Inscriptions des médaillons inexpliqnés
Des caractères extraordinaires nous ont refoulé vers le midi, et les inscriptions des médaillons en argent , des didrachmes , tètradrachmes qui vont arrêter notre attention, semblent nous reporter vers la même partie de la Celtique. Cependant il n'y a rien de plus obscur dans Fépigraphique monétaire que les inscriptions des médaillons : elles sont ou illisibles , ou inexpliquées, incompréhensibles ; leur quantité , il est vrai , n'est pas trop considérable, mais elle est assez nombreuse en proportion du nombre de légendes, aptes à Texplication, lequel se réduit à trois ou quatre exemples, encore on n'y est pas tout à fait dans la certitude désirée. Si nous les acceptions même tous pour les noms des chefs , nous ne nous en tirerions pas mieux. Ces inscriptions sont presque toutes en caractère latin. Comme les médaillons sont ordinairement plus anciens que le menu argent si riche en inscriptions, il est probable que les inscriptions de médaillons, offrent la transition du caractère grec au caractère latin, et que Vincompréhensibilité résulte de la confusions.
EAPIAIn (Gonb., 467).
BVSVouBVSSV(pl. ni, U). (Conb., 395).
SOBBOVOAAT. HV (Conb. , »69).
lOIVRIX (Conb., 494).
LN ORVIABIR (Conb., 501).
h lOAAIOS (pi. m, 13) (645).
BJATEC (pi. I, 5; III 15).
HCCAIO ou ECCÂIO ou EICCAIO (646).
SVICCA ou SVISSA (Co^b., 577).
NONNOC ou SONNON (Conb., 520, 574).
ATTA ou ATIA (pi. I, 12,111, U). (Conb., 375).
COCESTIVS (pi. VII, 38). (Conb., 421).
CONGE (ci-dessous page 281). (Conb., 427).
ADKASATI ou ADNMATI (pi. III, 12). (Conb., 3i8.)
Une seule pièce 'ËAp/A/co, Elrilio, nous offre une inscription en lettres indubitablement grecques ; son coin est caractérisé par un oiseau ayant la tête d'une femme. Ce coin se retrouve aussi sur des pièces muettes (647).
Bmu , pèse 328 grains , a aussi des coins moins fréquents :
(645) Médaillon coulé dont j'ai eu deux exemplaires pesant , Tun de 361 1/6 grains qui appartient à M. Serrure; Taulre de 324, à M. Meynaerts.
(646) In barbaris tetradrachmift apud Neuman, pop., n« I, p, 143.
(647) Conbr., 101.
uu griffon, ou un quadrupède à tête d'une femme (pi. III, 14). On a des pièces en or et en cuivre qui offrent le griffon, et prétendent à une certaine antiquité. On a une pièce en argent au griffon de EVOIRIX (648). Cet Evoirix serait-il le même que Joiurix qui fabriquait son médaillon à l'empreinte d'un lion? il faut voir, comparer et juger. Le lion reporte la monnaie vers le midi.
SobbuoUi est aussi à un lion et à deux tètes accolées. HPOII- LAOS sur lequel nous avons discuté (649}, offre le même coin. Sortent-ils tous deux du même atelier? il faut voir, comparer et juger (65o). Parleur coin et par leur inscription , ils se rattachent à la Narbonnaise, plus grécisante, plus tôt romanisante.
Znorvtar... est un non-sens. Ce médaillon et tous les suivants , offrent l'empreinte d'un cavalier , commune i tant de médaillons muets. Je ne puis rien tirer de l'épigraphe dont la fin donne... oAA/o« (pi. III, 18); ces médaillons sont coulés, l'un est plus lourd que l'autre, et pèse S61 1/6 grains , Fautre S94 grains de la tétradrachme ordinaire.
Biatec (pi. I, 5; III, 15) a soulevé depuis bien longtemps des discussions animées, et on n'a rien proposé de satisfaisant (65i). Son poids est ordinaire à la tétradrachme (3â0, 824 grains). U en existe plusieurs variétés; leurs tètes accolées sont analogues aux tètes de Sobbovolli et Eromilaos ; le grènetis de plusieurs, cintré
(648) Gonbr., 475.
(649) Ci-dessus, chap. U2; Coobr., 487.
(650) SefifitvKKt^ ru. offre évidemment une défiguration de l'orthographe; cependant elle n^anëantit peint l'origine grecque : cv/Aficvxi , conseil , sénat ; 9vfâ.,9whei (subbulos), conseiller; /0»vXiv7«^itr, la cour. — Cela rappelle Senodon, considéré pour conseil, sénat. — S. C des Romains.
(65i) BIA. BIATEC, thés. sel. num. ant Wildiani, tab. II, 63, p. 91, sd Messeniam Peloponnesi retulit éditer, cum Harduino, oper. sel., p. 34 ; Begerus autemthes. Brand, I. p.' 522, in Biatia Hispaniœ urbe eum fuisse curam arbitratur. Cujus generis très protulit Gusseme, II, p. 393 , 394, unus eorum depictus in mus. Pembroc, II, tab. VII, 4 ; flatus ad denariomm gentis Fufiae modum (Rasche lexic). — En 1771 , on a exhumé en Bohème, beaucoup de petites pièces eu or, un peu convexes, offrant des traits confus. Nous donnons quelques exemples de ces pièces ci-après dans le chap. 154. Sur une de ces pièces, déposée au musée impérial de Vienne, on a cru déchiffrer BIAT. Adaucte Voigt s'en est occupé. Schreiben an einem Freind,Prag, IT^L Beschreib. derBômischen Mûntzen, 1. 1, p. 47, 63,235.£sa<ec futalors appelé à concourir aux honneurs de la discussion. Neumann, num. pop. pars I, l^i lui assigna la domination, en Peonie, Moesie ou quelque pays limitrophe.— Conbrouse admit Biatec au nombre des médailles gauloises.
ou formé de petits croissants , se remarque aussi sur ..ioUios. Quant aux chevaux galopants , avec cavaliers, je ne sais à quelle race les attacher. Ils ne sont pas le produit de la difformité trèsordinaire aux chevaux des médaillons , mais le fruit de la forloation inconstante de l'artiste , qui inventait ou imitait des modèles étrangers. La branche que le cavalier tient sur certaines pièces, à deux feuOles et une fleur, est assez caractéristique, et peut-être ramènera les investigateurs à des combinaisons heureuses , qui rattacheront à quelque canton , ce Biatec , dont le nom n'est pas historique , qui décore cependant un assez grand nombre de monuments monétaires. Il est encore douteux qu'il appartienne à la Celtique , mais avant qu'on lui assigne un autre pays, on ne peut pas lui refuser l'hospitalité dans la Gaule, quand il est fréquent dans les médailliers en France , et offre dans son coin quelques analogies , bien que faibles , avec des médaillons réputés gaulois.
La même incertitude plane sur des tétradrachmes assez communes de JEccaio ou Eiecaio , sans qu'on sache au juste s'il faut lire £kkaio ou Essaie (65a). Cette légende en a d'autres analogues sur des pièces gauloises en bronze (653).