‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 70 sur 113 · AGE DE FER, DE DÉI>BÉDATION, DE 50 ANS, DEPUIS 60 JUSQU'A · texte numérisé non relu

AGE DE FER, DE DÉI>BÉDATION, DE 50 ANS, DEPUIS 60 JUSQU'A

Romanimtùm et exHncHon de la monnaie nàtiùnalB.

124. Commotions dans la Cellique indépendante, négligées par la politique

romaiiie ; agression des Germains.

Si ma lâche était d'écrire une histoire des Gaulois, je me trouverais obligé d'analyser les changements de l'état social , sooè tous les rapports ; de suivre la marche graduée de l'humanité , qui affaiblit le génie gaulois ; d'observer comment , par le progrès de la civilisation, les hautes classes, l'aristocratie dévenaient chaque jour plus enclines à l'influence étrangère ; comment le peuple, plus attaché à sa nationalité, à ses préventions , luttait plus obstinément contre l'invasion des éléments étrangers et contre les ahnes ennemies, se soulevait avec ardeur contre le joug imposé par le conquérant, et se rangeait sous le chef des aristecrales, ccmiptanttotijourssur leur patriotisme, et qui, affaibli par des dispositions civillsatrijces, déchiré par de petites ambitions , ne pouvait que manquer et trahir , ou mal servir la cause nationale du peuple ; continent la haine contre les Rdmaios , enveniniée par là r^itrée des Cisalpins , se refi^dit dans les cœurs des classes élevées plus portées aux impressions eivilisatHces, par l'intercession des mêmes Cisalpins, qoi se virent bientôt géoés daiis les atitiqu^ habitudes de leur àsvle patrimonial ; comment rinHuence lente Se la civilisation grecque, après avoir préparé la voie au progrès , se vit supplantée par Finâuence iialique et romaine qui iSt des prc^ès rapides , par la coopération de ces Cisalpins, et les armées des agresseurs. Toutes ces questions sont des conditions indispensables pour un historien. Certes, elles ne sont pas indiffêrentes pour la numismatique, elles arrêtent l'attention de l'investigateur qui observe la marche et le développement du type delà monnaie. Aussi je les aborde parfois autant que cela semble nécessaire à mes recherches, je m'arrête sur bien des événements, qui décident du sort de la monnaie et de la marche de son coin. S'il était utile dans les périodes précédentes, de suivre ces intimes rdations entre les

événements et la monnaie , il est d^autant plus nécessaire de ne pas les négliger dans cette dernière période , où les nombreux changements dans la monnaie produite par l'action directe des événements, se succèdent rapidement.

Depuis le traité, conclu (en lâi) entre Rome et les Éduens (676), et depuis la défaite des Arvemes (en ISl), où Bituit tomba avec son fils au pouvoir des Romains (677), la Transalpine ultérieure semblait être oubliée par la politique du Gapitole, et jouir avec sécurité de toute son indépendance , sans remarquer jusqu'à quel point sa position et son avenir s'étaient assombris.

Une portion de la Celtique était asservie à l'étranger quifaisait circuler ses légions, son aigle et ses deniers, quinaires, sesterces, as , semis , triens , emportant en triomphe des statéres , des drachmes et des prisonniers , et en les vendant par nûUiers en esclavage.

Dans la partie indépendante , la paix honorable qu'obtmrent les Arvernes, n'était qu'une humiliation aux yeux de leurs amis et de leurs adversaires. Le sort de leur chef , dont la vie dans son exil, se prolongeait, aggravait cette tâche^ et son fils Cmgentiactês, rendu à la patrie, par la grâce du sénat romain (678), en signant son nom sur la monnaie dans la langue romaine, mit à découvert l'ascendant du vainqueur. La magnanimité de Fabius fut renommée chez les Allobrogs mêmes , où des familles adoptives attestaient la confusion qui allait se consommer entre les Romains et les Gaulois , où le souvenir de Fabius grandissait à mesure que d'odieuses exactions violentaient toute la Carbonnaise. Les Arvernes se ressentirent de leur humiliation. Leur suprématie, déjà contestée par les ligues éduennes, perdit enfin ce prestige antique qui lui donnait une si haute prépondérance.

Les Éduens prirent définitivement l'empire dans les Gaules qu'ils devaient d'abord à leur propre vertu, à leur animosité

(676) Liyii epit. LXI ; Hor. III, 2.

(677) CiBsar, 1,45 jLivii epit. LXI ;VeU. Paterc., II, 10; StraboVU; PUn., VII, 50 ; Flor., III, 2 ; Valcr. Max., VI, 9, 4 ; IX, 6, 3 ; Eutrop., IV, 10 ; Gros, V, 14.

(678) Nihiliam conspicuum in triumpho quam rezipse Bituitua discoloribus in armis, arçenteoque carpento, qualis pugnayerat (Flor., III. 2). — Dceretam e«t etiam at Congentiacus, filius ejus, compreheneua, Romam mittcrelur (Liyii epit. LXI)- — Betulium (Bituttum) , Albam enatodiae causa rele- Sayit(Val.Maz.,IX,6, 3).

contre les Arvernes, aa. concours des événements déplorables de la Cisalpine, qui leur amenaient des milliers de réfugiés de leur sang, enfin, aux circonstances intérieures qui armaient la majeure partie de la Gaule en leur faveur (679}. Insubres , Segusiens, en qualité de clients, composant le même état , secondaient leurs efforts (entre 180 et lâO) ; TArmorik entière, belgue et péninsulaire , s'alliait avec eux (680) ; plusieurs autres peuples, les Biturigs mêmes embrassaient leur cause et suivaient leur étendard, leur sanglier-enseigne (pi. II, 31, 30). L'alliance en lâ8, avec un peuple aussi puissant que celui de Rome, au moment qu'ils triomphaient des Arvernes, contribua à consolider la puissance des Éduens , à leur donner un nouveau lustre qui flétrit les lauriers de la gloire , et bientôt jeta l'opprobre sur sa grandeur. Le peuple romain était l'ennemi implacable de la race gauloise. Sa concurrence en faveur de la suprématie éduenne , bien que survenue^ indirectement et par un pur hasard, ne pouvait être qu*odieuse : en effet, elle émanait des dissensions intes» tines de la Gaule, et invitait un étranger hostile et dangereux à participer aux contestations intérieures. Les Éduens se disaient frères des Romains, quand leurs clients, descendants des expulsés de la Cisalpine , rappelaient par leur présence toutes les rancunes qui animaient les Gaulois contre Rome.

Le sentiment gaulois, ulcéré sur tous les points, prit une aversion contre les Éduens. Son esprit devint phis que jamâtis irascible et traeassief ; en se révoltant contre la prédomination de6 Éduens, il ne voulait en souffrir aucune autre. Les ambitions des faibles profitaient du désordre de l'idée gauloise , s'alliant entre eux et combattant la suprématie éduenne. Cependant - celle-ci était assez puissante pour tenir tète aux orages qui allaient l'assaillir et l'accabler de toutes parts. Ses ennemis déclarés et

(679) Galiiae totias factiones esse duas, harum alterius principatum tenere Âeduoa, alterius Aryèrnos. Hi cum tantopere de potentatu inter se multos annos contenderent. Cœsar, I, 31, YI, 32. Ces nombreuses années étaient antérieures à rirruption d^ Arioviste, car de cetteépoque la lutte fut transportée entre les £daens et les Séquanais , antérieures même à ralliance avec Rome : omni tempore totius Gallicae principatum Aedni tenuissent prius étiam qùam nostram amicitiam adpetissent. Cœsar, I, 43.

(680) Aeduorum auotoritatem apud omnes Belgas quorum auxiliia at-

que opibus, siqua bella ineiderint sustentara oonsueverint. Divitiao, ap. Cbë3,, If, 4.

ses plus prochéà voisins , les Séqaanais , encouragés par les al- Uanoes de quelques peuples, sous la conduite du roi Cataman- Êàlêd, poussaient leur prétention an point de vouloir supj^nter la domination des Éduens , et se placer eux-mêmes ea chefs de la Gaule. Bans ce but ils recherchaient FalHance de Rome , qni accorda volontiers à leur roi le titre d*ami (68 1). Les Éduens, de leur cété, tenaient toujours ferme, et leur vergobret ou cewunaiidant de l'armée, Eporedorix, arrêtait les progrés des Séquaaais (vers 7S) (689).

Les Séquanais ne se trouvant pas assez forts , enveniffldient les anciennes querelles des Arvernes , et sentant que la ligue qulls avaient formée avec eux, n*était pas suffisante, appdéreni avec leur consentement, le secours de la Germanie. Un chef des Snéves, Arùm$te^ en 72 , répondit à leur appri, arrivant avec quinze mille combattants (683). Bans une bataille que les coaUsés gagnèrent sur les Éduens ^ ces derniers perdirent une grande partie de leur noblesse, de leur sénat, de leur cavalerie, et acceptèrent les conditions que les vainqueurs prescrivirent. Ils renoncèrent à la suprématie , donnèrent des étages aux Séquanais , et jurèrent de ne plus implorer les secours des Romains (684). Bésormais, il ne restait aux Éduens que leurs souvenirs et leurs prétentions.

Les Arvernes profitant un moment de leur abaissement, pensaient à rétablir leur ancienne prépondérance par le succès de leur chef CdtUlus. mais ils ne voulurent point sonftnr son ambition ; l*État le condamna et le fit périr quand il visait à la

(68f ) Penuatfet (Orgetorix) Csstico , Catamantaledis filîo sequano , cajoi pater ragnàm în Sequaiiit muliot annot ebtinuerat et aenalus popolnque ronam «niicui adpeUatiiii eral, at ragomi in eÎTitate raa occuparet qood patof antea habuerat. Casiar, T, 3. Les intrigues d'Orgétorix avaient lieu en 62; antea, au moins quelques années auparavant , Catamantaled avait dû finir tei Jours; son régne de longues années, muUorum annorum^ de vingl à vingt^sinq ans (90-67), pouvait donc avoir vu U grandeur et la chute^des Ëdueni.

(68a) Eporedorix quo duce ante adventom Cnsaria Aedni com SoqMnû bello contendernnt. Caesar, VII, 67. — Il fut fait prisonnier de goorre par Im Romain8,>n 52, plus^de vingt ans plut tard.

(663) Intellecturnm quidinvicti Germani, ezercitatissimi in armis, qni inter annot quatuordecim teotnm non ènbiasent, virtute poesent (CsBear, I, 37), dit an 68, Àrioviste : or, iijamva quatorsa ans auparavant, an 72.

(684) Cœsar, 1,31.

royaaié (686). En le condamnant, les Arvernes renoncèrent en mènote temps à la domination*

La Gaule se vit sans un peuple prédominant ] les Séquanais s'arrogeaient seuls ce droit, cependant ils devaient avant tout se dâ>arras6er des secours des Suèves. Arioviste ne cessait de demander le tiers de leur territoire à titre de salaire , canipait avec ses forces, grossissant de jour en jour dans le pays boiseux des Séquanais. Les années s'écoulèrent ainsi, et déjà il comptait 130,000 combattants, effrayant et révoltant le$ Séquanais, qui, afin de se délivrer d'un ami importun, eurent recours aux Éduens , et s*alliant avec eux , attaquèrent Arioviste. Bans la journée de Magetobriga(en6â), Arioviste, vainqueur, imposa les conditions aux deux peuples. Les otages des Éduens devaient rester chez les Séquanais, comme ils Tétaient antérieurement; en outre, les deux peuples furent obligés de donner des otages à Arioviste , et les Séquanais, de lui céder les deux tiers de leur territoire pour ses guerriers , et les Harudes qui devaient arriver d*au delà du Rhin (686). La journée de Magetobriga fut un second désastre pour les Éduens. Tout le monde se soumit à ces conditions , le seul vergobret éduen, le druide Divitiac, refusa d'adhérer à cette ignominie. Il échappe avec ses enfants à la colère d' Arioviste , passe dans la Narbonnaise, d'où il se rend à Rome pour implorer l'assistance d'un peuple (68^) , dont le sénat qualifiait souvent les Eduens de frères, issus de la même souche (688), et qui

(685) CeltiUus, prinoipatum totius Galliae obtinerat et ob eam causa m quod regnum adpetebat abeivitate erat interfectas (Caesar, VII, 2). Celtillua élait père de Vereingétoriz , qui mounit ea 46, dans la fleur de son fl|;e. Il pouvait donc avoir trente à quarante ans, et Fépoque de la TBOrt du père serait vers 70, 67.

(636) César, 1,31,44,

(687) GaBsar, 1,31 ; Cicero, de dÎTinatione. ^ Arioviste parle d*une seule bataille dans laquelle il fut vainqueur des deux peuples, et d'après le récit do Divitiac, les Éduens perdirent leur sénat, leur noblesse et leur cavalerie en deux batailles perdues : or, la victoire d'Arioviste fut la seconde perte pour les Bduena, Divitiac ne se retira de son pays qu'après eette seeonde batatlfe, quand il fallait donner des otages aux Germains. Cette affaire eut donc lien, entre les prcâ^ta d'Orgétoriz et la première défaite, entre 70 et 63. Il est cHffieile d'admettse un trop long pèlerinage de Divitiac , or , Tafiaire doit avoir eu lieu vers 65, et c*est Tannée du vergobretat de Divitiac.

(688) Aeduos fratres, consanguirieosque saepe numéro h seiiatu adpellatos. Caesar, 1, 33. — C'était entre 123 et 72.

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