‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 69 sur 113 · Légendes antérieures au système denariat · texte numérisé non relu

Légendes antérieures au système denariat

La fixptian de l'époque de la substitution du système denarial au drachmal, dans l'argent celtique, et le classement de la monnaie en argent et en or, par sa pesanteur, nous ramènent encore à quelques renseignements sur l'épigraphique monétaire.

Mettant de côté toute la partie épîgraphiqne de la Naii>onnaise, en se renfermant dans les Gaules ultérieures, on peut présumer avec certain fondement que plusieurs médaillons, tétradradimes, didrachmes ont effectivement essayé de se décorer de l'épigraphique , ils étaient moins religieux que le type de l'or , par conséquent plus accessibles au langage vulgaire. On en a un Congé... Gongentiacus qui vers 100, ouvre cette série présumable* peu nombreuse.

On est certain qu'une foule de chefe , dans les premières années de l'irruption de César, parmi lesquels plusieurs sont nommés par ce général romain , inscrivirent leur nom sur la monnaie , et abjurant et changeant le type national, ^eetuèrent une révolution monétaire. Cette révolution pouvait être subite, avoir lieu uniquement par suite de l'invasion et des guerres. Il y avait pour eux assez d'intervalles , de repos pour s'occuper de monnayage lucratif, et coopérer à la transmutation.

Cette supposition parait d'autant plus vraisemblable qu'on ne Gonnait ni sur l'argent , ni sur le cuivre , ni sur l'or , aucun nom de ceux que César a mentionnés , comme plus anciens, qui ont précédé son invasion : cependant il en a nommé plusieurs , CeltilluSy Moritasgus, Catamantaled , Casticus, Époredorix, Divitiacus: aucun de ceux-ci ne se retrouve sur aucune monnaie; or, on pourrait douter que l'on inscrivit Jamais la monnaie avant l'invasion.

Cependant les essais de l'épigraphique, pratiqués, selon toute probabilité , précédemment depuis quarante ans , deyiennent indubitables quand on réfléchit qu'il existe des monnaies d'Orgétorix ( de Fan 62 ) , au moins de deux ans , antérieures à l'irruption romaine. U faut donc absolument convenir gne des essais entre Congentiac et Orgétorîx ont eu lieu ; qu'As se reproduisaient parfois, surtout sur des coins nouveaux ou sur ceux qui s'empressaient d'abjurer leur mutisme ; que ces essais devenaient plus fréquents dans les dix dernières années , qu'ils devaient se retrouver sur des monuments connus, et qu'il faudrait les indiquer. Mais ces essais , bien que réitérés dans Tespace de quarante ans , évidemment étaient excessivement rares , même dans la dernière dizaine, vu la difficulté jusqu'à ce moment, insurmontable de signaler quelques exemples indubitables. Pour en retrouver quelques indices , nous allons faire la revue des trois métaux.

L'argent ouvre quelqu'espérance par le nom de Congé... Congentiacus , et quelques médaillons inexpliqués : mais bientôt refuse des renseignements ultérieurs. On ne rencontre aucun exemple de quelque demi-drachme de bon poids qui porterait une inscription, et transférerait un nom quelconque dans des années antérieures, parla pesanteur de la pièce. On n'a de noms que sur de l'argent de moindre volume, d'une pesanteur affaiblie, on n'y voit que les noms de quelques chefs contemporains de Jules César , nommément : Orgétorix , Adiétuan , Comius , Ambiorix, Litavicus, Durât.

, Le type antique du cheval conduit et androcéphale , qui se retira en Armorik, se préparant à abandonner l'or pour chercher son dernier asyle sur le potin de la péninsule armorikaîne , n'admet jamais l'épigraphique. La seule émanation de ce type transformé chez les Belgs, et gardant l'or, se montra plus accès* sible. N'offrant plus qu'un coursier libre entouré des anciennes

décorations , elle permit aux chefs belgs , à Boduoc , Catti , et Viros ; à Vocarant , Gottîna , et Lucotio , d'y inscrire leurs noms. Les noms de Boduog-nat et de Gatti-vulc, contemporains de César (en ^7 , 56) , rattachent toute cette liste dorée à la dernière époque sans aucune contradiction , d'autant plus que le coin de Gottina , de Lucotio , de Yiros , offre palpablement un caractère plus récent.

Ainsi, sur deux épreuves, sur celle de l'argent et de l'or belg, où les dates historiques et monétaires se réunissent, l'épigràphique est arrêtée à l'époque de l'invasion , et ne remonte pas plus haut. L'or, en général, fournit peu d'exemples d'inscriptions : quatorze ou quinze pièces y compris des chefs belgs. De ce nombre on a quatre chefs connus dans l'histoire et nommés par le contemporain César : outre les deux sus-mentionnés Boduognat et Cattivulc, on a Comius et Yercingétorix. GomiComi. Comf. Eppilus sont les mêmes que Gommius. Les coins de Auro (674}, de Pixtil, si c'est lui(pLyiI, 33;, sont postérieurs sans contestation. Il ne reste de l'or que les pièces inscrites : Abucato , Solima, Pauloib-Solima , qui prétendent à la priorité , à cause que leurs coins sont ceux de temps précédents , mais ces coins subirent des modifications qui ne permettent point de sortir de Tépoque (67 5). Le coursier surmonté d'un oiseau ou d'un aigle éployé qui est le coin de l'or d'Abucato, porte sur du cuivre les noms d'Abudos, de Ganos, et ce dernier est certainement postérieur. Un Pauloib réunit son nom à Solima , pour le placer sur une pièce d'or au coin de l'oiseau en profil , et le cuivre au même coin , offrant les noms de Giamilos, YUyci , ne les recommandent guère à des temps plus anciens , étant eux-mêmes associés aux postérieurs.

Reste un nombre respectable de bronze inscrit à différents coins de coursier, de pégase, de cavalier, de taureau, de lion , où peut-être on exhumera avec plus de certitude quelques inscriptions précédentes à l'invasion. Le chef rémois Atisios , se place en avant, et certes, voudrait devancer Liscus et Cisiamb. ïpîUos (pi. VII, 2j , Epenos (pi. VI, 44, 5S) ont quelque chose d ancien , qui n'est probablement que la réminiscence du passé. Brigius, Medioma, Mantubinus , se mettent en concurrence pour

(674) Mionnet, 17.

(675) Je ne puis me former aucune idée du coin de Tord'Olocaram. Conbrouse , -533.

la priorité avec liscus et Orgétorix. Tous ces rapprochements laissent peu de chances à retrouver des inscriptions assez nombreuses, de beaucoup antérieures à l'invasion de Jules César.

Ces noms que nous énnmérons sont de l'époque eUe-méme , qui devance tout au plus de quelques années la grande révolution qui menace, qui va âiranler et désoler la monnaie et toute la Celtique. C'est dans ces exemples transitoires, qu'il faut scrater la marche du type gaulois , son contact avec le type romain dont nous alloiis voir rétablissement ; qu'on peut déterminer comment l'anci^i fut atteint , infecté et amorti par le nouveauvenu; comment il lui légua quelque petit mobilier, quelques petites décorations que le ravage des temps a voulu respecter encore ; comment il obéra de quelques obligations le nonvean type étranger, qui devait les remplir dans sa courte existence. C'est ce que nous allons analyser.

J ai promis dans la note 35S de donner les figures des pièc«s trouvées tout réceaunent pr^ d'Amiens , dont le deisin m*a été communi^c par Toliligeance de M. RigoIIot. ■Lw Toici :

Toutes ces ptèces sont en cuivre et ont été déterrées dans I« vîHage de pernois à environ deux myritmètres d'iiuiens , non loin de Domnuurt, en Pontien. On y » exhumé une vingtaine d'autres pièces d'un* fabrique analogue i caUes-ci. Cet figura pourront servir f.eut-étre aux recherches ultérieures des investigateurs «pii s'occuperoat de la monnaie gauloise.

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