Oiseau eu pose latérale , croix , serpent
Les monnaies à ce coin , se retrouvent en grande quantité au centre de la Gaule, aux environs de la Loire ; on a exhumé du bronze dans une quantité asses considérable , presque exclusivement à oe coin , sur les confins des Lixoviens , des Éburoviks , et des Veliocasses(39!i); on les retrouve dans les ruines de Bratuspantium dans le pays des Bellôvaks, elles ne se retrouvent plus au nord ^ ni dans le pays des Atrebates , ni dans celui des NervîCTS. Par ces trouvailles , par d'autres motifs encore que nous toucherons et selon toutes les apparences , le coin de l'oiseau , compose une femOle du pays des Garnutes.
L'oiseau y est toujours en profil , d'abord droit , puis gauche ; dès son origine , une croix et un croissant lui sont inséparables (pLVl, ^6; VII, 8, 57, 68)(393). Souventune bandeou un serpent, rampe dans le champ (pi. YII, 88). On peut assigner l'existence d'un croissant dans le coin de Tuder, dans ce martelet à queue fichée dans le corps de l'oiseau : mais une croix ou un serpent n'entrent jamais dans sa composition . La croix est un symbole
(390} MonOaiiGOii, vol, lU, pi. LU, 11 donné cvtte monnaie pour gaulune ; n'afant pu en déchtffror rinacripUon il l'a tracée inexactement 'SLOZXYI «u lieu de aaSTVT.
(391) Bévue numism,, t. T, p. 82, 386 ; t. Il, p. 81 j t. Il I, p. 405 ; Pelau, p. 1058, 1045; Montfauçon, l. III, pi. LII ; Caylus. t. VI, pi. CXV ; Conbr., 30, 28, 46.
(39!i) Trouvaille de Brionne, départ. d« TEure ; sur laquelle M. de Sàulcy m^a donné des renaeignements.
(393) Revuenumism., t.n,pl.VI[, 4, 5; Pétau, p. 1045 ; Caylus, t. VI , pi. CIV; Coiibr.,20.
18!l TYPE GAULOIS.
plus ancien dans le type gaulois (pi. Il , 16)« Elle est reproduite par différentes monnaies de la Belguique (pi. III,i9; YI, S7),dela péninsule armorikaine (pi. VU , 51 ) ; elle reparaît décorant le sceptre à Andecave (pi. III, AA) et dans la monnaie appartenant à la frontière occidentale des Biturigs (394 ). Le serpent, tournoyant parfois dans la monnaie gauloise ( pi. IV , 51 ; VU, 10) , rappelle la chasse druidique à l'œuf mystique de ce reptUe (3g5). Donc , la croix et le serpent manifestent que le nouveau coin de l'oiseau tndérin, fut initié au mystère du culte national, concourut au progrès de son langage jûttoresque , sans qu'on puisse supposer qu'il ait dérogé à la pureté de la doctrine. En coopérant à la formation de la nouvelle image, il se sépara de h tète hideuse du dieu Pan , pour s'allier avec celle des Gaulois , juvénile , aux traits réguliers , artistement coiffée. En entrant dans le type gaulois, il se conforma au règlement du mutisme, qu'il n'observa pas jusqu'au bout. Etant dans sa force sur For et le cuivre, quand l'épigraphique commença à édaircir le type, il fut un des coins qui se révoltèrent contre le silence forcé.
L'époque de son existence est postérieure à la dernière diminution des espèces tudérines, et à la création de la coiffure papillotée ; elle tombe même dans les années où cette coiffure allait en diminution par la négligence des graveurs (pl.VI, 46;' YII, S, 58), quand une autre aux mèches pliquées fut introduite d'au delà des Cévennes (pi. VII, 57). Elle précède l'épigraphique et l'apparition du pentagone, de l'aigle romain et de la coiffure qui peignait les cheveux en plusieurs cerdes et les décorait d'un diadème frontal. Gomme on ne retrouve pas de trop nombreuses différences de ce coin son existence n'a pas dû être de trop longue durée et il ne pouvait pas être disséminé dans de nombreuses localités. Il fat sur le cuivre et sur l'or, et on a son imitation à l'épigraphe Soiima surl'or(pLIII, 81).
Gonune la tète y varia de coiffure et que Toiseau en profil admit un pentagone et l'inscription ( pi. VII, S, 58), de même sa défiguration ultérieure s'ensuivit quand l'aigle romain de face, aux ailes éployées , remplaça le profil de l'oiseau , assisté comme ce profil, de pentagone et de l'oisillon (pi. IV, 5; V, 17).
Cet aigle admit ces deux marques secondaires avec des disques qui marquaient son champ , ne voulant ni croissant , ni
(394) Buding,26, 57.— Btvue mimisin., l. I, p. 501, pi. VlfF, 5-11 (395) Plin. XXIX, 3.
serpent , ni croix, qui, trop mystiques, trop druidiques; ne convenaient pas au caractère profane et étranger de Taigle. Cependant un Aremacios plaça un serpent à côté de l'aigle éployé (396). Je me suis étendu sur cette marche du coin.de Toiseau à la pose latérale, car elle peut guider les investigations des autres coins.
«Taime à réfléchir sur ce coin , car il offre le reste de Tascendance du pays carnutois, les dernières phases du druidisme dans le type national. Ce coin est un peu plus jeune que celui du verrat: mais il respire l'esprit druidique, qui n'anime point celui du verrat: il semble tenir face à l'action profane et politique de ce dernier chez les Éduens.
Peut-être qu'il ne fut imité dans son essentiel , que quelque part vers la fin, à l'épigraphe de Solima; mais il s'amalgame avec plusieurs autres coins , tant par son essentiel que par ses accessoires , composant des signes secondaires. Aussi nous voyons l'oiseau dans sa pose latérale, se placer ou sur un cheval androcéphale dans l'Armorlk , conjointement avec la croix (pi. VU , M) (397) ; ou sur le coursier de la belle race gauloise sortant des frontières biturigues (pi. 1 , 14 ) ; ou sur des rosses dégénérées, dans des temps postérieurs (pi. VI, 4S; VII, 66)(3g8). Nous le voyons de l'autre côté , visiter la monnaie 'de quelques chefs , où il change d'attitude et déployé ses ailes en imitant l'aigle conquérant (pi. VI, 44, 4â ; VII , 44 ) (Sgg).
La croix se retrouve , comme nous l'avons dit, plus anciennement, dans différents coins empreints du symbolisme ; dans le coin de TArmorik , des Andecaves ; et elle est sur la monnaie en argent qui se rattache aux frontières des Biturigs (4oo). Le serpent rampe dans l'Armorik, quelque part à Caledu ( pi. IV , 61 ) (4oi) , et chez les Rémois ( pi. VII , 10 ).
Cette disposition dans la monnaie de différents pays, à l'époque qui touchait la dernière période du monnayage , ne seraitelle pas une réminiscence des anciennes relations , une démon-
{396) Conbrouse, 361 .
(397) Conbr., 27; revue numism., t. f, p. 2.
(398) Revue numism., t. H, pi. lll, 3.
(399) Revue numism., t. I, pi. 11, 11 ; t. III, pi. XVI, 5, 6; Conbr. 26, 28, 46.
(400) Voyez les croix sur nos planches II, 16; 111, 39, 41; VI, 37, 58, 59. {(\oi) Conbr., 399 b.
stration d'une ligue entre les peuples , qui sans être tout à feit hosUle aux Éduens, affrontait leur sanglier-^iseigne?Âttx temps d'humiliation, quand les peuples gaulois durent <^ter entre la dientelle des deux états qui avaient gagné la prédileetion du conquérant , les Camutois ne voulurent point se ranger sons l'étendard des Éduens, ils choisirent pour leurs protecteurs les Rémois (4o9). Une ligue rémoise embrassait les Rémois, les Camutois, les Suessions, une partie desSéquanais(4o3), et quelques autres peuples sur lesquels l'histoire garde le silence : le coin de la monnaie, mieux connu , édairdra peut-être. L'éduen druide-vate Divitiac , tirant les augures des victimes, faisait des conjectures sur l'avenir et allait à Rome implorer l'assistance de la république. Ses augures, ses conjectures le trompaient , et l'assemblée suprême des druides sur les oonfins du pays camutois, désapprouvait certainement ses démarches. On ne sait quds augures donnaient les victimes aa chef du druidisme, quand les Garnutois chcnsirentla proteetion des Rémois, quel motif les a décidés à se rangw sous le giron de ces derniers , si toutefois cette démarche émanait réellement de leur volonté. L'horizon du draidisme s'obscurcissait à chaque moment , l'androcéphale qnadrupéde allait quitter le contio^t sur les aiieft du génie renversé, le profil de l'oiseau s'apprêtait à démentir sa croyance, et à se métamorphoser en aigie déployé, les astres s'éteignaient , et le coin monétaire donnait des présages fatals, phis certains , plus véridiques que tons les aogares et conjectures les plus animés du patriotiane.