‹ Type gaulois ou celtiqueChapitre 83 sur 113 · Art sous Tinfluence romaine · texte numérisé non relu

Art sous Tinfluence romaine

En observant la partie artistique sous l'influence directe de l'art romain, on ne peut pas tirer de résultats trop avantageux de cette influence. Dans la province narbonnaîse , elle n'a fait que détruire le coin et l'art massilien , sans donner aucune bonne impulsion à la monnaie autonome des peuples, elle y éta. blit la monnaie coloniale qui n'a pu jouir de réputation artistique (pi. VIII, U-16).

Je pense que tout le monde conviendra que l'influence artistique de la monnaie romaine, ne pouvait se déclarer que simultanément avec l'influence qu'exerça son coin sur le type gaulois, n est incontestable, par les observations précédentes , que l'influence du coin n'a agi que peu avant l'agression de Ce- . sar, et qu'elle n'a eu aucun effet sur le type androcéphale , du cheval conduit, et tout autre qui fut antérieur ; qu'en communiquant à l'androcéphale le collier (vers 100), et l'écriture latine au coin gaulois (Arverne, vers 100) , elle n'a rien changé dans les manières artistiques dont le progrès était remarquable. Or, elle a trouvé la partie artistique de la monnaie gauloise , trèsavancée, car dans les Gaules tout avançait ce qui concerne la civilisation intellectuelle et matérielle (866).

(866) On peut apprécier le degré du progrès anté-roraaîn de Fart gaulois sur les pièces de nos planches 1,9, 14; II, 17, 20,23, 30; 111,25.30; III, 25 31, 42; YI, 9, 11; IX, 4.

QUATRIÈME PÉRIODE, AGE DE FER. 96i

Nous arpiis remarqué quetefrogrèi dis Farf; dan^ les Gaillçs ne iMarehait pas égaleueat but txnm Id^ points ; arrivé à une certaine hauteur dans le centre, ilcomm^^ait à se rèp^nix^ à Teratour, à se eommum^iuer aux différents ateUers .r6sjtao.t en arrière, et spécialement aux ateliers qu'on allait ériger no^ivelr lement. Gomme le nombre d'ateliers se multipliait alors, çiirtof^t dans la Beigùiqne, depuis tes confins des ]S^uaaaÎ9 jusqu^anx bords de Morinie , l'art gaulois y trouvait un nouveau pluonp pour se montrer et pour développer ses capacités, d'autant plua qu'aucune règle gênante , aucune forme druidique ne l'ultravalent pins. Cette marcbe était antérieure à l'influence romaine. L'art r(«mn accourut donc avec sou intervention , m moment o l'art ganbis s'était formé, élevé et développé par ses propres forces.

Par conséquent , chaque art avait ses manières. Je ne co^es^ terai pas la supériorité du romain , parce qull était le résultat direct de l'instruction grecque et n^avaU point d'entraves contraires à l'idée de son instructeur. Hais je ne pourrai pas admette son influence salutaire sur la marche de l'art gaulois. ^ soti infloenee avait été utile et efficace à la monnaie gauloise , elle aurait dû se montrer dans des eoii;^ formés à la romaine , ou imités et servilement cc^iés ; dans des tètes casquées , dans des bifrons , dans des aigles , dans dos chevaux : maïs c'est tout le contraire. Les bifrons offrent une imitation timide ébauchée pligitèt qu'élaborée (i^. III, 19; Y, IS, 16; VI, 6, 7)* Sans égard pour cette iwHilitude de tètes casquées , qui blessent la vue par leur gr(^$ière ^éculion (pi. Ul , A9.M ; I¥, U, 86, 4044 ; VI, 69) » je n'en puis donner aucune des meilleures, qui ferait honneur i l'art rcnatain. La {dus heile luèce que j'ai vue de cette famille bâtarde, est celle de Bonnus (p}. V[, 18}. Les défauts des autres y sont atténués , mais elle ne démentit guère le vice général ^ qui stigmatise ce produit direot de l'art romain . Le nez cban j;é en une canne à pomme , l'snl déplacé , lioute la tète lenlacée dans des brins choquant la vue , la pommette ordinairepuent anéan^ lie , 4iHoique la joue soit très<élevée et bonA^ée à l'ancienne ma^ nière. Qu'on ne dise pas que ces défauts sont le fruit de premiers essais: une fois introduits par Tinfluencç romaine , à l'époque de la première irruption dé César (pi. III , 49 ; IV , S2 ; VI, 16, 17, 18 , 80) , ils dominèrent de longues années , dégradèrent l'empreinte des chevaux librement courants et des chevaux sanglés,

ravalèrent les tètes de Usk , deRimos , de Q. lkNÙ(pL 1 , 16 ; IV, 9, S5, S6 ), et se communiqaëreiit à d*aatres tètes et chevaux (pl.IV,S7vS9, 4«,49,»i).

L'aigle fat aussi ébauché en brins , cependant on y remarie une gr&oe rude qui distingue les tètes, du c6té principal (pLIV,K;V,17).

Je ne parle plus de chevaux, car f ai déjà remarqué qu*à Taspect de Tinfluence de Tart romain , les races antiques évacuaient la monnaie , et des criquets accouraient parader dans toutes les directions de la Gaule.

Pe toutes les pièces que f ai vues , celle de Tasgiit a certainement le mérite d'une bonne imitation (pL IV, 57). C'était au commencement de l'influence romaine. Quelle est donc la capacité qui pouvait produire cette bonne Imitation, si ce n'est la gauloiâCr formée préalablement sans la coopération de l'art romain. *

Je citerai encore la pièce d'Epad au coin romiain (pi. TI , 21 ), exécutée avec élégance , mais sous le rapport artistique, elle décèle un caractère gaulois , étranger au coin romain. En effet , si nous arrêtons notre attention sur les pièces de cette époque , le plus soigneusement exécutées , dont le coin ne pense pas à Suivre les règles romaines,nousy remarquons un art qui peut, sons tous les égards, rivaliser avec l'art romain.

Les tètes de Gambotré , de germanus Gom et Lidutilil , de Dubno, delmerix, de Esol-Row, de Vipotalo (pi. m, 50; IV, â5, 45; Y, 11;VI, 11, 19,20,27, 88), malgré Fimpression romaine sous laquelle elles sont fabriquées, offrent un caractère propre, national ; car l'artiste gaulois , ayant compris ce qui pouvait loi être utOe dans les façons romaines, la fusion de l'art de deux monnaies et le concours de deux manières,coopéraîent à l'amélioration de la monnaie romanisante. Cependant , Atectori , Annicoïos, Contovios, ne répondent pas aux grâces acquises par Arda* (pI.Y, 18; IX, 28, 24, 81 , 82). Je n'ai pas vu les originaux d'autres pièces pour juger la dernière perfection ; elle fit cependant des progrès, surtout en se répandant et en s'installant dans différents points, qui se trouvaient en arrière ; et en ramenant à des règles romaines; peut-être qu'elle savait même rendre la ressemblance dans les portraits (867).

(867) M. Jeuffiraio, dans tes saTanlet et ingénieuse! obserTaiions sur la monnaie de Contonos, dont il possède on eiemplaire à fleur de coin, croii y distinguer le portrait de Drusus (reyue numism., t. IV, p. 405-41 1). L*exein-

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