Réunion variée de noms et d*épithètes
Gomme les uns cherchaient à décorer leurs espèces de titres , Boduognat, de son côté, semble négliger la terminaison honorifique de sa naissance , en n'inscrivant que Boduoc, et tronquant nat ou gnatj ce qui signifiait dans la langue, fils , son nom en entier signifiant fils de la victoire (Buddig*nat). Le même exemple donne Cativule , partageant la souveraineté chez les Éburons : il inscrivit sur son or Cattiei négligea vtdcy vok, folk, ce qui disait
(557) A»»«7^«7t€,'7Sr, rax«7Sr,Plutarclu, amatorius, p. 768.
(558) Bullet| ntémoires aur la langue celtique.
(559) Avant de finir cet opuscule sur le type gaulois , j*ai renoué la correspondance avec mon ami de Sautcy, en lui demandant son avis sur plusieurs questions, et des renseignements qu'il ne ma jamais refuséa. Il a pleineoMot confirmé mon opinion sur pillos. Sans changer mes argamentationa et la ré* daction du texte, j'ajoute seulement son assentiment qui m*a flatté infiniment. « Vos idées sur |)i//o«, eppillos^ aipillos (dit-il , dans sa lettre du 10 mars, 1840), sont justes : pilla veut dire dynastie j eppillos , le fils de la dynastie, par excellence ; a/0/>pf7/o5 , signifie celui qui est à la dynastie pir excellence. 11 en est de même de Ejtpennos, *£iriir»« ^ c'est le fils du grand chcf| le fils de la tête : eppen. Gela me parait incontestable. »
qu'il était indigène , de Torigine de la nation , du peuple. Peutêtre qu'il devait substituer une autre terminaison honorifique de son autorité , comme le faisait son collègue Ambiorix.
Le roi des Éburons, Jmbiorix , sans prendre de titre à part , nous offre une anomalie extraordinaire dans son propre nom , quand il le donne d'une manière variée avec des terminaisons différentes: AMBIORIX. AMBILIL (pL VI, 17). TAMBIL, sur les espèces au type de la tète de Pallas et du lancier ËBVRO. On peut ajouter à ces variétés ËBVLILIH , figure debout et tète de Pallas (S6o). On croirait qu'il y eût autant de rois différents ^ et presque homonymes des Éburons , si le court espace de temps permettait de les multiplier sous des noms aussi analogues et conformes. La terminaison rix est donc remplacés par ilil.
C'est l'usage germanique , qui se répète sur la monnaie des Trêves , où l'on lit GERMANVS INDVTILLIL (pi. IV, 25 ) (56i), qu'on a bien attribué à Inductomar. C'est donc une autre terminaison fiiar, changée en iUL
Ne convient-il pas de considérer cette terminaison pourune distinction honorifique résultant de la réunion du titre epilil, at'pUil, par laquelle la contraction de la prononciation, forme, au lieu de Indue mar, un Indut'illil; à la place de ^mb-rix, un jémb'ilil^ t'Jmh'ilil , qui soumit à la même combinaison sa qualité native d'Êburon, composant (Ébur-pilll) EbuViltl.
Induciomar inscrivait sa monnsle IndutilUGermantis, et le roi des Atrebates inscrivait la sienne Comios Carmanos, ouGarmano&. Quand Induciomar, afin de se distinguer de la nation celtique , se qualifiait de germain, Comius se tenait à l'écart des émotions nationales. Après la mort dlnduciomar , il se souleva avec les autres, et recherchant des alliances avec les peuples germains , il en obtint quelques secours ; et à la fin il chercha chez eux un asyle, lorsque l'astre national allait à jamais terminer sa course(56a). Ce futpeut-êtrealorsque, pour célébrer son alliance, et complaire aux alliés , il signa sa monnaie de Carmanos, ou plutôt GamMnos , comme le bronze que nous donnons sur notre planche III, 60, le présente très-clairement. Enfin, sil'appella-
(56o) Mionn.; Conbr , 355, 459, 460, Âkerm., 136.
(b6i) Conbr., 477; Akerm., 50. On y a INDVTILLIL , comme je mVn suis conTaincu par dei pièces à fleur de coin, bien rares à rencontrer, quoique cette monnaie soit (rèa^commune.
(562) Hirt., de bello gai., VII!, 7, 40, 21 , 23, 47, 48.
tion des Germains dérivait de gwer-man , homme de guerre , guerrier, Induciomar et Gomios, avec leurs épithètesGermanus, Germanos, ne se qualifiant que de guerriers , flattaient cçs peuples d*au delà du Rhin , qui prenaient cette appellation : Yun en stimulant le courage des Géréses, Ségniens, Pémaniens, Condrusiens , tous Germains établis sur le sol des Tréverès (563 ) ; l'autre pour gagner Tamitié des Germains dont il recherchait les secours.
Gomius fabriquait la monnaie comme la plupart des chefs de la Celtique, pour son propre compte; et 11 semble négliger, ou il n'en avait pas le droit, de la marquer du titre des Atrebates. Plusieurs chefs fabriquaient, en effet, indubitablement leur monnaie à rétranger, surtout la monnaie coulée, dans des moments de guerres , ou quand ils firent quelque conquête. Si Diviliacus Tatrebate fabriquait la monnaie , ne pouvait-il pas le foire en Bretagne puisqu'il y possédait des terres conquises?
Le goût de l'épigraphique s'emparant des Gaulois , ils multipliaient et variaient leurs légendes de différentes manières , et les inventions, à ce sujet, se succédaient rapidement.
Dans le nombre des monnaies inscrites, il y en a la moitié qui a l'inscription de deux c6tés.
Solima, Remo, Roveca , Mantubin, Arda ont eu leur dénomination répétée de chaque côté ; Ninnos, Abudos, Biatec, Yiros, Dubnorex, Q. Doci , Togirix ou Toc, Épenos aimaient aussi à répéter leur nom de chaque côté. Jusqu'aujourd'hui, on a donc retrouvé treize exemples de cette répétition au revers, de ce qui est inscrit à l'avers.
Cisiambos, Lixovio. Nous rangeons ci à côté la liste des mieux
auS'r^oT ««"""« ' <I«\ plaçant <»'"" «ôté leur propre
Turoca, Virodu. nom , mettaient au revers la dénomination
AîSt^rb^"'* ^^ *^ localité, ou leur propre nationalité spé^
Donnus , ) ciale. On n'a que deux exemples jusqu'à ce
Dubnorex I ^"'"■*'°' J^"^» ^'^^ peuple à dcux noms, marquantes
Caiedu, s'enodon. ^®"^ ^^es de la monnaie, l'un AVLIRCO,
Suticos \ ^"**^"' EBVROVICO (564) î et l'autre dans la Nar-
'*'°'' f Ratumacos. bonnaise VOLCAE , AREC (665j.
Eraios, Udicaa. Enfin, le loquace Vergobret de Lixovio ,
(563) Cœ.ar. H, 4, IV, 6, IV, 23.
(564) Bouleroue, Dom Marlin, 1. II, Mionnet, Conbr. 377,
(565) De Lagoy, Conbr., 610.
. . nous prévient que des chefs portaient et
clrkiM, '( Aiîriin. inscriraient sur leur monnaie leur dou-
'A^dUt, J jjje nom : lui mtoe CisianAas Catim; le»
Cantoi^* ) " ^^^'' autres les distribuaient sur les deux feces de
Triccoi, j TuroDos. ^ monnaie , comne ont foit l'helvétien Or-
Q^Boci I ^*n^°o*- jfelim Coios^^ le pictave Judios Durât , son
CaUtix , Cossîo. oaUègue, /Wn» rogtrix , et le chef ou foi AesAdietuaiD,Sotioia. dea Gamutes TVi^ilûM EA>6«r«ow§.
Ce dinuier obtint le pouvoir suprême dans son État par la gràoe du conquérant, en eonsiééralion des services qu*il avait rendus, et de ses ancêtres qui possédaient ce pouvoir (566). Cest dolic une explication trés^ingénieuse , que de retrouver dans Elkè8ovtx, un de ses ancêtres, le nom du fondateur de la dynastie o«i de ses prétenticms à la royauté(567). Quand on remarqué un brouEC inscrit des deux côtés du nom de 'EkKscrcoui^ ( 568 ) , on peut dire que Tasgittios ne le fit qu'en commémoration du chef de sa dynastie , et dans le but de Thonorer. Blkesovix est évidenunent le nom d'une personne, comme Vindû\)ix CsSt le nom du roi des Unelles, voisins des Garnutes (569). Une reste aucune incertitude à ce sujet, Tasgiitios le fit inscrire en grec suivant l'antique usage qui, dans les affaires publiques, autorisait récriture grecque. Le hasard a voulu seulement que le nom dTlkesovix, analogue à celui du midi de la Celtique, Ifilkovesi , offrit une consonnance frappante avec des termes de la langue grecque , qui désignent la violence, l'attentat. Vu* surpation (S^o).