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Coopération grecque, mystères

La coopération grecque n'était pas pour rien, dans la marche de tant dliérésies. Anciennement elle avait donné initiative, en communiquant à certaines fapûlles , les mythes et le culte de leurs idoles , surtout d'Artemis , d'Hercule , d'Apollon ; dans les derniers temps , elle endoctrinait également les Gaalols et les Romains. Les Gaulois déposant leurs haines contre les Mas»llens humiliés aussi bien qu'eux , allaient s'Instruire à Hassilla ; nonseulement les particuliers, mais les villes gauloises et leurs magistrats recherchaient et entretenaient aux firais publics, les médecins et les sophistes ( savants ) massâiens ; non-^eutement le caractère grec, depuis longtemps en usage dans toute la Gdtique , mais la langue grecque devenait familière i tel point qu'on se servait de formules grecques en rédigeant certaines conventions ( go3 ). Les Gaulois apprenant les deux langues, grecque et latine , distinguaient les deux écritures , comme le proavent les épigraphes bilingues de certaines monnaies de Solima > Roveka, Epenos ; cependant le mâange des lettres de l'alphabet des deux langues ne cessa de tourmenter la monnaie, ne TsAan* donna point jusqu'à la fin , et ne discontinua d'embrouîHer récriture et répigraphique lapidaire pendant de longs siècles.

Bans la propagande des doctrines, la langue latine se trouvait en première ligne: les dieux colonisés en Celtique portaient le» noms latins : Mars , Mercure , Pluto , Vulcain , Hercule , Diane , Minerve, Juno, matres, matronae, tutelae; les noîns de Castor et Pollux d'origine grecque, furent communs aux deux langues:

«aï ^iXfXXuraf ftfl(1ff«'«<v«9-i7*vf r«X«7«$, Sflt x«î7« «-vjhCmXami ffXA«r«9-7i y^it^Ut" *\TakaltLt^ «ai £/»• (i/9»v«f itytrltç lit r;c«X«v ivfttfi w^it Iwç 'Usmltvf '>« ^i^tyl»ç i8m« ivK «T &f /^« /uoMr, «xx« R«i htfMfltt,, vt^i^mç yw9 vwiix*'!*^ Iti/ç /ait SiiAflwi 'i «• ir»A«if xfi»N/uir^fv/tAff»i, K«^«irf^ x«f iêtJpwç. Strabo, ÏV» p. 180, 181 (273).

mais le^ appellatiom grecques^, secondant* puissamment la p'ropi^^asde, de noaveiles idées s'empressaient de se coloniser aussi ,

et une multitude d'épithètes se trouvaient en second, et s'entremêlaient aux déités latines, comme ces lettres de l'alphabet grec, qui obstruaient l'écriture latine.

L'écriture latine prit aussi Une prépondérance décisive , l'é- ][n(^phique tant monétaire que lapidaire est latine en entier , cm peut dire que, proportionnellement, celle de la monnaie offre plus d'exceptions grecques , que Tépigraphique lapidaire. Par conséquent , ces appellations grecques sont ordinairement inscrites en. lettres latines , avec les terminaisons latines qui défigurent sa dérivation , d'où résulte l'interminable incertitude de l'origine d'Arus , oUoudius , dulovius. Quand on répétait dans les chants piété zésété, il était difficile d'y reconnaitre l'expression grecque msrs ÇïîVifre, buvez et vivez ; comme il est difficile de comprendre les formules grecques de Tépigraphique. C'est en lettres latines qu'on inscrivait sur les tombeaux ISPORON. ISTILLV. pour le passage ou la fin ( au dernier tribut de la vie )^ au lieu de les inscrire en grec sla- ^âpov , slq réAo^ ( go4 ). Il était rare , mais il n'était pas sans exemples , qu'on exécutât les inscriptions latines en caractère grec ( goS ). L'intervention grecque, dans les caractères, dans la langue, dans les noms, dans les épithètes,'dans les doctrines , est toujours évidente.

Les Grecs apportaient de chez eux et de l'Orient, les mystères, les mysticités, les fables les plusraisonnées, les plus frivoles, les plus ingénieuses, les plus dégoûtantes. Grand nombre de leurs mythes, tout leur Olympe , toute leur histoire sur Hercule se Boyërext dans la langue latine : mais de nouvelles croyances , pUis récemment introduites , observaient plus longtemps la langue grecque.

Rome (en 76), reçut par les soins des Grecs , les mystères de Mithras ; elle les communiqua à la Celtique, dès que sa domina-

(go4) Monlfauc, antiq. expl., t. II, p. 192; Dom Martin, V, 7, t. II , p. 272, 273.

(905) Coinmeon en connaît une de la servante Ythphila, qui érigea une inscription latine en commémoration du martyre de la famille de Saint-Gordien. Le caractère est formé de minuscules grecques entremêlées de majuscule:* latines. En effet, le mélange des lettres latines se réduit à deux : C, Y. Roma> subterr. ; Mabillon, Dom Martin jr^4^t. T, n. 39.

lion y fat affermie. Ces mystères ne cessaient de garder les formules grecques , aussi les monuments représentant Tactlon de Mithras , conformément aux règles générales , ne obligeaient point les formules (906). C'est assurément cette science qui fournit l'épithète persanne d'artaîen à Mercure (907); elle semUe avoir son siège entre les Alpes et le Rhône. U est cependant probable que 9 se nationalisant dans la Gaule, les mystères de Sithras ne conservèrent pas toujours la langue , et eurent bientôt besoin d'être rectifiés , ayant subi des modifications corruptrices» Une monnaie de Cunobelin, roi en Bretagne , le fait présumer. Selon les mystères apportés, c'était Mithras qui tuait le taureau en le saisissant par la corne. Cette action est imitée dans une empreinte de Cunobelin , mais c'est un génie ailé qui assoaune l'animal cornu (pi. VIII, 58).

Non-seulement les apparitions des sciences mystiques sont i rechercher, mais les changements qu'elles couvraient en se naturalisant dans la Gaule. La monnaie peut encore ici fournir des indices. L'étymologie joue un rôle éminent dans ces recherches, cependant il faut avouer qu'il n'y a rien de plus incertain que cet expédient (go8). L'inscription de la Haute-borne près de Joinville , FiromaruB Istatli filins, exerça la sagacité ingénieuse de plusieurs érudits. Caylus la rapproche à sic Iskoç istillu du tombeau. Ces mots nous offrent uneconsonnance avec pixtUoSn

(906) B«f «relief mythriaque a Bourg-Saint- Andeol, prêt Viviers. Caylus , recueil III, pi. XCIII j MiUin., antiq., t. II, p. 117, pi. XXVIU,2. - A Lyon fatu kftx^t» M<^^», deus Brotontis. Caylus III, pi. XCIV, p, 342-345 ; Dom Martin, II, 32, t. I, p. 418 seq.

(907) Mercuri, Avg. ^rtosb. Marbre trouvé dans la paroisse deBéanerissint e» Daupliiné. Gruter, p. 52; Gronav., t. VII, p. 264 f Chorier , hist géa. de Daupli.,p 237; Dom Martin, II, 17; 1. 1, p. 348.— 'A/7^f x«i n^iyat x«i i^vf•9^

grand, illustre ^AfloÀu %\ *fu%ç -Koufa. ncpo-Aiç. 'Ap7a/euslt Tl%^aa.i, mTK\} «i '^Exxiirff, '\wti 7ra;.affivç àr^p^«-«v$ xaA«v0'i. Hesych.; Selden de diis syriis, p. 1 12.

(908) Nous avons vu dans différentes occasions , que très-souvent on peut fiire avec une grande facilité et une apparence extrême plusieurs dérivations très-diATérentes. On a voulu dans la IVehalennia trouver îfr« xeii fia^ la jonction de la lune ; il est non moins probable rf« c^}i^tn , nouvelle lune ; et si Ton veut diviser le nom en trois, on aura »•«, nouvelle, a\9- mer , Xnr» bacchante.— La monnaie de Vlaios-ateula est une des plus mystérieuses , et sa légende résiste plus que quelques autres, aux épreuves étymologiques. Si Ton voulait y trouver du gtec,^ on peut avoir vx^nf materietas, ipsa materia fsbric», dans la langue de Mercure trismeg'<8te ; a7l^fl(», imperfectio.

Le nombre des empreintes variées de la monnaie inscrite pixHlos, étant, quant à sa quantité considérable, tout à fait extraordinaire dans la numismatique gauloise, ferait croire que ces mots ne sont pas le nom d'une personne, mais qu'ils cache une expression mystérieuse qui pourrait être éclair cie par une explication étymologique. Les mystères d'Eleusis existant encore , on pourrait supposer que leurs secrets pénétrèrent dans la Gaule, et communiquèrent les paroles Koy^ o/x sr^, terminant leurs cérémonies. Ces paroles avaient leur origine dans llnde, et pouvaient être connues au dehors ; le dernier mot pax se latinisa et se perpétua. Or, il est évident que le mot pix-tihsesi mystérieux , et clôt la monnaie gauloise ^rà^-JsAo^.

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