Race des chevaux éduens; mélange des races en Belguique
son monnayage se développe.
J'avoue que je suis très-disposé d'attribuer tous les androcéphales au corps quadri-partie, tous les chevaux au corps quintepartie, aussi conformes dans leur configuration (pL III, 25-â8 ; V, 10; VU , U ) à la fabrique des Sénons : mais 11 me faut, avant d'adhérer à quelque explication choisie , surmonter les obstacles dans l'analyse de l'épigraphique.
En attendant, d'autres races de chevaux appellent nos investigations : car une multitude de variations nous avise que des étalons étrangers en ont procréé une foule de modifications, que la monstruosité fantastique des chevaux symboliques prit des formes plus naturelles , sans s'ennoblir beaucoup ; la belle race du centre se détériora sur plusieurs points; des races spéciales , antérieurement inconnues , parcouraient et poulinaient des haras nouveaux.
Avant tout, une race très>répandue sur le cuivre se présente à Fattention. Sans être légère, elle est étriquée et efflanquée ; très-souvent la tète , le bras , la croupe , sont formés en cerceaux ; elle ne se prête jamais aux grandes courses, ni au galop; eUe a un trot inégal, jette ses longues jambes par de çà, par de là; elle marque les revers du sanglier éduen (pl.VI, 64, 55) (409); des cavaliers y chevauchent quelquefois et l'on volt entre les jambes de devant un £ en forme étrusque 3 (pi. V , 14), ce qui ferait croire que e*est Tinitiale du nom des Éduens ; un cheval de cette race est au revers d'un petit bronze de vercobret éduen, Liscas(pl. I, 16); or, tout porte à croire que c'est la race éduenne. 11 est possible que les Séquanais eussent du goût pour cette espèce de chevaux (pi. VU, 75). Quand les Éduens érigèrent leur monnayerie , certes les Séquanais ne tardèrent pas beaucoup à l'établir chez eux , et il est jNrobable qu'avant de prendre dans leur coin le sanglier éduen (pi. IV , 27 ) (4io), ils marquèrent leurs espèces de cheval analogues à ceux des éduens. Le cheval deThelvétien Orgetorix(pl. II, 60; VII, 7) (4i 1), ne s'éloigne pas beaucoup de la façon éduenne. Le cheval arverne était encore plus conforme.
Quand avec la puissance, les alliances des Éduens s'éten^ dirent y leur ascendance s'accrut , leur verrat battant les forts jusqu'aux obscures Ardennes , se rua sur la monnaie du nord , et celle-ci devenant indifférente pour la figure de son cheval fantastique , symbolique , alors , le cheval éduen se mêla activement dans la transformation de la race belgue (pL II, 26 , 28; IX, 18, 19).
£n même temps accoururent les étalons des autres races nommément biturigue et volke ou cavare, pour coopérer à la transmutation et au mélange.
L'étalon tride des Biturigs , bricolant à travers les obstacles épineux du druidisme, s'établa chez les Kaletes fpL IV, 40) d'où il essaya d'introduire sa race sur la monnaie à la rondelle enjambée ( pL lil , 89 ^ IV , 28 ), remplaçant celle à la crinière cardée. Il eut du succès cliez Caledu (pi. IV , 51 ), chez les Mé-
(409) Le numéro 54 de notre pi. VI, se trouve dans Montraucon , t. 111 , pi. LU; on le reconnaît par les ciseaux, et on voit que le dessinateur de Montfaucon, n'a pu distinguer la figure du sanglier.
(4 10) Revue numism., 1. 1, pi. VII 1, 14. (4ii) Taylor Combe, pi. I, 15.
diomairiks, Solima. 11 fut moins heureux dans raméliaralion d'autres haras obscurs (pi. 1, 6, IS (4i9); II , IS ).
Mais les rosses volkes se traînaient après lui , bronchant dam leurs gambades , elles trouvaient Ffaospitalité au moyen des réfugiés volks qui les menaient avec eux. Par pitié ou par amour fraternel,* par un caprice bizarre, ou par un goût dépravé, elles furent admises dans la monnaie des Arvernes (pi YII, 89), des Mandubiens (pl.YI, 43) des Andecaves (pi. III, AA 9 IV, 47), des Touronais (pi. lY, 53; Y, 12 ), où, des guerriers les montaient pour défj^ndre Tindép^adanoe de la Celtique. L'éduen litavicas en choisit une parmi elles pour courir ventre à terre , au risque de la culbute ( pi. YII , 7 ). Ces rosses ratatinées , plurent singulièrement aux Belg8(pl. lY, âl, dâ, ââ); ils les combinèrent, ils les mélangèrent avec des chevaux et des manières éduennes (pi. UI, 46- lY, 7, 8, 17, 21, ëS, â3, 39, 60, 61 ; II, 25, etc. ) (4 ( 3). La taille s'accourcit, le corps du tronc disparut , ses deux bouts arrondis, souvent en forme de cerceaux ou de disque, se rapprochèrent , à peine réunis par un petit filet , ou sans aucune ligature se touchant seulement, composèrent ua cheval d'un nouveau goût , qui perfectionaé dans la demièfe période, donne encore naissance à une race qui va présidera la dernière agonie du monnayage. En ^et, vers la fin de la troisième période le goût pour les chevaux raccourcis, se manifesU dans toute la Gaule , et menaça rexisteace de toutes les races anciennes (*).
La Belguique érigeant dans cette époque , des monnayeries qui lui manquaient, et qui devenaient nécessaires , par suite de la civilisation et du dévdoppement du commerce le los^ de la Meuse (4i4) 9 offi"^ dans son coin plus de diversité. J^'érectioades monnayeries , arrivant au moment de la formation du nouveau type , anima chez eux Factivité plus qu'aUleurs. C'est la caase de cet immense concours des manières anciennes et nouvdleS;
(4 13) La petite monnaie blanche des n<^> 6 et 15 de la pi. I , se retrouve en grande quantité dans le Luxembourg et aux environs de Rbeims ; elle eii remoUe ou 4b quelque canton limitrophe.
(4 13) Le potin sous le n» 12, 13 , de la pi. IX , se retrouvant abondammeot aux environs de Senlis, peut donc être à juste titre aUribué aux SiWtneotes.
C') Nous devrions distinguer encore une forme de chevftux de cette éfO' que (pi. Il , 21 ; III , 37 ; VI , 12 ); nous en parlerons dans les cbspiires 125 et 137.
(4i4) Cœs., I, 59; IV, 2, 5 j Dio Cassiu», XXLIV, p.262.
gauloises et italiques , de rimifation et des inventions. Enfin l'état social de la Belguiqne , coopéra puissamment à la multiplication des variétés. Outre les principaux peuples , de petites peuplades et coimnnnes voulurent aussi se distinguer. Comme la commune des Nerviens, Durnaco se signala hautement à cet égard (pi. IV , 45 , 46, 82 ; VI , 19); de même, sans doute, il y en eut d'autres qui sans donner leurs noms à la postérité contribuèrent à la confusion.