Époque de Tépigraphique des médaillons
Suissa se distingue de ce que son coin au cavalier, n'a pas de tète à l'avers , mais un cheval , ou un bélier : le bélier le reporterait au sud.
Nous avons déjà comparé Nonnos avec les médailles de Ninnos, Nennos, Nonnos, en les référant à Maus, à Nimes, ville de Nennise (654).
Mta (pi. 1 , 12 ; III , 11) , se présente constamment en quatre lettres, sur des pièces assez fréquentes de différents poids, et de nombreuses variétés , ce qui prouve que l'atelier d'Atta fut trèsactif. Les deux exemplaires que ma bonne fortune, et la complaisance empressée des amateurs, ont confiés à mes études,en donnentune idée suffisante. Elles pèsent, une âO^grains, l'autre 182, leurs empreintes peu attrayantes , sont différentes : celle de la
(653) Il semble que la pièce EGCAIS-AR dans le catai. de Conbr., 461 bis, est la même que celles énumérées par Neuman.
(653) CCA10S, Conbr., 412. — Une semblable légende se fait voir sur certaines pièces bretonnes en argent ECEAI (pi. VIII, 55, 56).
(65^) Voyei , chap. 66.
première éminemment grecque, par son trident placé sous le cavalier au javelot , se relate aux côtes de la mer ; Tautre , plus grossière, et cependant plus récente par ses disques, .se raj^roche à l'époque romaine. Les cavaliers des deux pièces , sont des gaulois , armés de javelot, matara , montés sur diflEërents dievaux : celui du premier parait plutôt imiter le cheval grec, odoi de l'autre est de la race ratatinée des Yolks. Tout porte à croife que ces médaillons sont des Attacins, où ils furent frappés avtat que la capitale de ce peuple , Narbo , obtint les honneurs de colonie romaine; avant que son monnayage national périt accablé de ces honneurs . Le nom des Attacins ne figure pas daiis les événements historiques , mais il n'était point .sans oertaine renommée. Narbo devenant colonie, qui devait implanter et enraciner la nationalité latine des Romains, était aussi qualifiée de colonia Atacinorum (655), et longtemps saprès , les citoyens romains de l'origine de Narbo, sont appelés Attacins (656). Of , Narbo étant érigée en. colonie en 118, les médailles inscrites ATTA précèdent cette époque.
jidnasati nous présente un peuple. Un trident comme cdui d'Atta.. . y est quelquefois placé près de la tète; Le cavalier, la tète diadémée , et le cheval de la race volke (pi. 111, là), offrent une conformité incontestable avec les médailles Atta... Les Adnasati frappaient donc la grosse monnaie en grande quantité, car on a beaucoup de variétés de ces médaillons: et leur poids n'est pas égal , il est de 180, ou de 134 grains : cependant l'histoire ne les connaît pas. Ce n'est pas le nom d'un chef , mais celui d'un peuple, Adnasates, dont la désinence ates, sates^ se répète sans cesse en Aquitaine , et assez souvent dans la Narbonnaise , quand elle est à peine trouvable au centre et au nord (667). £n vain chercherait-on dans la géographie celtique un nom , où un d précéderait un n, un adna: ce serait peine perdue. On a dans la province , les Ëdenates ou Adanates (658) , dont le nom est assez
(655) Pompon. Mêla, II, 9.
(656) Terentius Varro narbonensii , Atacinus , ab Atace flu?io dicitur (Porpbyr. ad Horat., latyr, I, 10, 46). P. Terentiat Vatto, vioo Atace in provincia narbonenti nascttur (Hieronym. in obron. Euseb. ad 01. 174,2). H vÎTail du tempa de Jules Céaar.
(657} Atrebates, Caracatet , sont les seuls du nord.
(658) Plin.. III , 24; inscripl. ap. Durandi Piemonte cispadano antico, p. 24. Ëdenates, nujourdliui Seyne, départ, des Basses-Alpes.
analogue , mais leur identité avec les Adnasates dé médaillon , est inadmissible. Andusia présente moins d'analogie avec Adnasa, et son nom est moins connu dans lesgéograpliies(659), mais la conformité du type des Adnasates , avec celai des Attacins, et lasituation d*Anduse peu éloignée de Narbo, prouvent qu*il n*est pas impossible que les Adnasates soient les habitants d'Anduse, par une affection de Torthographe en prononciation grecque, qui changeait Némausus en Namasates, commettant maintes erreurs el déûgurations qu'elle imposait aux nationaux. Le métal blanc ne pouvait manquer à ce pays: chez les Rutènes et les Gabales, dans les Cévennes, on exploitait les mines riches en argent (660). Adnasali offre une inscription latine, qui, en admettant que ces médailles sont d'Anduse , ferait présumer qu'elles étaient frappées depuis l'invasion romaine qui arriva entre 1^0 et ISO.
La médaille inscrite Cocestius (pi. VII, 38), est d'un chef qu'on ne retrouve pas dans les narrations historiques.
La médaille inscrite Conge^ offre assurément le commencement du nom d'un chef, car il serait difficile de trouver quelque localité connue, commençant par ces deux syllabes. Nous nous rappelons que Bituit , après sa défaite , attiré perfidement dans un piège et conduit à Rome comme prisonnier , appela en 1^0 son fils Congentiacus , et pour sauver sa vie , le remit aux Romains en otage ( 661 ). Le nom de cet otage est le seul , parmi les noms gaulois relatés dans les histoires, qui offre les deux syllabes de la monnaie. 11 est probable qu'après la mort de son père qui arriva quelques années après, Congentiacus obtint la permission de retourner dans sa patrie : peut-être même que les Romains , en lui accordant leur protection , pouvaient compter sur sa soumission. Si ce retour eut lieu il n'y a rien d'impossible qu'il se permit de frapper la monnaie à son nom , qu'il y inscrivit Congé en lettres latines dont l'influence s'étendait de jour en jour dans la Narbonnaise, et avec lesquelles Congentiacus s'était familiarisé pendant son long séjour à Rome. Faisant ces coiyectures , il m'importait beaucoup de connaître les médailles de Congé, conservées dans le cabinet royal de Paris; et il m'est agréa-
(659) Inscr. ap. Menard, h«t. de Nfmes, t. ï, p. 22.
(660) Strabo, IV, f. 191.
(661) Litif epii. LXI.— Lei oodea donnent plusieurs Tariantesde nom du fits
de Bituit : Congenliatus , Congemietiacus, Congennicliacus, Congonnetiaous,
Congenatus, Coogiatiatus , Cognoncatîcus.
ble de témoigiier toutes mes diligations à M. de Longpérier qai a ea la complaisance de Eaire leur dessin , dont on voit ici une copie.
Ces médailles, attribuées à Congentiacus, arveme, détenninent la race des chevaux arremes , efflanquée , étriquée , semblable à la race éduenne , comme nous l'avons avancé (66a ). Ces médailles détenninent aussi une époque importante dans Vépîgfaphlque. Le premier et le plus ancien exemple , de l'épigraphique monétaire qui franchit les limites de la Gaule nlt^rienre , et introduisit l'écriture latine sur les frontières des Arvernes , eat donc lien vers l'an 100.
Cependant une iacerlitude, une obscurité plane sur tous les médaillons inscrits, dont on a si peu en proportion de la masse maette.Il fiant voir, confronter, étudier et ceux qui sont inscrilset ceux qui ne le sont pas,pour en tirer quelque induction. Ceux des scrutateurs qui posséderaient quelques centaines de médaillons, obtiendront , je n'en doute pas , une riche récolte pour tTùsloire de la numismatique. A mon avis, ce quelque peu d'inscriptions médaillonales, vient à l'appui de ce que nous avons uvancé, que l'épigraphiquemonétaire latine, s'installa en Gaule an moment oà la fabrication de médaillons, de tétradrachmes , de didrachmes allait finir, elle n'avait plus de temps à se développer sur les médaUlons , s'emparant senlement de quelques pièces qui furent émisesen dernier lieu , et c'est la raison pour laquelle on a si peu de médaillons inscrits. Hais il y en a moins encore des temps antérieurs,de l'époque de l'épigraphique grecque, qui s'est bornée à quelques dépendances de Massilia , à quelques points qui contractaient de pins intimes relations avec elle ; qui s'installa sur le bronze , sur la petite monuaie blanche d'oboles , sur des demidrachmes, enfin, dont le coin et l'origine partaient de Rboda, de Massalia , de l'Étrurie , de lltalie, de l'Asie: et elle n'osa s^i^é-
(669) Vay«i, ohip. 68, SI.
ÉPIGRÂPHIQUE. MZ
rer dans rintimité des grandes pièces , qui , sans se couvrir du voile mystérieux du symbolisme druidique , avaient cependant le prestige de leur origine partant du centre de la Celtique , et du coin macédonique. Il est probable que la fabrique de didrachmes ne pouvant jamais avancer vers le nord de Liger, n'a pénétré que tardivement dans les Cévennes, et que leur fabrication n'a eu lieu chez les Yolks , que peu avant Finvasion des Romains. Peut-être que les pièces qui sont inscrites des noms de Ëlrilio, de Nonnos , de Sobbovolli et ..iollios , sont antérieures à Siiissa , à plusieurs Atta.. et le reste en latin , de Bussu , des Adnasati , de Gocestius, de Congé... sont postérieures à toutes les autres. Enfin le nombre même de pièces différentes , ferait croire aussi que toute la grosse monnaie de tétradrachmes , de didrachmes , expira quelques années après la soumission de la Narbonnaise; dans ma conviction , aucune pièce à ce haut pied ne fut plus fabriquée à l'époque de l'invasion de Jules César: je ne crains point de dire , aucune.