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Monnaie gauloise qu*on retrouve en Angleterre

Il faut observer que Jules César, en désignant les espèces chez les Bretons, ne les signale à la rigueur que chez ceux qui s'adonnaient le plus à la culture de la terre, qui avaient des bourgs et des habitations à la manière des Gaulois , c'est-à-dire chez les Gaulois établis dans l'ile , chez les Atrebates et les Belgs insulaires qui entretenaient des relations avec leur mère-patrie du continent ; chez lesquels , les chefs des Bellovaks , trouvaient facilement un refuge certain , et l'atrebat Gom , des amis et une confiance pleine d'autorité.

César ne dit point que ces Bretons eussent febriqué leur propre monnaie, il assure seulement qu'ils usent, qu'ib se servent, utuntur, d'une monnaie réglée qui cependant pouvait être fabriquée quelque part ailleurs. £n effet, s'il dit qu'ils se servirent du cuivre , et peut-être de l'or , sans nommer spécialement la monnaie blanche , il est d'accord avec ces observations que la mèrepatrie de ces Bretons n'avait eu longtemps que l'or et le bronze, et n'introduisit l'argent qu'à l'époque de l'invasion de César. Or, il est très-naturel que ces Bretons , tiraient avant tout, leurs espèces, directement de leur ancienne patrie ; en supposant même, qu'ils les fabriquaient eux-mêmes, ils se conformaient dans leur fabrication aux règles de leur patrie du continent.

Mais sans égard à leur propre fabrication , la circulation trèsanimée des espèces belguiques , est avérée par des trouvailles continuelles, qu'on fait en Angleterre de toute sorte de monnaie belgue en grande quantité : uniface, au cheval belg, à la téta hachée, en destruction, lourdement coiffée; on y trouve les pièces de Boduognat, de Cattivolk, de Gom, deGottina.

On trouve en même temps beaucoup de pièces en or , en electrum, en potin, en argent, au coin d'androcéphale. On y remarque pour la plupart d'androcéphalesarmorikains, à chevelure

(943) «ipii h (Bpc?7«riir«) o-Zîer xat /â«o-««f«*r* , xai XP»^'* **' âùyvfer , «•«

ciinff. Strabo, IV, p. , Fert Briianaia aurum et arg;entuin et alia metallt, precium Tictoriae. Taciti Agricola 12.

CINQUIÈME PÉRIODE, BRETONNE. â93

rebroussée, androcéphales dont le corps disloqué et exténué par IsL négligence des monnayeurs , ressemble à une guêpe : mais il n'en manque pas d'autres mieux conformés, venant d'autres parties de la Gaule , d'androcéphales accompagnés non-seulement du sanglier , mais de la rondelle , de la crotte , de la main de justice ( pictayin ) , de l'ichtMornithippe ou pégase marin , du génie renversé, d'androcéphale à tête, coiffée à la Vulcain. CiCS androcéphales furent sans aucun doute, apportés par le commerce, antérieurement à la destruction de la marine des Yenètes. On ne trouve que trés-peu d'or ou d'argent au coin plus rapproché du type macédonien, char, cheval conduit , tête barbue, car cette monnaie était pour la plupart , antérieure à l'époque du commerce plus animé des Venétes.

On ne trouve pas de médaillons en argent au coin du midi de la Gaule, parce que ces médaillons ne circulaient pas dans les parties delà Celtique, qui entretenaient des communications directes avec les Bretons et perdaient leur existence dans le siècle du trafic plus animé; £n général, on ne rencontre que très-peu de la monnaie gauloise du midi de la Celtique , et presque rien de la monnaie un peu plus antérieure à l'invasion des Romains.

Les trouvailles attestent que les espèces de l'époque de l'invasion entraient dans la Bretagne. Ces espèces ne sont pas si nombreuses dans toutes les portions delà Gaule, que les espèces de la partie maritime , mais elles s'y retrouvent de toute sorte , en argent et cuivre, frappé et coulé (944)*

(944) Le tableau que je retrace des trouvailles de monnaie gauloise en Angleterre, paraîtra hypothétique fondé ou inventé sur les é vénements, et les observations que nous'avons faites dans les articles précédents de notre opuscule. En effet , je ne connais pas assez d'ouvrages anglais pour pouvoir corroborer ce que j''avance, par des citations nombreuses ou suffisantes : mais en rapprochant dans ma mémoire les notions éparses que j*ai rencontrées autrefois , j^ai pu me former ces idées, qui servirent à tracer Tétat des trouvailles. Ces idées conçues d^avance, me dirigeaient dans les observations précédentes , et si elles étaient bien conçues, elles devaient se trouver d'accord avec les événements historiques et les observations de mes recherches , ce qui est effectivement arrivé à ma grande satisfaction : elles sont en toute harmonie possible. J'ose inviter les savants investigateurs de la Grande-Bretagne, dç les prendre en considération et de confirmer par leurs connaissances profondes ce qa^en apparence je ne fais qu^avancer au hasard. C^est très-juste quand ils doutaient et ne voiflaient point attribuer Boduoc, à Baodicéa. Il serait juste de ne pas qualifier avec précipitation , d^ancient british coins , tout ce qu'on exhume en Angleterre. Yllycci, Gottina, sont des monnaies du continent

894 TÏP£ GAULOIS.

On sait que du temps de Jules César , les marchands visitaient firéquemment la c6te de la Bretagne, on pourrait donc conclure que c*est encore par les voies du trafic , que tmites ces espèces traversèrent TOcéan. Mais , si Ton réfléchit sor l'état de la Celtique, ébranlée dans toutes ses forces vitales , on conviendra , qu'il y avait d'autres chemins par lesquels les espèces sortaient de la Celtique. Les Gaulois enrôlaient des auxiliaires de la Bretagne et de la Germanie , qui , recevant lear salaire , retournaient dans leurs pays respectifs ; il y avait des incursions des Germains, qui emportaient les espèces; enfin il y eut une forte émigration dej Gaulois , tant au delà du Rhin, qu'au delà de l'Océan. Les émigrés enlevaient avec eux ce quils pouvaient de leur épargne : aussi on retrouve mainte fois au delà du Rhin, en Allemagne, des monnaies gauloises , surtout celles desBelgs.

On ne suppose pas trop les Germains d'avoir fabriqué leur propre monnaie à l'instar de celle des Gaulois. Il est probable que leur état social n'animait pas encore la circulation. Les espèces belgues en or étaient de leur goût comme or , comme trophée , comme décoration. On a exhumé en Bohème une quan~ tité considérable de pièces en or , qui ont toutes les qualités de la monnaie analogue aux unifaces (94^)*

(Akerm., namism. chronicle, t. II^p. 73, n«4 ; p. 191,. n<> 2.'— Le n» 1 da la pi. 73, est une monnaie tréa-connue en Belgique, n« 32 de notre pi. fV ). — Le bronze coulé anr lea planches III et IV de Ruding, eat presque tout entier gaulois : 61 , 62 (notre pi. 1,18), coin aanton ; 56-69 (IV, 29] , tèrrat éduen , qu*on trouTe en masse près de Naise en France; 67, 68 (pi. IX, 12, 13), sere- IrouTe prés de Sentis en France ; 69 (pi. IV, 31), tête de bœuf, fréquent dans les trouvailles en France ; 71 (pi. IV , 24) , Camul véromanduin ; 65 (pi. IV , 24), bœuf à la queue retroussée , se retrouve sur difierenta points de la France; 60 (pi. IX, 10), de même ; 70 (pi. I, 17; IX, 32) de même; 72 (pi. IV, 32) aussi.

(945) Voyez, chap. 119. — Adaucte Voigt , Schreiben an einem Frcind , Prog, 1771; Beschreib. der bomischen Mûnzen, t. I,p. 47, 63, 235.

CINQUIÈME PÉRIODE, BRETONNE. SQd

II est djfificile d'établir par quelques combinaisons plausibles, si elles sont le produit des Boïens ou si elles sont fabriquées par les Markomans auxquels les émigrés belgs auraient donné l'impulsian de fabriquer la monnaie ; ou si enfin elles sont entrées de quelque part , dans le Boïoemum.

L'effet de la monnaie et de Fémigration gauloise , est plus sensible et plus clair chez les Bretons. Dans certains cantons , leur état social ressentait chaque jour avec plus d'urgence le besoin du numéraire. Dans ces cantons le trafic et les relations des peuples aux peuples , faisaient entrer les espèces du continent. <}uand les autres insulaires se passaient de ces richesses convenues , ceux de ces cantons recherchaient chaque jour avec plus d'empressement, la monnaie , et se préparaient à la fabriquer pour leur propre compte. Les réfugiés qui cherchaient l'hospitalité chez eux leur apportaient des modèles, et chaque génération, chaque dizaine d'années , dévoilait le progrès qu'on peut déterminer par des monuments monétaires (946).

155. Druidisme en Bretagne, son influence sur le coin de la monnaie.

Depuis l'invasion des Romains , l'émigration des Gaulois se répétait à plusieurs reprises, et chaque fois prenait une extension plus reiparquable. En même temps que les chefs bellovaks cherchaient un refuge chez les Bretons, le reste des Nerviens , et bientôt les débris des Ëburons cherchaient l'hospitalité chez eux ; les Yenètes et différents Armorikains les suivirent. Après la chute de Vercingétorix et de Lucter, ce que le tranchant des Romains n'avait pu atteindre , chercha asyle en Bretagne , les malheureux braves accouraient de toute part de la Gaule (947)* Des émigrations semblables se répétaient par^nite des commotions qui agitaient la Gaule du temps d'Auguste. Il est à présumer qu'à chaque occasion , il ne manqusût pas de druides qui participaient à la retraite nationale.

(946) Je dois me reporter en général avec mes coosidérations sur la monnaie bretonne, à l'article de M. Hawkins (nuraism. chrontcle de juillet 1838 • revue numism., t. IV, p. 77 et suiv.}, avec lequel yaila grande satisfaction d^étre d'accord sous presque tous les rapports.

(94?) Dumnac; après sa défaite, se sauva au bout de la Gaule, dans des régions sauvages de rATmorik(Hii t., VIII) 31); il n'y resta pas longtemps , les Armorikains s'étant soumis.

On assurait César, que la doctrine druidique avait été apportés en Gaule de la Bretagne , que même, ceux des druides qui voulaient l'approfondir , allaient en Bretagne pour s'instruire (giS), Voilà encore une circonstance prouvant d'intimes relations du continent avec la Bretagne, inconnue aux Romains.

Avec la chute de l'indépendance, avec l'introduction d'un culte étranger et d'une doctrine ennemie du druidisme, ni les solitudes boiseuses , ni les platines arides de l'Armorik , couvertes de rocs gigantesques, ni les Iles habitées par des enchanteresses de Séna (949)) ou de furieuses Samnites, inabordables aux hommes mécontents (95o), nesufifirent plus aux mécontents druides, ils abandonnaient la Celtique asservie, et se retiraient en Bretagne, en y centralisant leur culte (95 1), et choisissant à cet effet Vile de Mona, comme résidence de leur hiérarchie (959).

La défense d'Auguste aux citoyens , de professer la doctnne druidique, et aux druides d'immoler les victimes humaines, les portaient (en 27) d'autant plus à une nouvelle organisation en dehors de la Celtique, où leur puissance et leur libre arbitre furent humiliés. Bientôt on ne sut plus au juste si les Samnites étaient en Gaule ou en Bretagne (953), et l'on vit druides, druidesses, et ces femmes furieuses, entassés dans. Tile de Mona (954).

De ce point, ils étendaient encore leur autorité , orades , sacrifices, présages, conseil, augure, ordres ; un souffle fanatique intense par tant d'adversités , partaient de là. Il serait peut-éU^

(948) Disciplina in Britanniam reperta , atque rnde in Galliam translata esse, cxistimantur, et nunc qui diligentius eam rem cognoscere Toliut, plerumque illo, dicendi causa, proficiscentur. CaBsar, YI, 13; Meta ,. 1(1, 6; Plin., XXII, 1 ; Solin. 25; Tertuli. de utt. virg. 10; Herodian. ^ III, p. 301 ; conf. Taciti annal. XIV, 30.

(949) Strabo, IV, p. 198 j Dionys. perieg., 565 ; Mêla, III, 6.

(950) Strabo, IV, p. 198 ; Dionys. perieg. 670; Priscian. perieg. 586; Ptolem., geogr. 11,8; Marc, heracl. geogr. min., t. I, p. 48 ; Steph.byL ^ Eustath. ad Dionys. per.

(951) Sed quid ego haec commemorem in arte oceanum qaoqae transgressa (magia druidarum) et a natura inane pervecta. firitannia hodieqne eam attonite célébrât. Plin., XXX, 4.

(gSa) Receptaculumperfugarum. Taciti annal. XIV, 29.

(653) Dionys. perieg. 570; 2«,«riflr7r«A/ç Bptlan'ay, Steph. byzant.

(954) Taciti annal. XIV, 30.

inconséquent de supposer que cette autorité eût sa force dans toute la Bretagne, cq)endant il est certain qu'elle s'étendai| sur cette partie, où la monnaie était fabriquée; son type devait donc se montrer conforme à leur politique.

Le monnayage national avait émigré comme les guerriers vaincus, comme les druides outragés ; il emportait le même sentiment que les patriotes , et dans son malheur il se montra d'abord plus soumis à l'autorité orthodoxe, qu'il ne l'était alors sur le continent. Par conséquent , son type sortit des ornières qu'il s'était en dernier lieu tracées sur le continent.

Entre les émigrations les plus importantes (57-51), et le règne de Gunobélin (vers l'an 40 de l'ère chrétienne) , duquel on connaît toute sorte d'espèces fabriquées à la romaine , il s'était écoulé quatre-vingt-dix ans. De cet espace de temps , l'intervalle entre la suppression en ^7 de la monnaie gauloise romanisée dans la Celtique , et la monnaie romanisée de Gunobélin, il y a encore deux générations d'à peu près soixante ans. Les trouvailles faites en Angleterre, ne nous donnent pas de quantité suffisante de monnaie au coin romanisé pour remplir tout cet espace de deux et trois générations , il faut absolument admettre, qu'il y eut un intervalle entre la monnaie romanisée en Celtique, finissant en 27 avant l'ère chrétienne, et la monnaie romanisée gallo-bretonne, naissant vers 30 de l'ère chrétienne qui sépare ces deux monnaies , et que celle des Bretons se romanisé indépendamment de l'ancienne gauloise ; que cet intervalle avait un coin différent , non-romanisé, coin druidique analogue au plus ancien type gaulois,.comme les monuments exhumés l'attestent; que par le concours des événements qui rattachent la marche sociale de la Bretagne à la Celtique, la monnaie bretonne reprit et reproduit le même caractère , la même physionomie qu'avait la monnaie gauloise du continent, et dans sa marche traversa les mêmes degrés que celle-ci.

Or, dans la période entre les émigrations et le règne de Cunobélin , période de trois générations , chacune de trente ans , trois phrases du monnayage breton se présentent , une pour chaque génération : (50 à 20) sa naissance et son adolescence in- Orme et imitatrice du type druidique ; (20 à 10 de l'ère chrétienne) son âge viril, s'efforçantà développer ses facultés et ses propres inventions; enfin (1 0 à 40), son âge avancé et une prompte décrépitude , atteinte de la contagion étrangère.

Plus elle est analogue, plus elle a de ressemUance à la monnaie du continent , d'autant plus il faut la distinguer avec attention et assiduité. Ces deux monnaies se retrouvent ensemble en Angleterre , à cause que le continent soutenait le commerce, qu'il donnait des modèles, qu'il cherchait asyle dans sa détresse, qu'il était le générateur de la monnaie insulaire.

Pour distinguer ces monnaies dans les trouvailles , nous ne nous méprendrons point , à mon avis , si nous prenons comme règle générale , que chaque monnaie exhumée en Angleteire , se retrouvant aussi sur le continent , est de la falnrique du continent ; les monnaies exhumées en Angleterre , ne se retrouvant guère dans les trouvailles du continent, sont pour la plupart de la fabrique insulaire , puisque , malgré les relations fréquentes et même très-variées , le numéraire breton n'entrait point dans la circulation du continent , d'autant moins que le coin romain de la Celtique repoussa à la fin le coin symbolique, qui , quoique défiguré, continuait à marquer la momiaie bretonne ; que la domination romaine abhorrait ces espèces druidiques, qu'elle ne voulait autrement connaître les Bretons, que subjugués. Aussi , même la monnaie romauisée de Cunobélin , est introuvable sur le continent (g55).

15G. Formation de la monnaie bretonne ; première génération , imitatrice

du coin belg (50-20).

Je ne contesterai pas qu'il n'y ait dans le nombre des mor numents monétaires , exhumés en Angleterre , quelques exemr pies de copies minutieusement exactes , de quelques coins de la Gaule : mais supposer que toutes les pièces au coin androeéphale, armorik, belg, déterrées en Angleterre , sont de la bisque bretonne , serait une erreur impardonnable. Dans cette supposition, il faudrait admettre que toute la monnaie gaolofee, à tous les coins , même de chefs du continent connus par l'histoire, fut contre-façonnée par les Bretons, parce qu'otn retrouve

(955) Ruding a donné 119 figures de monnaie considérée pour bretonne , non sans quelques doutes très-justes de sa part. De ce nombre , à naon aTÎi , on ne peut attribuer aux Bretons que les monnaies inscrites (escduant tontefuis Boduoc), et les 21 pièces muettes sous lesn»* 8 à 13, 16, 35 à 44, 5 1,92, «^* — Akerman en a donné quelques autres dans son journal numiama tique. Nous en avons choisi plusieurs , au nombre de 27 qu^on Toit pi. VIII, n<>' 24, 25,34, 36 à 59. Toutes les autres pièces de cette planche ne sont pas bretonnes ^ quoique plusieurs furent trouvées en Angleterre.

des pièces de tout ce genre en Angleterre. Assurément ce serait absurde : mais cette absurdité serait une conséquence nécessaire si ron ne voulait pas comprendre, qu'effectivement il était entré en Bretagne, infiniment plus de monnaie armorikaine et belgue que de toute autre ; que presque tout ce qu'on retrouve en Angleterre, de trop identique avec le coin belg et armorikain , est de la fabrique du continent. C'est en effet cette monnaie , que Jules César a vue dans la circulation chez les Bretons.

Il y a même bien des motifs de douter qu'à l'époque de l'irruption de Jules César, et antérieurement, une monnaie quelconque irit été fabriquée par les Bretons eux-mêmes. S'ils avaient eu leurs propres monnayeries , leur coin aurait dû se manifester, selon l'impulsion que le type gaulois lui donnait avec toutes les conséquences de la direction que tenait celui du continent qui donnait cette impulsion. Ce coin insulaire , suivant quelques empreintes gauloises , aurait pris spécialement quelques marques secondaires , comme le faisaient les cantons du continent ; aurait donné des formes spéciales aux chevaux , aurait créé quelque chose de propre, analogue à cette époque antérieure : mais on chercherait en vain ces caractères d'antériorité.

Tout ce qui se présente à l'observateur attentif dans les monuments monétaires incontestablement bretons, c'est la dégradation et la défiguration de certains coins du continent , et les inventions offrant un caractère postérieur à tous les changements survenus sur le continent ; même la défiguration en a une telle physionomie, qu'elle ne peut être que le produit de la dernière dépravation , de la dépravation qui prit son origine sur le continent et continua chez les Bretons eux-mêmes.

Nous avons déjà observé qu'un type de convention , dans sa longue existence, et dans ses fréquentes copies, s'use insensiblement i s'altère et se dégénère en une empreinte incompréhensible. Quoiqu'on ait devant les yeux des modèles plus anciens , respectés et vénérés, cependant la dépravation graduelle avance , on aime mieux copier , refaire l'empreinte la plus récente et avancer la défiguration acariâtre. Ce sort avait le type symbolique en Bretagne , quand le monnayage y fut installé ( vers 50 ).

Les Bretons , triomphants d'avoir résisté deux fois à l'invasion romaine, recevant chez eux de nombreux fugitifs du

continent , repoussèrent le coin de cette époque , entaché de connivence avec le joug imposé à la Gaule , s'attachèrent spécialement au type gaulois symbolique , tant qu'il existait encore dans son agonie. L'animosité et l'exaspération contre les Romains prédisposa les Bretons à rejeter tout ce qui était romain, ou étranger au type symbolique. L'inspiration druidique coopéra certainement à cette résolution , ils choisirent donc pour leur type quelques coins belgs qui furent plus familiers , à cause que les espèces empreintes de ces coins, avaient une circulation mieux accréditée chez eux ; ils les choisirent par prédilection pour les Belgs , parce qu'ils tiraient leur origine de cette souche. Les druides approuvèrent le choix , quoiqu'il ne tomba point sur le type du cheval androcéphale ;dans la détresse dans laquelle la cause celtique se trouvait, ils ne donnaient pas même assez de sollicitude pour soigner son exécution. Plusieurs coins belgs , dissemblables entre eux, dérivaient du symbolisme druidique, cependant, ils fléchirent déjà sous l'influence de plusieurs modifications , quand ils se virent reproduits chez les Bretons.

Cette exécution dégénérée, prit d'abord deux directions continuant la défiguration des modèles. La première fut une mauvaise et monstrueuse incapacité de copier ( pi. Ylll , 24 , 41 ) , l'autre le mode de désorganiser par système le modèle , et de le changer en un coin bizarre , symétrique rempli, de décorations ( pi. YIII, 25). La première atteignit plusieurs coins ( fluding 8 , 11-23 ) , l'autre se borna au cheval belg^ marquant le revers des unifaces et de la tète hachée ( Ruding 9 , 10 , 44 , 52 ). En distinguant cette double direction primitive, il est difficile d'admettre une exécution passable dans le copier de quelque coin continental. Les premiers essais se réduisaient encore pour la plupart à cette fabrique monstrueuse. On connaît des pièces dont la tête et le cheval sont décomposés (pi. VIII, 25) en ces trois métaux, or, argent et cuivre ( Ruding , 10, 44, 52 ) , mais certainement Taisent était excessivement rare.

Le poids de l'or, montait à 128 grains, et se rapprochait à l'ancien poids des unifaces (966), la pièce en argent pèse 100 grains, donnant le poids quadruple de monnaie blanche qu'on fbi^eait ensuite ; ou octuple de 20â grains (si la pièce est bretonne qu'on

(966) La pièce, pi. VIII, 36, si elle esl bretonne, pèse 36 grains.

volt dans Ruding numéro 48) , ce poids était analogue au poids de certaines pièces andtocéphales , qui circulaient entre les insuUdres.

157. Seconde génération , le type décoré par quelques inventions et quelques

épigraphes ( 20-0-10 ).

Des amâioràtions et certains changements avaient été sans doute introduits déjà dans le courant de la première génération du mbnnayage ; ils derraient fructifier et Caire un progrès fins ostensiUe , dans la seconde.

Le poids de l'or diminua , fot ajusté à For de Boduognat et de GattiTolk , pesant 110 grains. Ce poids se soutenait jusqu'aux dernières années du monnayage (pi. YIII, 87, 88, 48 , 50, ël)» On frappait et un quart de cette valeur, au poids de 25 grains' ( pi. YIII , 89 ). L'argent avait le poids de 25 grains, ensuite ii baissa k 38 grains. La même baisse avait lieu peu avant sur le continent ; die se communiqua aux insulaires, et caractérise la troisième génération du monnayage ( pi. YIII, 40, 52, 58 }» Dans la seconde le poids de l'argent est plutôt 25 grains (pi. YIIIi 84, 45, 46, 48).

Déjà dans la première génération , l'artiste monétaire s'efforçant d'améliorer l'empreinte , voulut introduire dans son coin grossier une certaine élégance, en le garnissant de disques nombreux , de formes cerclées , perlées. Cette manière caractérise spécialement la seconde génération , donnant Félan aux inven* tiens qui anéantissent le symbolisme , et le remplacent par des fantaisies. C'était le goût qui pullulait déjà sur le continent , avant la suppression de la monnaie nationale ; il s'établit chez les insulaires et s'enracina profondément , fécondant la monnaie de différents siècles. Le monnayage breton garnit plusieurs coins de cette façon , nommément le coin ayant un cheval au revers de la tète ( pi. YIII, 81 , 84 , 80 ) ; le coin au croissant ayant au revers un cheval ( pi. YIII, 87-89 ) ; le coin aux poissons , ayant au revers un cheval ( pi. YIII, 44 ) ; enfin les coins composés de bandes rayonnantes d'un seul point , ou formant des figures quadrangulaires (pi. YIII, 48, 45, 46), ayant toujours un cheval au revers. Ce sont spécialement les chevaux, leur tète, leurs bras, leur croupe qui sont encercelés (pi. YIII, 80, 81, 84, 86-89, 48-46), les chevaux de différentes races déterminées, mais difformes et trahissant leur origine belgue.

On chercherait en vain un cheval androcéphale façonné de cette manière , ancun n'était soumis à cette garniture , car les monuayeries bretonnes, n'ont jamais fabriqué de monnaie an coin androcéphale : si elles avaient imité ce coin, il aurait été modelé de la même façon que les chevaux.

Le coin belg , celui que le monnayage insulaire prit pour modèle , n'offrait pas beaucoup de symboles : le coin insulaire en a encore moins. U est indifférent pour le symbolisme : s'il place parfois quelque symbole dans le champ de l'empreinte , il le fait au hasard pour garnir le vide. Cependant il est bien de remarquer qu'il a placé une fois l'épée défigurée, comme elle était naguère, défigurée sur le continent par une empreinte de Pixtil (pi. Vin, 4S, comparez pi. VII, 68) (957).

Les premiers efforts du monnayage s'épuisèrent au coin muet; dans cette seconde génération , le progrès substituant d'antres manières , essaya d'introduire des épigraphes, dont on connaft quelques exemples , de EG£. £G£AI Eceai ( pi. YIU , 45 , 46 ) , Cinum ou Simon ( pi. YIII , 42 , comparez 41 ), A.O0NI Athori ou ^6ort ou A^ori (gSS) ( pi. YIII, 48), ^E^OSDYMN0 Vero^ dumno (pi. YIII, 41) (9Ô9). Ces noms sont plutôt des appellations de personnes que de localités.

La Bretagne n'avait pas 800 peuples comme la Gaule; le nombre en était très-modique , et tout petit qu'il était , il serait absurde de supposer que tous ou une grande partie aient eu leurs propres ateliers. Même on ne retrouve le nom d'aucun

(967) Relativement aux symboles , je partage ropinion d^Âkerman (numîsm. oliroiiicle, octobre 1838 ; rerae num., t. IV, p. 3l2),qui observe qu'on leur donne plus d'importance qu'ils n*enont réellement. Surtout dans le coin breton, ifs ont perdu cette valeur qu'ils avaient anciennement cbez les Gaulois du continent

(958) Gomme ELIOCÀ0I Veliocasai ; À0IDIAS Assidias , en usage dans les cantons contigus à Tembouchure de la Seine , et en Bretagne. La forme de R à petite tête, microcépbalique , connue sur les monnaies de Cricîr , de Togiriz.

(969) Akerman donne cette dernière légende de la manière NO«V^P0S- DVM, et ajoute dans la noie cette remarque: this legend bas been -varioslyinterpreted. One fond antiquary read it Voadiaio for Boadicea, wbUe another ezplained the legend tbus : / fly from the war chariots ! Pinkerton alone could bave donc justice to tbis savant (numismatic chronicle, t. II, p. 75). Il n^ a en effet que le nom de Verosdumn , comme un fils de Cunobélin , qai porte le nom analogue de Togodumn, Le peuple de la Cornouail, Dunuuni^ etc.

peuple 9 sur la monnaie qui n'était fabriquée que par quelques chefs et villes, dans des cantons limitrophes de Tamésis, comme les inscriptions de la génération suivante le prouvent suffisamment. Le monnayage était restreint à des peuples qui avaient des habitations et des bourgs ; il était chez les colonistes Gallobelgs , chez les Trinobantes qui avançaient dans la civilisation» dangereuse à l'ndépendance , qui avaient recours à ramitiè des Romains dans maintes circonstances.

158. Troisième génération, romanisante, monnaie trinobante (10-43|.

L'histoire ne nous donne que de faibles indices sur les relations qui existaient entre les Romains et les insulaires, depuis l'irruption de César jusqu'aux expéditions qui soumirent la Bretagne. On sait que le commerce ne discontinuait point avec elle. Les marchands allaient visiter ses côtes , partant également de l'embouchure de Sequana , de Liger , et de Garumna. Ceux de la Germanie se rendaient dans le port Itius , d'où ils passaient la mer pour porter aux Bretons de petites marchandises de commodité ou des décorations en ivoire , en verrerie , qu'ils échangeaient pour des objets plus avantageux (960).

Auguste avait d'autres vues que les marchands , il pensait à*anéantir l'esprit gallo-druidique par la conquête de File. Des circonstances inconnues l'arrêtèrent , et il semble qu'il reçut quelques marques de soumission de ces insulaires , qui ne cessaient de se glorifier d'avoir repoussé l'agression de Jules César (g6i).

Les successeurs d'Auguste ajournaient l'exécution de ses plans. Adminiuê chassé ( en 48), par son père Cinobélin, roi des Trinobantes , chercha avec tous ses clients mais sans succès , la protection de Caligula , qui prépara effectivement une expédition navale , mais il finit en faisant ramasser par ses légions les coquillages, comme butin obtenu sur l'océan (962).

Cynobélin continua son règne sans être inquiété par les Ro<-

(960) Strabo, IV, p. 199.

(g6i) Horat., od. 1,35.

(g6a) Agitasse C. Cœsarem de intranda Britannia, satis constat. Taciti Agri.. cola 13. — Nihil autem ampUus quam Admioio CtnobeUtni Britannorum régis filio, qai pulsus a pâtre, cum exigua manu transfugerat in deditionem re* cepto : quasi uuiversa tradita insula , magnificas Romam litteras misit. Sucton., IV, 4t, 46j Gros., VIT, 5.

AOi TYPE GAULOIS.

mains ; il semble qu'en étendant ses possessions et sa pui»sanee, il a su soutenir avec l'emplfe des rations amicales , et sa monnaie démontre qn*il n'était que trop accessible i^ la civilisation y ^ à rinfluence romaine , que de son temps l'aseeDdanœ de l'empire sur les insulaires devenait chaque jour {Ans (Hoépondérante.

La monnaie de Cynohdm, EmfqSa^Xîvoçy dnobdlin, CwdASm ,

Cunobilin, très-nombreuse, était entièrement modelée sur cdle de Rome. Le coin de l'or observait encore quelque reste de l'antique gaulois , mais celui de l'argent et du cuivre , devint toot à Ait romain. Il introduisit sur tous ces trois métaux des inscriptions latines en caractère latin.

Plusieurs autres rois ou chefs et quelques villes fi3d>riquaient leurs espèces exactement de la même manière , suivant pour la jdupart son exemple à la lettre, Fer, Ségo, Araticeif IHa8;aa se rapprochant de leur façon, Collé, Bicomir» Mais la masse entière de la monnaie qu'ils ont laissée tous ensemUe), n'excède pas le nombre des monuments que les trouvailles fournissent de ]a &brique de Cunobilin seul. Lui, il est le plus produit.

La conformité dir coin de Tor d'Jraticcé ( Camden 5 ) , avec celui de l'or de Gunobélin (Ruding , â-7) ; la conformité du coin de l'or et de l'argent de Sigo (Ruding , pi. IV, XXIX, 5) (pi. VHI, 47 ), avec celui de Gunobélin sur ces deux métaux (pL Vlll, 50, 82) (Ruding, pi. IV, i, 16, XXIX, 6); l'analogie des coins et du poids des espèces en or, en argent de Fer et Dias (pi. YHI, 48, 50) (Camden iZ ; Ruding ,¥,1,2), avec la monnaie de Ségo et des villes de Tascio , Yerlamio, dénotent clairement que toute cette monnaie est de la même famille, de la même époque, des mêmes années. Le petit nombre et la conformité des monuments , ne permettent aucunement de les arranger dans une suite de longues années , encore moins de les disperser dans l'espace d'un siècle , depuis la première irruption romaine jusqu'à la dernière invasion qui assujettit les insulaires (55-0-43).

Gunobélin inscrivant son nom en partie ou en entier GTN. GVNO.GVNOBELIN.CVNOBELINI. ajoutait parfois son UtreREX ( VIII , 87 ) , et de l'autre côté mettait : GAM. GAMV. CAMVL.

TASGIA. TASGIE. TASGIO. TASGIOVA. TASCIOVANL TAS- CIOVANIT. CVN. SOLIDO.

Il est trop évident qu'il a frappé sa monnaie à Camulodunum,

ville très - importante (Jans le pays des Trinobantes , dans laquelle il savait sa résidence (gSS).

Il est hors de toute controverse qull la forgeait dans une autre ville» dont on ne connaît point l'emplacement, appelée TVtôctovanta , ou Tamowiniwin (964)'

On se perdrait en conjecture inutiles si Ton persistait à chercher quelque explication extraordinaire dé Solido, car un bourg de ce nom pouvait exister chez les Trinobantes ou dans quelque canton limitrophe, dépendant de Gnnobélin, quoique la situation de ce bourg est inconnue comme celle de tant d'autres (965).

Cun reste dans i|ne certaine incertitude: est-ce la répétition du nom de Cunobélin , ou bien le commencement de Gunetio, ville située vers l'ouest des Gatyeuchlaniens? La monnaie bretonne ne donne aucun autre exemple de la répétition des mômes sjllabes , sur la même pièce qui viendrait à l'appui de la supposition de la double insertion du nom de la personne monnayant: tandis que les descriptions de la Bretagne , nous ont conservé le nom de la localité Cunetio (966) , synonyme du nom de Gunobélin, qui explique la répétition de la syllabe Gun, sur la même monnaie, par les noms du roi et de la localité. La domination de Cunobélin qe se bornait pas aux Trinobantes ; sa monnaie le dit

(963) Ka,/MvkUtvniT»lwKvnfitXXirw fioLO'iXutf ibit, Dio Cass. , LX , 21- KafAwiiKattf emt în Ptolem. geof^r.; Camulodunum^ in Taciti annal. XII, 32, XIV, 31 ; Plin., II, (77) 25 ; itiner. anlon.; Camalodunum^ inscriptionet etnumi. — Aujourd'hui Maldon.

(g64) Tascio-Tanium. Le commencement consonnant avec Totciaca, ville de la Gaule sur les confins des Carnutes et Biturigs. La terminaison, conforme à celle de MagioTinium, ville des Trinobantes. — La revue numismatique , t. II, p. 16, dit avec raison, que Tinterprétation de Tascia, par taxe ou par la monnaie destinée à payer le tribut aux Romains, ne mérite pas de réfutation sérieuse. On trouve des argumentations , pour cette interprétation dans plu. sieurs ouvrages : Camden (p. 70, 293), on the aulhority of Dr. Powell; Gough*8 Britannia, 1. 1, p. 66 ; Baxter glossar , invoce ; Carte hist, of England , I , p. 98; PetUngal dissert, on the Tascia; Ruding, enlarged édition, p. 99. — Oe la terminaison va, van, vani, vanit, nova (ou vano) , on a voulu créer les noms des monétaires.

(gSS) Peut-être le nom entier fut Soli-domis. Le commencement, conforme avec SoU-mariaca, ville des Leuks en Gaule, et même avec SuIIo-niacis, ville des Bretons Gatyeuchlaniens. La fin serait commune avec la terminaison de la viUe Viri-domis située sur les bords de Tamésis.

(966} Marlborough (Camden, p. 185).

assez, et quelques expressions de rhistoire ne sont pas contraires à l'étendue plus considérable de ses états. S'il imitait le coin de la monnaie romaine, et se montrait favorable au progrès de la civilisation de l'empire , il est probable , qu'en s'emparant de Catyeuchlaniens, et étendant ses conquêtes , il donna son nom à une colonie fondée dans ses possessions acquises, comme les Césars donnaient les leurs , à des colonies romaines ( 967 ).

Ces nombreux exemples prouvent que les chefs nommaient les villes et les bourgs dans lesquels ils fabriquaient leurs espè ces. Aussi on voit des pièces des chefs Ver, Ségo, Araticcé, forger leurs espèces à Tasciovanium (Ruding, pi. V , S8, »8 , 5 ; XXIX , 8, 9 ; Camden , 9) ; ils se succédaient donc un certain temps dans le même canton.

En outre , on a des pièces anonymes monnayées à Tasciovanium, dontlecoin varié fait présumer une certaine durée de la monnaie ta.

^ciovaniene. Le coin à tête barbue , (Ruding, V, 33; XXIX, 9, 10), est sans doute le plus ancien , et certainement antérieur à Cunobélin ; sa façon perlée, et assez régulière quoique grossière, la rapproche de la seconde génération monétaire antérieure à la génération romanîsante.

Le coin de deux carrés cléchés, (Ruding , pi. V, 5), est postérieur, inconnu à la monnaie de Cunobélin , reproduit par celle de Z>tas (Camden, 13), et à Ferlamium , qui inscrivit son nom en toutes lettres VERLAMIO (pi. VIII, 49).

Les pièces de Verlamium ne portent aucun nom de chef (Ruding, pi. V, 3, 4), et il ne faut pas les confondre avec les pièces du chef VER ^1. VIIÏ, 48, SO; Ruding , pi. V, 1, 2), monnayant à Tasciovanium.

Les monnaies de Tasciovanium, et celles de Cunobélin offrent le plus de variétés ; elles ont duré plus longtemps que toutes les autres, et ont eu le temps de faire marcher graduellement leurs conceptions , leurs progrès et l'amélioration. Si la tète

(9^) O^ Cunobeline Utile more is kaowa than (hat he reigned o¥er the Cateuchiani , the Trinobantes , and (he Dobuni , and that his domination extendet... tothe banks of the Saveni. Heis supposed ta haye reigned durtog the times of Augustus , Tiberius , and Caligula (Ruding, enlarged édition » p. 98 î Jeffrey of Monmoulh'a britishhistory, IV, il).

barbue a commencé' ce mouvement , à Tasciovanium, Gunobélin est le seul qui Fa développé , et personne ne l'a devancé ; il a poursuivi cette tâche spécialement à Gamulodunum et à Tasciovanium.

Les monnaies de Ver, de Ségo , d'Araticcé , fabriquées à Tasciovanium , moins nombreuses , moins riches en variétés et en localités, prouvent que leur durée était momentanée , et se succédant rapidement , précédaient le règne de Gunobélin ou y succédaient. «Tavoue que rien n'empêcherait de les placer antérieurement, si l'on n'avait aucun rayon jetant une lueur en faveur de leur postérité.

On a une pièce frappée à Tasciovanium avec l'épigraphe VRIOON (968). G'est le nom de VER plus complet. Fer, Véricm rappellent ce Vénc^ BspiKoç, qui, après la mort de Gunobélin, par suite d'une sédition, prit la fuite et se sauva dans l'empire (969).

Parmi les fils de Gunobélin, les historiens nomment un Garatac, KaTapoLTcacog, KapaTcacoq (970). Ge nom répond évidemment au nom de ARATIGGE (971). Le coin de Ségo se lie si indissolublement , qu'il autorise à voir dans son épigraphe les premières syllabes de Togo-dumne, autre fils de Gunobélin (97a).

G'est la monnaie des rois trinobants, dont l'empire était assez étendu. On n'y voit point d'aigle romain et aucune marque de soumission aux Gésars. Le coin à l'épigraphe de Dias au milieu de deux carrés cléchés (Gamden,lâ), est conforme à la famille

(968) Rudiog, enlarged édition, p. 99, note 5.

(969) Dio Gassius, LX, 19.

(970) Dio Gass., LX, 20; Zonaras. ^- Cœractacus deTacit.

(971) Araiicce Taseie est nommé dans Camden , n» 9 ; admis au nombre de la monnaie existante , par Mionnet et Conbrouse 581 , il est négligé par Ruding, même dans son enlarged édition.

(972) Sego-Tascio, or et argent (Ruding, pi. IV, XXIX) , est attribué par les numismatistes anglais à Segonax , un des chefs cantiens, sans qu'aucune voix , autant que je sache , s*y soit opposée. A mon aTis , cette supposition est insoutenable. Comment isoler ses pièces aussi identiques a^ec celles de Gunobélin , à une époque si reculée , séparée de trois générations, sans qu^ou puisse indiquer aucunement quelque monument de liaison avec le coin cunobélin, dans un interralle aussi long ! Comment admettre sans inotif quVn chef cantien eût fabriqué sa monnaie à Tascio, où monnayaient les rois trinobants. Je ne puis adhérer aucunement à cet accord général, contraire à toute probabilité quelconque, même en supposant la continuité de tribut , tag , payé à Tempire.

trinobante. Le coin de Rkcmir avec son carré (pi. YIII , 89) s'apparente à celle4i, mais il est d'une autre famille stigmatisée de Faigle. Le roi Calli, avec son croissant, s'allia à ce dernier, en plaçant Taigle dans son coin. Si l'on peut présumer que Cnnéfao fut une des capitales du roi Gunobélin , on est épilement en droit de supposer que Caléva , ville des Atreiiates bretons , a pu être érigée en capitale par le roi Galle*

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