MONNAYAGE GALLO-BRETOI!^ JUSQU'A 40 DE L'ÈRE CHRÉTIENNE
1^. R^tioDS entre la Bretagne et la Celtique.
Qiiûi<jpie la mooaaie autonome de$ Gaulois cessa à jajonaîs sur le coatioeat , son existence se prolongea cependant au delà de la mer, chez les Bretons, où elle trouva un asyle et une nouvelle vie pendant deux longues générations.^ Il est donc nécessaire d'y porter notre vue , car on ne termine point la description d'une tige productive , quand on néglige sa branche poussée en dehors , et quand on a l'espoir que transplantée sur un autre sol ^ elle peut encore dévoiler aux curieux quelques qualités qui ferai^it mieux connai^e sa nature.
U ne s'agit pas de combattre les chinions jetées au hasard , que la Bretagne n'avait pas de monnaie; ni de discuter si elle avait toujours les métaux pour la fabriquer ; ni disserter , comment Scipiûn et Polybe touchant la Gaulq méridionale, ne purent obtenir de renseignements satisfaisants sur la Bretagne ; ni de discerner les contradictions des commentaires de César , ou la désolaticm de Gicéron cpii déplorait la pauvi^té de cette tle : ii s'agit d'analyser et d'expliquer les monuments monétaires qu'on exhume de son sel , de les confronter avec la monnaie gauloise et les événements, et d'établir de»^ foits qui ont édàappé aux. historiens.
Ni le commerce présumable des Karthaginois dans ces parages,, ni le voyage de Pythéas(vers 840), n'introduisirent de numéraire; le voyage de ce dernier, constata seulement que les^ vagues de l'océan, infranchissables pour les Grecs, ne séparaient pas les insulaires des habitants du continent à tel point, qu'ils n'ayent eu des relations réciproques ^stre eux» Entre Bélérion, les Iles Cassitérides etVectis d'une part, et le spacieux littoral des Gaulois de l'autre , se sont maintenues des communications lentes , qui allaient devenir plus animées avec la marche de l'humanité.
Des siècles s'écoulèrent encore, et le monde civilisé n'ignorant pas l'existence de la Bretagne trilatérale , et jouissant de quel-
ques-uns de ses produits , ne savait dire ce|que folsaient ses indigènes, ni quel effet pouvait avoir sur eux. le voisinage des Gaulois , des Armorikains, et des Belgs.
Cependant on apprit ensuite, que les eaux de Focéan n'avaient pu empêcher les invasions et la colonisation de part et d'autre. Les Bretons s'assirent à l'embouchure de la Samara et de la Gauche , sur les confins des Morins , Ambiens et Atrebates (924). Be leur côté , les Atrebates et les autres Belgs , pénétrèrent dans l'intérieur de l'tle et peuplèrent les cantons au nord de File Yectis. Ils y construisirent des bourgs que les autres Bretons n'avaient pas , ils s'adonnèrent plus à l'agriculture que les anciens indigènes, et il est bon de remarquer, qu'ils avaient dans la circulation, des espèces en or et en cuivre, et des annelettes au poids réglé (gaô).
Les noms de plusieurs peuples des insulaires , Vstrim , Cenlmagni, Bibraci , Gassi , Atrebates , Belgi , attestent qu'ils étaient de la même souche que les ^Gaulois du continent , que non-seulementle commerce, mais d'autres relations'sociales et politiques, rapprochaient toujours plus intimement les riverains , séparés par l'océan.
En effet, on sait que la marine exploitait les insulaires , que ces derniers avaient un débit avantageux de leurs marchandises chez les Casses , qui demeuraient dans le voisinage des Génomaniens , aux environs de l'embouchure de Sequana, où aboutissait le négoce des Massiliens.
Les établissements des Belgs , s'effectuèrent consécutivement multipliant les liaisons qui se formaient entre les peuples et ne discontinuaient pas, quand le roi des Suessions, Divitiac, poissani
(924) Plin., IV, 31 ; confcr. id. XXV, 6; IV, 37.
(9a5) Maritima pars ab iis qui praedae ac belli inferendi causa ex BelgU transierant qui omnes fere iis nominibus cÎTitatum adpellantur quibus orti ex civitatibus eo per^eneraut et bello inlato ibi remanserunt. Hominum est iafinita multitudo, creberrimaque aedificia, fere gailicis consimilia, pecorom magnus numerus. Utuntur autem aère aut annulis ïerreis ad certum pondus ezaminatis, pro nummo. Cœsar, V, 12 ; II, 4; Mêla, III, 6. — La traduction grecque est conforme à la dernière pbrase des commentairea : x<^*<V '*
Xp8'7a<. Quelques éditions et manuscrits, donnent une intercalation déplus à ce passage : Utuntur, aut aère, aut nummo aureo , aut annulis ferreîs , ad rertum pondus examinatis, pro nummo.
CINQUIÈME PÉRIODE, BRETONNE. ' â89
sur le continent chez les Belgs , traversa l'océan , et conquit ( vers 80 ) une portion de la Bretagne (916).
Cette domination ne dura pas longtemps , mais les amitiés et les alliances devenaient plus intimes , quand Jules César arriva dans les Gaules. Un chef des Atrebates du continent , le célèbre Com^ avait alors de nombreuses connaissances chez les insulaires, et jouissait chez eux d'une certaine autorité (937).
Lorscpie César s'empara de la Belguique , les principaux des Bellovaks , se réfugièrent en Bretagne (928). Les Yenètes, soulevant contre lui la ligue armorikaine , cherchent et trouvent des secours chez les Bretons (939) , qui s'empressent de servir comme auxih'aires dans toutes les guerres des Gaulois , considérant les Romains comme leur ennemi commun (930).