Suppression delà monnaie nationale
Agrippa donnant en 20 des conseils à son maître, à l'effet d'organiser l'empire et d'y établir un calme fixe , conseilla entre autres conditions , d'abolir partout la monnaie, d'introduire partout les mêmes mesures, poids et monnaies^ et de fabriquer cette dernière uniquement à Rome et au coin romain (909). Auguste adhéra à ce conseil, et prit toutes les mesures possibles pour l'appliquer à l'occident , dont les inquiétudes menaçaient plus le repos. Il fallait en 29 réprimer les soulèvements des Aquitains et des Belgs. Messala Gorvinus obtint les honneurs du triomphe pour la pacification de la Gaule (910).
Auguste lui-même se rendit ensuite en Gaule en 27 , afin d'y établir un nouvel ordre, portant en soi la destruction de l'ancien.
Il éleva dans la Narbonnaise, les temples aux dévastateurs de la Gaule : au vent Kirk, et à la clémence de Jules César (91 1); réorganisa les colonies et en établit de nouvelles ; changea les noms des anciennes cités; émancipa plusieurs villes, brisant les anciennes liaisons : Antipolis , Agatha, furent enlevées à l'antorité de Massilia, leur mère-patrie (913).
(909) Mii'7f Ji ffjkiff/MtItt n x«i fla^f4.ky S /A*lf» litA ?<{ ttlPUf «X*'*) «AXa Icti i/Atlipciç xai Ixihu xa/7f$x^i7d-«0'av. Dio Cass., LU, 30.
(910) Tibull,, ,1 8 ; Dio Gasi., LI; Appian., bell. civ., IV, p. 611.
(911) DÎTus Âugustu8 templum illi (Circio), quum in Gallia moraretur et iroTÎt et fecit. Senec. quœst., nat. Y, 1 7* Diod. Sicul., Y, 26; YitruT., arch. 1, 6, Strabo, IV, p. 182; Plin., II, 46, XVII, 2 ; Favorin., ap. Auliim Gell., II, 22 } Non. Marcel!., I. Cyrch, signifie iiToption, impétuosité. — Justiiiaeet CU' menttae Caesaris. Inscr. Forum Yoconii.*
(912) La monnaie d' Antipolis, Toyezchap. 90.
. L'organisation de la Gaule cheyelue fut aussi changée, Vancienne division ethnique fut déchirée par une division territoriale dans la direction deFouest-nord à Test. L'Aquitaine reçut une extension triplée jusqu'à la Loire ; la Belguique fat agrandie d'un tiers par l'enclavement dans ses limites, des Lingons, des Séquanais et des Helvètes. Elles furent séparées par une troisî^e section oblongue , qualifiée de Gaule lyonnaise. Les Éduens se trouvaient enfermés dans cette province. Ils c<mservaient toujours , eux seuls , l'honneur de s'appeler frères du peuple romain (91 3) ; le loup de leur dernière monnaie en était témoin (pi. VII, 9). Ils consentirent à Fémancipation des Insubres, leurs clients^ qu'Auguste déclara libres (914} (pi. VIII, 5). Auguste détacha du territoire insubre , un terrain pour la capitale des trois Gaules chevelues , qu'il constitua à Lugdunum , sur les bords du Rhodan, près de son confluent avec Arar , érigée depuis quinze ans en colonie romaine très-florissante (grS). Plusieurs villes d'ancienne renommée , c<»Eime Bratuspantium , Gergovia, sont destinées à la ruine et à l'ouMi ; d'autres sont réservées à jouer le rôle de métropole. Chez les Arvemes, !9amnetum, honoré de l'éjMthète d'Auguste, répondit à sa bonne fortune, en érigeant un temple (nemet, naomh-ait} , et uncolosseà Mercure-Auguste. Grand nombre de villes , de localités , diangentde nom; mojfti^ plaine, dtmuiUj hauteur, désignant leur emplacement , se réunirent avec les appellations de Jules , de César, d'Auguste. Peut-être qu'une de ces locsdités s'&apressant trop de se glorifier de sa nouvelle appellation , essaya de fabriquer la monnaie à l'aigle romain, inscrite A^G (pi. 11, 11). 4uguste introduit le recensement de la population et des propriétés , base d'une répartitkm uniforme de i'imp^ , qa'il augmenta conformément aux charges des autres provinces. Eiécutant le conseil d'A grippa , il fit cesser la monnaie gudoise autonome, fondant dans la capitale Lugdunum, un bétel des moa-
(91 3) Solî Gallo» fraternîtatis- nomen cum populo romano uaurpant. Ticili annal., XI, ^.
(914) Hin., IV, 33(18).
(9i5) Lvgdunum fondé. Dio Cass., XLVI, 50. Oitophon ap Plutarch. de fluni.voee. Arar. j Stobei serai., X, p. 98.— Co/onw, Seneca, ep. 91 ;Dw Cass, l. c; inscr. ap. Gruter, p. 439; Tactti, hist., I, 51.— Capitale Plin., IV, 32; Strabo, IV, p. 186; feeneca de morte Claudiî cœs. 7j D Cas8.,l. c; Am. Marcell., XV, 11; Sleph. Byi., h. t., Ptolem, geogr.. H, 8.
naies , où des pièces d'or, d'argent , étaient fabriquées pour les Gaules (gi 6).
Désormais, la monnaie nationale gauloise va cesser , et on ne peut pas admettre aucune fabrication clandestine au coin national, qui n'aurait eu de valeur dans la circulation ; on ne peut pas non plus supposer que quelque canton indépendant ait essayé une fabrication ^ qui serait tombée d'elle-même , n'ayant que le caractère d'une monnaie obsidionale.
Auguste voulant rapprocher la fusion des Gaulois avec Rome, octroya le droit de cité à des familles et des individus , avec épargne toutefois (917), et encouragea les études. Malgré le mécontentement et l'agitation, on observait que l'esprit belliqueux renonçait aux armes, prenait du goût pour l'agriculture et les sciences (918).
Auguste applaudit au progrès du culte romain ; sans toucher au druidisme, il abolit cependant la célébration des sacrifices humains, ne permettant aux fanatiques d'accomplir leurs vœux que par de petites blessures et des libations (919) ; déclarant ce culte contraire à la croyance romaine , il l'interdit aux Gaulois qui jouissaient du droit romain (920).
Malgré la cessation de la monnaie nationale, les Gaules étaient assez riches : aussi l'affranchi gaulois Licinîus, lieutenant et gouverneur, ramassa des richesses immenses par toute sorte d'extorsions. Auguste (en 16), repartit personnellement dans les Gaules pour faire justice , ou plutôt pour s'emparer du trésor et sauver le coupable.
Drusus, beau-fils de l'empereur, administrait avec plus d'adresse, n imagina d'élever Rome et Auguste en divinités tutélaires des Gaules. L'assemblée générale des États convoquée
(916) To fo/x$a^/AA ;ect/0«?1ev9-ir îr laS:^» , Il f* itfyvpwt na.i % xp»«'»"' •« 'ÎS" PwfMJMv iyt/ti fts. Strabo, lY , p. 192,
(917) Taciti, annal. HT, 40.
ItlpetfjLfAîftùt î»^n 7rpo$ iroXi7«i«s xAt y«cip^/*$. Strabo^ IV, p. 180 (273), — Jam moribus, artibus, affinitatibus nostrîs mixti, aurum et opes suas inférant, potius qnam separati habeant. Taciti, annal. XT, 24.
(919) XTt ab uUimis caedibus tempérant, ita nihilominus ubi dcvotos altaribus admovere delibant. Mêla , III, 2.
(920) Religionem druidarum apud Galles tantum civibus sub Auguste in-
terdictum, Sueton., Y, 25.
dans LugdunuBi, vota i l'unanimité un an(«I et un sacerdoce anx nouveaux dieux. L'éduen Caius Jalios Vercundarldnbius , pontife du nouveau sacerdoce des flamines aa^slales , célébra llnan^ratiou du tonple au milieu d'an immense conconrs. Sdxante peui^e» y înscrïvirent leur nom fgai). Depuis ce moment, le génie romain plana aunlessus d'innombrables génies «^ peuplaient les Gaules ; Auguste était confondu avec tontes les divinités ; partout on élevait des temples , des autels, des monuments, des inscriptions votives an divin Auguste ; il était génie, il était dieu, son nom d'Angnste équivalait à la qualificattoB de dieu : tous les génies , toutes les divinités , Apollon , Mercure, furent augustes ; Belen même ne fat pas épai^é , il devint anssi auguste (933). La monnaie coloniale de Lugdaouffl ' Copia, glorifiait le divin Auguste, elle soutenait la renommée de Tautel de soixante peuples, érigé à Auguste dieu (gfiS).
(911) Ara diii Cmarii ad conflaenlem Ararii et Khixkiii deditwU, ucei dote C. Jul. Vercundaridubio Aeduo. Lii. epit. CXXXVU ; Stnb» , IV p. 192 ; SuelDD., V, 2^ rV, 20 ) Dio Caii., LIV, 32 j JuTinal., 1, 44. SACER- DOS. ROM. ET. AVG.AD. ARAM. AD. CONFLVENTES. GrQler.p.l»: ii*lS;p. 230, n° 5; ourloiitéi de Lyon , p. 161 ; C. F.Walchii de araa / gntti lugdoDeDiii aitn, nomment, f n aclii *oo. lat Jenau , t. III, p. 204. — M. Sereriiu, M. f. fabulttor. B«in., Eau, et Auf. IIllTÎr. p«nt. ool. RaioT. Sirmon., not. ad. Sidon-, p. 69.
(933) Avyasio tacnim et ;Mia cintati Bit. Fi'v., Grutei , p. 227, d* 4 ; Mtrcvri aug. ortaïo, Grut., p. SI, n° 1 ; Mereuria augtato , Dom Martin, II, 17; Comtdarû aagiuU't, Dom Hut., t. II, p, 17&; Uittlaeiig., Grata, p. lOi;Lvi%atttIiidiaug.Jic.GnM*et,»ntiq. Nenani.; Battu aug. Chorier, rech. du antiq. de VieoDe, p. 328.
(gi3) DiicDun nii lei médaille* d'Anpute et de Tibère, au reveri de l'antel de Lyon, par F. Artaud, a Lyon, 1818, 4*.
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