Avant-propos
J'ai parcouru les trois périodes du monnayage gaulois, en discutant quelques généralités qui se présentaient à mon attention dans le nombre des médailles que j'avais sous mes yeux. L'impression avançait, et de nouveaux renseignements, de nouvelles communications que l'obligeance empressée des amateurs et des savants versés dans cette science, m'adressaient , arrivaient de toutes parts, enrichissant mes notions sur cette branche numismatfqne. Je tirais de la collection de M. Meynaerts, ce que gavais négligé auparavant de ce trésor toujours ouvert à mes études; il contient actuellement cent pièces gauloises. J'ai reçu une communication de 40 pièces de M. Dancoisne de Douai , dont plusieurs étaient d'un grand intérêt pour moi ; les TVîccos de MM. Jeuffirain de Tours et Boileau de Blois ; une vingtaine d'em-» preintes de la part de M. Yoillemier ; plusieurs dessins de M. RigoUot et je ne sais pas encore combien de M. de Saulcy, extraits de différentes collections (de la ville de Metz , de MM. Parot de Lyon etFaure deVille-Franche-sur* Saône) et de la si^ine.Il m'a été impossible de discerner, d'étudier à fond, tant de nouvelles acqui* sidons ; il m'a été même impossible de les assimiler toutes à mes recberches, quand elles appuyaient mes idées, ou contrariaient mes vues. J'entrepris cependant de les livrer à mes lecteurs en augmentant le nombre des figures et des planches. On y remarquera des pièces dont je ne fis aucun usage, qui ne sont pas mentionnées dans mon ouvrage. Peut-être qu'elles serviront à d'autres investigateurs, de moyen pour attaquer mes assertions; dans cecas je me féliciterai de leur donner des armes au combat qui doit éclaircir la vérité. En attendant, il peut arriver que dans l'article de l'épigraphique. je renonce à plusieurs propositions faites dans les articles précédents , que je me rétracte sur plusieurs points, et que je m'efforce encore à suppléer les autres par quelques nouvelles observations.
Dans les articles précédents, j'avançais au milieu des ténèbres, toujours directement vers mon but ; malgré les incertitudes , je marchais vers le positif; j'étais plus positif en fixant l'époque du coin , moins déterminé quelquefois quand il fallait l'attacher
à une localité. La même incertitude se manifestera d*une manière plus fâcheuse dans mes discussions ultérieures. L*épigraphique monétaire prend sa naissance dans la troisième période et embrasse la monnaie romanisée ; nous serons donc, dans nos discussions suivantes, continuellement dans ces deux périodes, analysant les inscriptions et les monnaies inscrites, recherchant leur époque et leur localité. On croirait que Tépigraphique jette une lumière , qui dirige au grand jour les numismatistes. En effet, elle rend d'immenses services et confirme très-souvent les conjectures formées par d'autres raisons : mais bien des fois, elle pousse l'attention des investigateurs au désespoir, elle dérange, met en confusion les combinaisons les plus ingénieuses, sans leur ouvrir quelque issue satisfaisante. Ce n'est plus l'incertitude « mais le scepticisme qui s'empare des scrutateurs. Qu'on me pardonne donc , si dans l'analyse suivante de l'épigraphique, je suis toujours plus résolu de fixer les époques , que les localités des monnaies ; si en discutant différents points de vue , je reste quelquefois sans rien conclure , sans me déclarer positivement pour quelque opinion.
Il est notoire que la masse des inscriptions est latine, et qn'ane portion considérable est en d'autres caractères. Il est donc important de réfléchir sur le contact de différents numéraires étrangers, et spécialement sur celui de Rome , avec les espèces gauloises. Or, avant de nous engager dans l'analyse des inscriptions , nous allons d'abord observer la circulation de la monnaie romaine et rappeler quelques événements qui l'introduisirent dans les Gaules.