Coiffures des t£tes
Hous avons déjà feit observer que la coiffure de la tête n'est pas indifférente pour déterminer r^>oque de la monnaie, et nous revenons sur ce point.
Les têtes laurées, introduites dés Forigîne du monnayage , cédaient anxautres, etsur plusieurs points tombaient en désuétude; elles déployaient encore leur éclat , de différentes manières, sur l'or, au cheval conduit ou androcéphale, ou sur des médaillons d'argent. C'était l'art du centre de la Gaule qui conservait des
(4oa) Carnutes legatos obside.4que mittiint, usi deprecaloribus Remis quorum crant in clienteia, Cœsar, VI, 4.
(4o3) Caesar, rT,3j VI, 4, 12.
égards pour iear antique considération et leur donnait place sur For au cheval conduit (pL II, 30) ou à l'androcéphale (pi. II, Sa; m, 25-27). Les tètes laurées ou diadémées, et richement décorées , gard^ait exclusivement les médaillons en argent dans les parties méridionales de la Celtique et sont le plus bel ornement des médailles inscrites en caractère latin (pi. 1,5, 12; III, 11,12,15, 17;VII, 88).
£n jugeant sur les apparences isolément ol^rvées , on croirait que les débris de la coifiure , offrant sur certaines pièces en or , de petits carrés (pi. VI, 15 ; VIII , 41), sont le résultat d'une tète diadémée : mais le rapprochement dti plus grand nombre des pièees de cette espèce , prouve que c'est le produit de la dissokilion de l'antique tète laurée , dont la chevelure et le laurier étalent traversés par une bande (pi. IV , 15 ; VIII , 41 ). Il est probable que , malgré sa dissolution parfaite dans certain coin (pi. III, tS; IV, 16), elle avait encore quelque reproduction dans son entier, ayant sa cdl^ire énormément bouffie (pi. VIII, 29, SS). Cette excessive augmentation et soulèvement de la coiffure, avait lieu quelque part sur les côtes de la Belguique, et il est singulier que ce goût d'expansion de la coiffure offre quelques exemples chez les Volks ou Bolgs du midi , avant la cessation de leur monnaie (pi. IV, 4; VII, 20).
C'est de cette partie de la Gaule, quand elle était définitivement (en 105) subjuguée par les Romains, que sortit la frisure aux mèches pliquées connues sur la monnaie des Volks (pi. V, S); elle reparut dans le coin de l'oiseau à la pose latérale au centre de la Gaule ( pi. VII , 57 ) et elle fut reproduite pour la dernière fols peut-être sur la pièce inscrite Solima (pi. III , 81). Le joug imposé à la Narbonnaise , l'oppression dont elle vida le calice amer, occasionna nécessairement des émigrations réitérées, qui se portaient dans le reste de la Celtique encore libre , et y faisaient connaitre leurs manières dans le monnayage et son coin; aussi nous verrons encore quelque effet dans le type, résultant de l'influence que pouvait exercer le goût de ces émigrations.
La chevelure gauloise, rebroussée en arrière, ayantsans doute, son origine imparfaite sur des médaillons carnutois(pl. II, 8); bien coordonnée et parfaite , ftit reléguée exclusivement dans la péninsule armorikaine ; isolée, elle y perdura jusqu'à la fin. Nous avons avancé que les tètes papillotées , qu'on nous par^ donne cette expression , se relatent au nouveau type de la Gaule
centrale. Aéjà quelques combinaisons que nous venons de saisir an sujet de Foîseau à la pose latérale , concourent , je pense, à l'appui de ce que nous avons hasardé ; et d'autres rapprochements que nous allons faire confirmeront nos conjectures.
Je veux d'abord distinguer isolément les mëclies de la construction de la coiffure entière. Les mëcbes pupfflotées sur la formation desquelles nous avons déjà ftdt quelques observations (4o4} , ét^nt crasses et enflées , ressemblent aux mèches pliquées, qui couvraient avant tout les tètes tectoeagues, elles pouvaient donc donner l'idée tf enfler les tressesi^s artistement. La tète d'une monnaie du système dracbmal , qu'on peut attribuer aux AUobrogs , exécutée avec plus d'art que les tètes tectosagnes (pi. YI, IS) donne peut-être le premier exemple de ces efforts artistiques. Ses mèches ne sont pas entourées, enclavées, mais dles sont ornées de quelques brins délicals qui filent tout le long de l'épaisseur de la mèche jusqu'à la boude qui la termine. Or , les mèches papillotées ne seront que le développement des essais qu'on a laits au ddà de» Gévennes ; et leur inventi<m serait le résultat delà coiffure aux mèAespHquées, apportée d'au delà des Gévennes.
Mais la formation entière de la coiffure aux mèches papillotées appartient totalement à l'invention locale du centre de la (kinle. Cette coiffure se montre riche dans tout son dévdoppement (pi. 1, 14; II, 17, 18, 19)ou réduite et diminuée (pL 1, 10, 1 1 , S5 ; YIII ,3,4); dans sa formation complète, elle est analogue aux frisures symétrisées de tètes laorées ( pi. II, Sd, S4) , éiMemment même le produit de cette frisure de laquelle les lauriers furent étés. Or , la coiffure des têtes paplilotées , parât d'abord parfoite dans toute sa richesse , et subit des rédoetioDs consécutives. Elle se présente dans toute sa perfection sur des pièces du système drachmal, qui pèsent M grains, marquées de deux coursiers superposés , ou d'un cavalier soulevant un hoaclier (^long , ayant au-dessous des coursiers , le bout du sceptre ( pi. II, 17 7 18 , 19), Ces pièces se retrouvent fréquemmeiit au centre de la France. La coiihire précitée, dans sa perfection, continue à décorer les pièces sur lesquelles Foisean en profil (fescend sur le dos du coursier ( pi. 1 , 14 ) ; il faut espérer qu'on la retrouverait parfaite aussi sur des pièces où l'oiseau à la pose laAérale, forme ressentie ducoin.Mais on voit cette coiffure déjà
(4o4) Dans le chapitre 40.
dimiauée^sur des piècesau cheval androcépbale (pi. II, 8ë);étsur ccdles à roisea« à la pose latérale (pi. YI, Si , 46; VU, 3, 58} (4o&). Sofia, on voit une lignée spéciale de la monnaie un peu moins ancieniie, en ai^gent, dont la coiffure papiUotée est encore modifiée ^ réduâe , n^mée latéralement en trois papillotes , qui retombent oomiiie trois sacs pointus* Ce tige nombreux se re^ trouve au midi de la Loire. Le revers est empreint d'un coursier de la race gauloise. Parmi ses accessoires , on a une croix , une épée syfliybolique,une branehe à deux ran^s ddiaies opposées^ On y remarque les lettres €AM ou KAIA. KAIAO. Kotko (pl« YIII, %i) (4o6). Bans les premières on a voulu reconnaître le nom de Gudkioviceases, et l'on peut aussi bien en obtenir le ufiBi de Cambdlectnes , ou le nom delà ville Ande-camulum. La légende grecque est peut-ètrelacontraction de ces noms, Gamilo. On remarque sut les mêmes monnaies les lettres AYRO ou ARO (pi. I, 10), et je n'oserais contrarier si l'on voulait y retrouver le nom contracté d'Avarioo (407). On y voit parmi les accessoires, égarer parfois le poitagone ( pi. Vlll , 4 ). Mais nous nous sommes aventuré un peu trop dans la monnaie inscrite» Nous avons toucbé qodques exemples de l'écriture , pour fixer la iO'calité et l'époque de ces demi-deniers gaulois pesant S5 à d8 grains {ifyiS) ; pour notifier le contact de l'anci&Q et du nouveau type 9 de leur perduratîon sur ce point jusque dans l'époque épigrapbique. La branche aux baies, la croix, l'épée symbolique, l'oiseau, la tête papillotée, le coursier antique, s'enchaînent, se rattachent auxrégions delà basse Loire, s'accrochent d'un bout à
(405) Giamilos, Yllycci. — BeTue numism., t. I, pi. X, 2; t. II , pi. III , 75; Montf., t. ÏIT, pi. LU; Petau, p. 1058; Caylus, t. VI, pi. Cn^
(406) I>*aprètP«lkrin, t. HT, p. 189, on lU OTIKT. R«?iie numism., 1. 1, p. SU ; en.dottxliijflAji dit Coa2iroui9, 5S7b, et placneotre les Finei. Cependant U figura 13 de la revue numumatique , voyez notre pUAckâ VIU, 3^, offre évidemment en lettres ^ecques KA «t non KT. — Un autre OVIKV , proposé par Conbrouse, est une pièce en fer à tête de face, que nous reproduisons aur notre planche VII, 15 , d*après le dessin lithographie, trouvé dans le volume ilMtode de M. Conbrouse. Elle «oas offre AIS.VB.
(407) il acmhle ique Ua pièoef «rec AVPO, décriMs par Mtoiuu^, 17,. citée» par CoalirQiiBO ^9, conme étapt en electrum, et en or , sont de la mémo espèce. •— Celle de Lagoy, notice 31 , inscrite SVI ^ est aussi de la même famille, et il est probable que SVI n'est que la ligature inverse de AVRO ORA , comme elle se présente sur notre figure, pi. I, 10.
(4©^ CAM du musée britaimique (Taylor Ccmbe), pèse 29 , ce qui ferait ô%% grains.
Tandenne monnaie, et à son ancien type, de Tautre, à la monnaie inscrite , imbibéede nouvelles doctrines. Le domioile de la tête papillotée , est donc suffisamment déterminé pour le moment.
11 n'y a qu'à signaler, sans s'arrêter beaucoup sur des télés de bronse coulé , qu'elles sont pour la plupart des cojnes pour l'ordinaire monstrueusement défigurées; comme la tête laurée chez les Santons (pi. 1, 10 ; VU , 44 , 46 , 47; IX, 17) ; comme ceUe de Diane (pi. II , 18 ; IV , 8â ) ou de Proserpim (pi. U, 28). Dans la négligence de leur exécution , il est ordinairement Impossible d'en débrouiUer l'origine (pi. VI, 1, 16, 58, 59; IV, 24, 29, 80; ceUes de VI, 59 ; IX, 12; compu^ez à II, 16; UI, 28, 32).
U serait bon peut-être de discuter ici sur le buste au collier qu'on voit sur des pièces inscrites de Diaoulos, de Caledu^Senodon, de Aleula-Vlatos, de Rémos-Atisios, marquées d'un serp^it, d'une esse, ayant des quadrupèdes au corps quinte -partie , et fortement repliée; offrant dans la coiffure de là tête des esses (pi. m,48, 51;IV, 51;V, 10; VII, 10,11, 18); d'y trouver si non quelques traces de la ligue rémoise, au moins le système évident du coin qui respire l'esprit symbolique, le génie druidique , qui se rattache encore à la réminiscence de l'ancien symbolisme carnutois : mais les inscriptions que portent ces monnaies, soulèvent des difficultés qu'il est plus convenable de discuter quand nous analyserons l'épigraphique.