Le coin des Ombriens , de Tuder , servit de modèle
Jusqu'à ce moment , dans nos investigations, nous étions tou«^ jours dans le vague , nous nous tournions tantôt veïs la Grèce , tantôt vers l'Italie, ne déterminant que rarement un pays , une localité spéciale. A présent, arrêtons-nous un instant dans le pays desOmbriens. Sans discuter si les Ombriens étaient eflèctivement d'origine celtique , ou bien si leur culte fut druidique , Qon& allons notifier un phéaomëne monétaire éminemment remar-^ quable.
iSO 1ÏP£ GAULOIS.
Le monnayage ombrien resta toujours Yierge dans sa première conception. I9onobstant toutes les variations qu'il ùÊte il ne sorlii point de ses ornières. 11 dura asseï longtemps et il n'a pas cbangé de métal : on ne connaît guère de ses espèces en or ou en argent: toutes sont en bronze. On a des pièces , des as de tout volume , du poids de 18 puces jusqu'à une cmce. Celte gradation démontre qu'il a suivi la marcte oonnue du lu^nie italique. Son épigraphique ofifre , selon les localités et les époques, trois caractères, latin, grec et étrusque : ce dernier avec certaine modification adoptée à la langue qui avait le son de b , qui manquait à Tidiome étrusque.
D'abord le type n'avait que des animaux et quelques olijefs inanimés, plus tard il admit des tètes humaines (388). Le bronze d'ikuvinl ou Iguvium situé sur les confins de la Cisalpine « est marqué du soleil, de la lune, des astres , auxquels seraltacbent la lance et quelques autres signes: et ces objets reparakssnten abondance sur les espèces belguiques. Sans le coin de Hatri^, on rencontre une roue ; dans celui de Tlas ou Dolat une d^uUe tète ; dans celui de Pisaurum , une tète de lion avec un mannequin; dans celui d'Ariminium, une tète humaine, couverte d'un bonnet conique, qu'on qualifie de tète de Vulcain ; dans cdni de Tutéré ou Tuder, une main ceinte d*un ceste, un aigle« A tant de conformités, on voudrait croire que c'était l'unique somroe où puisait la monnaie gauloise.
Tuder , placée à un autre bout de l'Ombrie , sur la finontière d'Étrurie , est celle qui de toutes les villes oanbriennes, a liûssé les plus anciens monuments monétaires dont le coin est iocoatestablement antérieur à l'admission des tètes humaines dans le type ombrien. Le nom de Tuder, qui répond à marteau, fit la renommée de ses forgerons et de ses ouvrages en cuivre ( 389). Mais le marteau n'avait aucune relation avec la fonte de la monnaie qui servit de modèle aux autres villes. Le bronze coulé de Tuder , en diminuant son volume , réduit au dernier modale , fut empreint de la tète barbue du dieu Pan , et de l'oisean oa
(388) Voyez une notice sur ca monnayage : dans Tarticle do J. F. Groto* fend, das umbrisch-picenische Mûnswesen , dans le journal numUmatique de Hanovre, t. II, p. 69-76, — Mionnet.
(389) Fabriles operœ tudibas contundere massas fesliiiant ( Severuf Aeln. , 559 ). Todkes raaileos appellubnnt anliqui ( Festiis ). Tudilatoref
aîgle daos sa pose Iaterale( 390 )• La tête bart)ue ii*ëtait pas du goût des Gaulais , qui donnèrent congé à la barbe dans leurs images monétaires et ne laissèrent que des tètes imberbes et juvéniles. Hais l'oiseau, dans son attitude latérale , est reproduit au centre de la Celtique , et Joue un grand rôle sur tous les métaux, tantôt comme coin essentiel (pi. lU, dl;yiI,S,57, 58) (391), tantôt comme ùgae secondaire sur plusieurs points de la Gaule (pLI, 14;yi,4S-45;yil, M, SB). Cette pose insolite singalièremeat cdMervée à Tuder , est jusqu'à tel point analogue et identique, à Tuder et dans la Celtique , qu'on ne peut soulever aucun doute que cdie de Tuder servit de modèle à la dernière.