‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 38 sur 113 · Rouelles ou annelets · texte numérisé non relu

Rouelles ou annelets

Toutes ces considérations sur la fonte de la monnaie gauloise, ramènent à la solution définitive de la question sur les rouelles à jour , rouelles percées , trouées , rouelles à quatre raies (pi. YII, 52, 5â). Elles sont coulées en potin blanc, en billon, en argent: il y a des pièces qui subirent des coups de marteau (338). Le poids des pièces en argent est de 30 à 34 grains , conforme au poids denarial de toute la monnaie de la Gaule septentrionale frappée en argent inscrit : le poids de la monnaie du sud étant plus fort, comme il était plus fort , drachmal, dans toute la Gaule, dans les temps plus anciens.

A Texistence de ces rouelles , se rattache le fameux passage de Jules-César qui souleva de savantes discussions où Ton lit que les Bretons du temps de son invasion, avaient une monnaie en cuivre et des anneaux de fer ajustés à un poids convenu (339), des anneaux de fer si analogues , identiques même avec les rouelles de la Gaule. Telle lecture et explioation qu'on voudrait donner au passage de César , les monuments monétaires constatent suffisamment Fexistence de la monnaie en or, en toute sorte de bronze dans la Gaule avoisinant la Bretagne. Si Jules -César a attesté la circulation de nummi , de plaques , d'annelets ou rouelles monétaires chez les Bretons , il est à déplorer qu'il n'a rien dit de la monnaie gauloise: il nous aurait sans doute instruits de la circulation des espèces coulées et des rouelles. £n effet , les rouelles de fer ou de bronze n'étaient pas les métaux recherchés par les Romains ( 34o )•

Cependant les rouelles , les anneaux furent en course, ajustés au poids convenu, et je ne sais pourquoi ils devaient tenir d'amulatte avant d'être convertis en monnaie. A mon avis, on ne laissa pas circuler les amulettes consacrées parla superstition, dans des

(338) Mionn., luppl., t. I, p. 190; num. 358 ; Conbr. 209, 210, 340) revue numism., t. I, p. 170-173.

(339) La traduction grecque des commentaires de Jules-César , porte :

'•fiiVfAÔi %f «r^Ai ; or, le texte latin avait : utuntur aut nummo aereo, aut annulis ferreit, ad certum pondus examin'atis, pro nummo. Cœsar, bel. gai. V, 12, Akerman the numismatic chronide, juillet et octobre, 1838 ; revue numism., t. n, p. 72, t. IV, p. 315.

(340) Cicero, cpist. ad famil. VII, 7; IV, 16.

16a TYPE GAULOIS.

marchés ; cependant si Ton vent chercher les amulettes dans la numismatique, on peut convenir facilement, que chaque pièce de monnaie se convertirait en amulette par enchantement , et deviendrait amulette quand elle sera douée de la vertu magique, n'importe si c*est une rouelle, ou un statère , qu'on retrouverait dans des tombeaux.

Enfin, je ne sais ce qui pourrait contester Tépoque de Texlstence des rouelles-monnaies: toutes les dates monétaires et historiques les enchaînent aux derniers temps de FindépendaDce entre IttO ou 100 et 50; le témoiguage du contemporain , le mode de la febrique , le poids , le métal et le type cruciforme qui a une infinité d'analogies , non-seulement avec le coin des oboles massiliennes et des espèces du versant des.Pyrénées; nonseulement avec des roues à quatre raies des espèces pesantes étrusques et italiques , mais aussi avec beaucoup d'empreintes de différentes monnaies de cette portion de la Gaule, où circulaient ces rouelles à jours ; et ces empreintes analogues dans cette partie (pi. VIT, 42, 71; YIII, IS; IX, ..) sont de la dernière époque, sont du numéraire coulé : or, toutes ces considérations «npèchent à jamais de former quelques hypothèses sur l'antiquité plus reculée des roueQes-monnaies.

On a dans cette portion septentrionale, des pièces à des revers de la croix enrouée , des pièces coulées , dont les tètes bombées sont conformes à tant d'espèces coulées dans cette dernière ép(h que ( 341 ). On y a des revers cruciformes du cuivre au cheval qui est souvent inscrit (pl.VII,43l,71; VIII,12;IX, ..), et qui est fabriqué enBelguique, car on ne le rencontre nulle part aussi fecilement qu'au nord des Véromanduins , comme on retrouve à leur sud les rouelles percées, les annelets écartelés.

11 est bon d'observer que comme le coin principal d'une monnaie, par exemple, du sanglier, servait de signe secondaire aux différents autres coins , de même , il arrivait vice versa, qu'une marque secondaire formait le type essentiel delà nouvelle mounaie. C'est ainsi qu'on a des pièces coulées ayant dans leur coin la crotte des bardes ( 34^ ) qui n'était antérieurement qu'une marque secondaire de l'ancien type. C'est ainsi que le signe secondaire d'une si grande quantité d'ancienne monnaie » cercle

(340 Revue num., t. II, pi. VII, 9, 10.

(349) Voyex-en un exemple sur le titre de TouTrage de Donop*

écartée , ou roue à quatre rsôBS , pouvait créer un coin spécial pour le moule de la nouvdle monnaie.

Je coaTÎens cependant que le concours des modèles étrangers pouyaie coopérer i cette création. U est évident qu*dle est très-conlorme au coin des oJboles massaliennes et au coin des Volks ; mais il (allait des dispositions locales et du temps pour la faire remonter parle fthodan et TArar, jusqu'aux régions gardées par l'avarice des Édneas et des Séquanais qui dépouillaient les marchands de leur numéraire. A l'époque où la roue italique et étrusque roula par les Alpes sur les traces des réfugiés, vers ces régions , le nouveau coin avec la nouvelle monnaie, y devenait amoureux de nouveautés : le coin cruciforme existait enc<H*e sur ies ptéees rognées et diminuées des Volks; il frappait les oboles à Massiiia , à Laeydon ; il s'était ccmimuniqué aux Ausks en Aquitaine ; il pouvait donc pénétrer vers le nord et y trouver un accueil ftyarable, avec le taureau et le liiHi ; un accueil plus empressé , par lequel il était à même d'influencer un peu plus fard la formation d'autres empreintes cruciformes qui avancèrent jusqu'aux Atrebates et aux Nerviens y ou l'action de coins nombreux et très-variés , se croisait et se confondait.

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