Divinités romaines dans le dernier coin
Quand en Asie, une famille galate acquit la prêtrise d'Artemis ou Diane , cette divinité n'avait d'autre nom que le nom grec et le romain : mais quand Diane, divinité de la chasse, emblème de la lune et de différents mystères qui faisaient plaisir aux Gaulois, trouva l'hospitalité dans la Celtique même , elle devint une divinité tutélaire des pays boiseux des Ardennes. On y érigea en son honneur des sanctuaires , des inscriptions et monuments votifs, on lui donna répithète de la localité : Ardoina , Arduinna (883). Cette synonymie fut peut-être inventée, le monnayage existant ; mais rien ne fait supposer qu'^rcta ou j^rtue de la monnaie ( pt. IX, 15, S1-S4 ), ait eu quelq^ rapport avec Diane.
(883) Q. Caesius Q, F. Claud. ÂtUianus sacerdos Deanae jérduinnec fecit. (dans l*an. 82 de Tère clirét.). — Ardoine , Camulo , lovi, Mercurio, Herculi (Teri 140). Griiter, p. 40,
Castor etPollux durent trouyer leurs ladorateurs de b(Mine heure^ car ils sont parmi les divinités tutélaires dans la Narbon* naise, dans plusieurs villes , et les nautonniers parisiens , . érigeant entre 14 et 37, un bas-relief en leur honneur , les ont confondus conjointement avec Yulcain , avec des doctrines et pratiques druidiques que le bas-relief représentait sur le même monument votif. On ne sait si Castor et Poliux eurent une synonymie celUque , on ne voit pas non plus si la dernière monnaie s^était servi de leurs images (884).
Les Romains, endoctrinant les Gaulois des objets de leur culte, recommandaient spécialement les divinités qui pouvaient être du goût des nouveaux croyants. Remarquant que les chevaux étaient les amours des indigènes, Us leur apportèrent des divinités conformes , divinités de jeux , d'étable. Selon leur doctrine communiquée aux Gaulois , le dieu Agïwn (emprunté des Grecs -'^wv), présidait aux jeux, où les courses dans Fhippodrome furent les plus importantes (885). L'hippodrome, SoXixoq, était sous la garde de Doltchenius, qui fut porté si haut , qu'on le qualifia de Zeus , ou Jove (Jupiter) , et Faigle devint son emr blême (886). Dans les étables où Ton nourrissait les chevaux du cirque, et toute sorte de bêtes de somme, la déesse Epona^ Imcùva, était constituée en gardienne (887). Ce cadeau du culte romain
(884) Voyez notre précédeat chapitre.
(885) 'A9«ri0i,d^f«< ftilàtr ^fit7/»v»r «-potc-lMlfs. Hesycb. — jéghoni deo. inscr. en Aqi&it. Oihenart, notitia utriusq. Vascon. ap. Dom Martin., t. Il, p. 368-.
(886) AflAixe;"^» i(r7r»l^9/ui0r, àvl^» xkfAiclttr. £tyniol. Riag. ; Suidas; Hesych*. A^\tx<»''*^i Zivç^Sie^h.B'^.i. Deo Dolichenio , statue trouvée en 1658, à Marseille. Dom Martin, II, 31, t. I, p. 407, pi. 16; Grufrer, p. 20.
(88") Deae Eponae^ (vers l'an 139), divinités tutélaires de Soleure en Helvétie. Gruter, p. 87, n*» 4. ^— Jurât solam Eponain , et faciès olida ad praesepia pictus. (Juvenal., VIII , 157.) — Reipicio pilae mediae , que stabuV trabes sustinebfttin ipso feremeditullio Ëponae simulacriimresideos aedicâlae, quod aecurate coroUis roseis equidem recentibus fuerat ornatum. (Apulei , niétaizi., m.) — Vos tanien non negabiset jumeuta omnia et cunctos cantherios, cum sua Epona, coli àvobis. (Tertull., apolog., 16.) — Nisi quod vos et totos asinos in stabulis, cum vestra Epona consecratis. (Tertull. ad natio^ ne»,î,2î Minut. Félix.)
• Ncmo Gloacinae aiit Eponae super astra deabus
Dat solium, quamvis olidam persolvat acerram Sacrilegisque molam manibu^ rinietur et esta.
(Prudcnlius conlra luiioiiilas.) Dom. Martin, t. lï, p. 363-3*^5.
n'oAre ancane synonymie gaakMBe : ttfeis on pourraii dire qu^îl avait son retentissement dans le coin de la dernièro monnaie ; que l'aigle de Pixtilos , encadré dans nn portiqne dialile, n'est qu'un Dolichen , que le choral, placé de la même façon snr ia monnaie de Rnipa (Riga), n'est que l'emblème d'jEfioiia , eonune jadis il était cdui de Soiimara; que la jument du soleil sç travestit en Epmia. Cette explication devient plausiUe ifaand on voit par le coin de la monnide etparles inscriptions lapidaires, que les divinités subalternes Êdsaieat plus de reAentissemmit dans les Gaules, que les grandes déités, <pie même les divinités du premier ordre rapetissaient en devenant des génies Mélaires,. des localités spéciales. BoUchen et Epona, quelque mesquine que soit la conception qu'ils offrent, entraient oûeuxdans le sens du coin national que la mère des dieux, que 4iq>in, fâre desdienx, Aépoaaédé par le génie de Rome*
La (été de Janus répandait aussi k la pensée monéfaiire, représentant la marche du temps déterminée par les ooiips célestes , manifestant la fin ou le coanmenceffient de l'aimée parcourue par le soleil et la lune ; cette téte%ure eneffst dans un canton (ambianinj, où les fourdio^s marquaient un coin éminwnmeni étoile, et dans d'autres cantons.
£n effet, la monnaie aime mieux Tâesphore, Gupidoa, Priap, Hercule , que Jupin.
Les Grecs ont partagé le monde entre les conquêtes ^ les exploits de Baochus et d'Hercule : celui-là avait la portion orieotale, celui-ci la partie occidentale (888). La Gaule n'était pas tout à fait privée du culte de Bacchus, et les Grecs de l'^ipéditien deSeleucusNicator, remarquèrent qu'un Harcale fut adoré dansllnde, quand ils virent à Mathura sur le Gange, la statue de.Vishnou, debout, tenant une massue. M^ effectivement le monde fut divisé entre ces deux déités.
Les Grecs ont persuadé aux Gaulois qu'Hercule traversa la Celtique; qu^ y tua Taurisk , se maria, y laissa une {Nrogéniture ; qu'il fut vainqueur en se servant de pierres , de cailloux du champ de Craou; qu'il y fonda Alesia, illustrée par leurs désastres récents sous Vercingétorix. (88g). Les Romains confir-
(88S) Hercules et Bacchus : dii patrii.
(889) L'expédition d'Hercule en Lyf^e, fut relatée encote par Eschyle, Prometh., solut. ap. Strab., IV. Elle changea en celle de Celtique, et un chemia parles Alpes fut l'ouTra^e d*Hercn1e, Aristot.,meteor., 11,8 ; ApoUodor., Hr
mani ces coiites, ihulti|)liai6nt son eiihe. Trois sièdes plus tard, la monnaie de Postamus, empereur escbisiveiiient de la ôaiule, honoira grand notiibrè d'Hercules. Hercule pacifére , iftvlncible , iibmôfrtel ; erymanthéen, néméen, romain , thracique, Cretois , libyque, deusonien, magusan ; en outre, il y avait en Ganile un Hercule sasanus (où satosus , caillouteux) , un krutzman (grosmaun, le grand homme). On croit que lés épithètes de deusonieâ et de magusan dérivent] de deux localités obscures de la Gaule ; quelques inscriptions lapidaires confirment cette opinion. La monnaie gauloise de Magus^ est peut-être le produit de la localité du magusan (pi. VIII, 11), mais elle n'a rien de commun avec le culte qui fut en vogue quelques siècles plus tard ^ elle n'a aucune marque qui pourrait la rattacher à cette spécialité d'Hercule. Comme la monnaie d'Arda , cdle de Magus , n'a aucun rapport avec Diane et Hercule; elles n'offrent que deux localités , où le culte spécial de Diane et d'Hercule s'installant , distingua une Diane ardaine, un Hercule magusan , par la dénomination topique. Ce n'est que la monnaie de Sequ^ , qui démontre le progrès du nouveau culte herculéen, représentant la figure d'Hercule accompagné de Télesphore (pi, YIII, 5).
Cet Hercule, ces £pona, Dolichen, Agon , Janus, Castor el PoUûx, êtres de second ordre, s'introduisent et s'installent dans les Gaules, indépendamment du langage liturgique des indigènes, fraternisent et s'entremêlent avec le culte national, comme ces colonies militaires qui augmentaient le nombre de villes considérables. Diane était de ce nombre, car on ne sait pas si elle avait quelque indigène qui la précédât , si c'était la lune , la chasse ou la forêt.
149* Fusions des êtres divins des Gaulois, avec les idoles romaines.
De tous les dieux dîonymes ou polyonymes de la haute classe , romains ou romanisés , Apollon Belen seul eut très-longtemps des druides pour prêtres^ et jamais ne fut réduit à la qualité de
ft, 9 ; Timigeii. àp, AiÉiii. Mtro., XV , 10 ; Dionyï Halie., Ant^ I, 41 ; Diod. Sic., IV, 19; Liv. V, «, 4) Sirtdio, IV , p. 183; Trog. Pomp., ap. Juat , XXIV, 4, Corneh Nep. in Annib. 3 ;|Mela, IJ, 5; Plia*, III, 11, 21 « 24; Oalen., VI, epid., i. V, p. 454 ; Theon in Arat., p. 12^ édit. MotalL ; Eus- Utà. adDionyi. perieg. 76 ; ^nim adLycophr., 1312. -«Les enfanta d'Her>> cale, fondation d'Alesia, Diod. Sic, IV> 19; Steph. Bya.Toee Ni^tuiv0-»i; Amifi. Marc., XV, 10.
divinité locale. On : lui construisit des temples plus célèbres, dans la Celtique et à Tétranger ; on lui éleva des monuments votife , * et toujours il resta à sa hauteur. On lui donna les épithètes de magwm {maga, maguiy nourrir, nonrrisseur) ; tuitorix {teuty peuple, chef de la nation); grannus (890), épithètesgui dénotent ses attributions. Dans le pays de Baîocasses où les druides lui rendirent le plus longtemps le service du sacerdoce (891 ) il y avait une ville, Grannonum, homonyme de son épithète grannus (8ga). Mais Fépithète grann^ signifie Bden chevelu (greennach, longue chevelure ; grannawer, grancoyn, belle chevelure), épithète qu'on donnait à toute la Gaule ultérieure et qu'on voudrait peut-être retrouver dans la chevelure rebroussée de la monnaie armorikaine(893).
Tous les autres dieux romains de la première classe qui ont eu des dénominations celtiques, ou qui n'en avaient pas^ sont réduits au rang de divinités topiques et multipliés comme génies ttttélaires. Pluto est andecamulensis ; Mercurius est arvemus ;
Mars Camul est segomonus, vinclus, britovius, veromanduensis, arvernus, segusinus'A/sifç. Mercure n'a pas de dénominations celtiques, il est appelé par les écrivains romains Tentâtes (894) et ses épithètes sont toutes latiiies, et dénotent sa profession, son métier : nundinator, negotiator, redux, postversus (895).
(690) Echird , de AppoUiae granno ; Mone, t. If, p. 345, apnd Schaye«, PaysBu, 1. 1, p. 120.
(891) Beleni druidae: Ausoii.,de profess. burdegal. carm. 4, 5, 10. Vers la fin du IV e siècle de l'ère chrétienne, vers Tannée. 380. — La signification de Belany est selon Dom Martin, blond; selon Johanneau, gïohe ; boulé,
(893) In littore saxonico, notit. imperii. Selon Sanson , Granyille chex les
Unelles ; selon Yalèse, p. 236, Guerraude près de Nantes ; selon La Barre,
Mém. de TAcad. des inscr., t. VIII, p. 419, la Crenan, entre Brest et Qnimper;
selon d*AnvilIe, not., p. 359, Port-en-Bessin , dans le pays des Baîocasses ;
cependant sa carte marque de ce nom , Granville, chez les XTnelles.
'(893) On a voulu qualifier ces têtes du nom de la déesse OnwMPa , a cause que ces tètes sont entourées de festons qui ressemblent à des serpents. — Scaliger a parlé d'Onuava, divinité gauloise, Dom Martin (VI, 21), discote longuement sur les serpents qui devaient entourer sa tète. Dana cette discuisioD il faudrait abstraire tout ce qui est pris à l*appui de ses assertions, du temple octogone de Mont-Morillon , car il est un monument du moyen àge«
(894) Ltvius, XXVI, 44; Taciti, Germ. 9 ; Luoani pharaaliu I, 445; Lactant divin, inst. I, 21 ; Minuc. Félix. 30'. •— On sait que Teutate» fut^ rOrient, affilié a la mythologie gréco -romaine.
(896) Artaïos, Cissonius, épithètes orientales.
Ibrs se trouve honoré des épithètes celtiques quand il est qualifié de frébieiM»dr (806), de guerrier terrible. Il est Kars oîlof^dius (vlatos) , "Apifq 0 JAa^, Mars funeste , meurtrier , terrible , ce qui est l'épithète grecque répondant au précédent celtique (899) : la grecque offire une bomonymie, une consonnance avec f%- ^oê (898) ; et l'épithète grecque olhidios , ôKkouStoç, ne présente rien d'extraordinaire , lorsque Mars est appelé en grec 'A^^ sur la monnaie ségusine (pi. YIII, 5) (899).
On connaît la marche que prenait la croyance et la mythologie romaine. Elle dégradait les dieux, multipliait leur nombre, divisant leur unité et leur totalité en parcelles déterminées par des épithètes spéciales, travertissant en génies, en esprits , personnifiant et déifiant les qualités , les hommes , les lieux : une Vénus victrix, un Mars pacator ou pacifer, une fâicité, une sécurité , une liberté restituée » étaient ces créatures incohérentes , mensongères qui peuplaient le collège divin de l'Empire. Les Gaulois adhérant aux opinions étrangères, aux doctrines contraires à leur dogme, exagéraient leur effet. Ils devenaient plus polythéistes que les Rcunains , ils déchiraient chaque divinité en de plus nombreuses portions, ils inventaient plus de génies, d'esprits, de divinités topiques , parce qu'ils accordaient l'hospitalité
(896) Camden cite troii inscriptioni lapidaires : deo Btlaiu cadra lib, voium fecii /o/tts(p. 626) ; Bêlaiucadro J. ^l. Cwilis opi. v. s. l. m, (p. 634) ; deo aancto Belatucadro AureUua dia tova {Itetl^v av7ev) ara, e. x. voioposuii II, mm. (p. 638), fans que le nom de Mars s'y trouTe. Cependant une inscription a dû étfe treuTée en Ànsletorre, partant Marii hela tu cadro. Johanneaa explique cette épHbéte èel-atù^adr , globe •(aoleii) toiyours fort; de Sauicy propose fiaA ou flaitk'Cader^ héros ou guerrier, terrible , puissant ou victorieux , car coder y en bas-bceton, veut dire tout cela. Les inscriptions lapidaires donnent Tépithète de cadr à d^autres divinités; an deo Mogonti cad; au deo Movnù ead, (Camd., p. 062) ; il n^y a donc rien dlmprobable que le puissant Bel mnài auasi cette épifhète, eomue les «otrei.
{^^ FigiliaMeHa Maseoê flia Marti OUmêdio. Spon. miscel., p. 97. Dom Martin, Y, 4, t. II, p. 229. — L'orthographe à*oUoudius fait croire que Pépithète grecque **xx«vX<«$,est écrite en lettres latines. avA«$, lixi^i o£ao«(, ôxtK ôxéi'oç, êk*it%Çf épithètes homériques et hésiodiques, de 'Ap«ff.
(898) M. de Sauicy, cherchant son étymologie, voit dans yiatos, un héros ou guerrier , blai ou fiai de Tidiome celtique , épithète de Mars ; et dans ateuiaf at-vlaiy ceini qui appartient à VIat,qaâ s'est voué à fUt, et qui edorait par excellence le dieu Mars.
(899) Cososodeo Marti, inscrip. in Leproso vico in finibus Biturigum. — Heurtenr, qui se cosse ; riche, cossu.
à toutes les inventions romaines et greccpies , et leur propre idiome contribua immensément à en créer une quantité plus considérable, conformément à la marche de l'esprit humain de ces sièdes. Rome déifiée formait un seul génie tutélaire, chez les Gaulois, llndividnalitéque le jougn'avait pas extirpée, personnifia et déifia des villes telles que Némausus, Burdegala, Bibracté,Borvon, Vesumia,yasion, Aventia, et une foule de localités, de montagnes, Penin, Voseg; de forêts, Ardaina, qui prirent une place éminente dans le cercle de FOlympe , comme génies tutélaires» comme
divinités topiques.
Sironpouvaitcompreodrecejargonrel^[îeux[formédulatin,da grec, du celtique, du basque etdu germain, peut-être pourrait-on comprendre et débrouiller cette confusion croissante; on assignerait une juste valeur à Bulovius (JbuAoç, JiouAoâ), à celui qui réduit en esclavage), Nehalennia {véa ijvyj^ ou véa crsk^yj nouvelle lune), Volian ou Boulian {fiouXri , conseil),*Boccus {fiacKxo^^ Bocnrdi Monas, Verjugodumn,Moristasg,Esus,Taran (tonnerre, foudre), Saranic, Cambona (combattant), Solimara (gardienne du soleil, ou jument), et à une multitude d'autres. On reconnaîtrait ce qui était local , ou commun et généralement répandu , comme Tétait Taran , quoiqu'on ne le trouve nulle part que dans un poète ; comme devait être Solimara, consonnante avec la dénomination de la ville de Solimariaca.
En Asie, les Galates, comme on le voit par l'exemple de l'impie Brogitar , participaient au culte de la mère des dieux. Les Romains ne discontinuaient pas de l'adorer, et quoique tant de pays partageassent cette vénération, cependant aucun monument n'a décelé si cette déesse était connue dans la Celtique. Mais les mères, dans leur pluralité, comme protectrices et bienfaitrices des localités ou des actions , connues dans les autres pays, appelées matreSy maires , matrones y sont glorifiées dans plusieurs cantons rapprochés du Rhin ( 900 ). On les voit sur des monum^ts des
(900) Les inscriptions offrent leurs différentes éptthètes. Matribus Gallaicis, dans la Galiee en Espagne : Deabus Mairabus, à Mets.
Bivinae dis Mairabus, à Mets. ^ Matronîs VacalUnehis, à Juliers.
Matronis Aufanibus, à Nimégue.
Matribus Mopatibus, à Niroègue.
Junonibus Cabiabus, à Cologne.
Hédio-malriks, au nombre de trois. L'allasion de leur nom au nom du peuple, les a portées eertainemenjt à la vénération spéciale dans ce pays ( 901 ). Si on les voyait au nombre de trois sur la monnaie médio-matrike, comme on les voit sur le bas-relirf^on dirait qu'elles sont l'emblème de la ligue rémoise (VII^IO); on penserait que le bas-relief représente par leur figure les trois Gaules , dont on retrouve les tètes sur des médailles de Galba (902)» La première supposition n'est pas admissible /depuis que les ligues ne pouvaient plus exister sous l'empire romain ; l'autre » aurait eu quelque apparence , les trois Gaules étant réellement souimses et personnifiées: si la confusion des mères avec Juno* nés , et les épithètes vacallinehae, mopates, gabies , aufanes, ne s'y opposaient et ne renvoyaient ces matrones dans la foule de ces créatures célestes, qui comptaient dans leur cercle, gf and nombre de Junons.
A chaque pas , on remarque cette marche de la croyance gauloise , conforme à celle qui lui a donné la première impulsion, à la marche de la croyance romaine. Or, il faut absolument conclure qu'antérieurement tout était contraire à cette impulsion; que les Gaulois, si empressés avec le progrès du temps, à admpttre et à inventer une multitude de dieux , à créer les divinités topiques, à augmenter le polythéisme ; antérieurement combattant les dieux étrangers , leur idolâtrie , suivaient d'autres principes, tout à fait différents, contraires, druidiques, en un mot, qui n'admettaient ni idoles , ni la pluralité des dieux , ni les divinités topiques. Qu'on me pardonne ces fréquentes répétitions de tant de particularités qui ont été discutées dans quelques articles précédents , leur récapitulation démontre Teffet qu'elles avaient sur cette monnaie qui allait à sa fin ; leur nature ia-
MationU Gabiabus (Spon. mise, p. 106)^.
MatiibusPanooniorumet Dalmatiarum. (G rater, p. 25.). Dois Matribus en Ang^elerre (Camden, p. 615). (Dom Martin, IV,chap. 23, et aitivauts).
(901) Le jésuite Ménétrier, hist. consulaire de Lyon , p. 128, 129, avaft d'abord proposé TexpUcation des trois mères par les trois Gaules.
(^a) Il semble que le même cas se présente avec le nom de Metz comme avec celui de Soulosse. Soulosse s'appelait Soli-mariaca ; Metz ou Mettis, s'appelait Medio-matrici» L'un et l'autre ont perdu leur seconde moitié , mariaca et matrici ; il ne leur reste que Soli, Soulosse, Medio, Mettis , ainsi que Metz est prÎTédes mères.
compatible avec le droidisnie ; l^tilHé enfin pour les nmaîsmatistes de les observer dans te sens inverse , rdalirement aa type antique; qui! convient d^appUqner j^lôt Bégativemenl an type andqne ce qa'eDes en disent afEraativenient; qaW risque moins en soutenant quH n'y avait pas dans le coin ancien de divinités topiques , de divinités conformes au pcdythélsme giec, que d^anoncer le contraire.