midi de la Gaule chez les Gavares et les Volks, enfin chez les Éduens. Il est probable qu'en se promenant longtemps sur différents chemins,et répandant la terreur parmi les peuples, il prit aussi possession dans plusieurs coins italiques et de FAsie. Il est probable que battant ainsi à l'étranger antérieurement avant 200 , il a donné Texemple à la béte indigène, de se vautrer sur des espèces noires.

Son apparition au centre et au nord , porte un caractère simplement politique ; si l'on trouve quelques signes secondaires dans le coin du sanglier , ils n'ont rien de commun avec la symbolique et les emblèmes de l'ancien coin. Ce coin druidique ne l'a pas réprouvé , car le quadrupède androcéphale n'a pas eu de répugnance à l'admettre dans son sanctuaire en signe d*amitié et d'alliance : mais quand Fintrigue romaine fomentait la division de l'esprit gaulois , le pays des Garnutes , dépositaire de la chose sacrée, se déclara pour les Rémois et entra sous leur clientelle , ne se ralliant point au verrat des Eduens.

11 était spécialement employé pour la monnaie inférieure , d'abord pour marquer le cuivre , le potin , l'airain ; puis il prit possession du petit argent dénarial , surtout chez les Séquanais (pl.IV,27;VI, 16)etlesNémausiens(pl. IV, 26) ;je présume qu'il se montraaussi chez les Éduens, sur des pièces muettes, (pi. IV, 28).

de consitio Icgatorum, copias... subsidio Biturigibus mittunt, qui... domtim revertuntur .. ge Biturigiim perfidiam yeritos revertisse. Cies. VII, 5. (33i) Revue numisrn., t. I, p. 317, pi. VIU, 16.

Jamais il ne se casa en principal sur Tor. Un exemple extraordinaire d'une magnifique pièce en or, offre une combinaison de la dernière époque du monnayage, unissant un mannequin avec un sanglier ( pi. IV , 83) , un autre analogue sur Félectrum de Gottina (332); au reste, on ne voit de sanglier sur de Tor, que rarement , même entre les marques accessoires ( pi. Il , 30).

A Fexemple des Éduens (pi. IV, 29), ceux des peuples qui fondaient chez eux la monnaie d*airain , prenaient quelque quadrupède.

Les Santons éloignés du premier mouvement que le siècle de bronze produisit , éloignés de Finspiration directe étrusco-italique , en introduisant chez eux la fonte de la nouvelle monnaie, aimèrent mieux prendre pour leur type un bouc macédonien (pi. I, 18 ; YII, 46, 47) ; et la tète de leurs espèces suit par prédilection la coiffure des téteslaurées suivant la manière ancienne, qui ne se rencontre point sur les espèces de ce genre , à Test. Cette sorte de monnaie sanlonne était fabriquée par Quintus Doci, encore sous le joug romain (pi. VU , 45, 46 , 47 ) ( 333 ). Elle donne des variantes remarquables dans la tète et dans le quadrupède (pi. 1, 18; V, 7; VI, ..; VII, 45-47). La tète y est aussi coiffée d'un bonnet terminé par un triangle retombant et couvrant le sinciput ; le quadrupède y perd sa pose de bouc , et se dresse sur ses jambes , ou, en conservant son attitude de repos, il est sanglé et orné de la crinière ; ainsi qu'il faut croire qu'il se métamorphose en cheval de la nouvelle race santonne (334). Cette sorte de monnaie, bien qu'il est notoire qu'elle était coulée chez les Santons, se retrouve en grand nombre dans la Saintonge, puis remontant la Loire dans les parties septentrionales de la France,et vers l'est jusqu'à la cime de St-Bernard , où l'on trouve des pièces de cette seconde variante, coulées en argent poids de denier de 33 grains (pi. VI, . .) (335). Toutes les trouvailles du mont Saint- Bernard ne donnent pas de plus anciens monuments monétaires, que des temps de Jules-César : il faut donc conclure que la monnaie moulée à l'empreinte santonnaise, des trouvailles de Saint- Bernard , est presque contemporaine de Quintus Doci. Peut-être,

(339) Conbr.,532.

(353) Retue numism., t. Ilf, p. 1, pi. f.

(334) ^®^' °^>nM ^«c.

(335) Rc¥. num., t. IV, p. 66.

qu'à la même empreinte , on la fabriquait dans plusieurs localités de la Gaule.

On remarque cependant une différence entre rapplieàtioB monétaire du sanglier et du bouc-cheval. Celui-là entre en une multitude de combinaisons, celui-ci est toujours seul ; le premier occupe la monnaie de la febrication extrêmement variée, cet autre ne possède que des pièces grossièrement moulées. Il serait donc difficile d'assigner à la monnaie au bouc une longue existence , tandis que les monuments monétaires au sanglier , demandent le classement dans différentes époques^ du monnayage.

Ce que nous disons du coin au bouc, on peut le dire de la plus grande partie du nouveau type ; qu'une grande partie de ses diversités sont de courte durée, et comme tout ce type nouveau , s'abtme dans la monnaie inscrite, elles ne se relatent par conséquent qu'aux dernières années de Tindépendance. Je ne puis pas excepter de cette observation ni le lion ni le taureau;, ils varient sur la monnaie inscrite et dans la muette , ils sont très-uniformes, toujours soumis au moulage.

A l'exception du sanglier ( pi. lY , 8S ) , ce qui est extraordinaire ; du pégase et de l'aigle ( pi- III, 81 , 88, 54; VII, 57 ), je ne sais s'il existe quelque animal du nouveau coin qui oserait se montrer sur de l'or , tous sont renvoyés aux métaux moins nobles.

Avant que la licence de la monnaie épigraphique mit la dernière confusion dans le type , il est bon d'observer qu'il n*y a que les animaux dont l'extraction peut être appelée australe , cerf, bélier, chien ou loup, en y comptant le sanglier, qai forment pour l'argent muet, une empreinte spéciale ; aussi le bélier, le lion ont l'honneur d'être placés sur des médaillons (336); les autres , dont au moins le gite, si non l'origine, les attache au bronze du nord , n'offrent aucune empreinte à l'argent. S'ils se trouvent sur ce métal, c'est par le commun moulage avec toute sorte de bronze et d'airain, comme nous l'avons cité, un exemple de l'empreinte du bouc-cheval ( 337 )' comme nous voyons l'empreinte du lion et de poissons (pi. VI, ....).

(336) Conbr., 569, 492, 577.

(337) Rev numism.,t. HT, p. 1 el suiv , pi 1, t IV. p. 66.

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