Caractère du type de la monnaie trinobante
Il est incontestable que la monnaie inscrite , offire tons les avantages de l'amélioration : lecoordonnement r^^aiier, et le fini dans les ornements est une élégance nationale ; l'exécution passable dans les nombreuses imitations des empreintes étrangères; l'exactitude des épigraphes séparent cette monnaie de la précédente. Elle offire une certaine gradation dans son perfectionnement, qui pourrait diriger les investigateurs dans la fixation de la succession des piéees connues, en commençant par les têtes barbues, tasciovaniennes.
En observant le coin le plus abondant de CunobéUn , on remarque le changement et la gradation du type de la génération écoulée en un type tout à fait gréco-romain. Sur de l'or les riches décorations monétaires et le bige antique (pi. YIII , 51), font place à Fépi (Ruding, â-7); sur de l'argent , le cheval et te cavalier de l'ancienne manière (pi. YIII, 58) (Ruding, tO, 13-14, 16; XXIX, 7) , font place à des figures de la mythologie grécoromaine (pi. VIII, 52) (Ruding, 89, 11 , 15 ; Camden, 18) ; sur du cuivre, aussi les chevaux anciens conduits ou libres, et l'ancien sanglier (Ruding, 21, 23, 23), font place au taureau , an cochon de lait , à différents animaux et figures mythologiques gréco-romaines (pi. YIII, 54-58) (Ruding, pi. Y).
La monnaie inscrite, choisit par préférence de l'ancienne manière une garniture cruciforme, feuillue, perlée, disquée symétriquement (pi. YIII, 4, 50, 51,59); elle aimait par prédilection, à placer ces épigraphes par le milieu du champ , en les encadrant souvent. Ce goût lui était insipiré sans doute par les monnaies belgues plus anciennes , de Boduognat , de Gattivolk , de Gom, qui ne discontinuaient pas de circuler encore. Grand nombre de numéraire antique , ne cessait d'avoir son cours , et ser^ vait de modèle à la monnaie bretonne inscrite , ainsi qu'on rencontre sur tette dernière la reproduction des types anciens ,
respectés jadis quand le draidisme élait dans sa force; des types qu'on ne touchait plus depuis plusieurs générations.
Le bige , le cavalier gaulois lançant son javelot , monté sur des coursiers de différentes races oblongues et accroupies, r^^ rurent iaopinément et rappelèrent sous des forjaes modernisées, que la mosnaie n'était pas parjure à sa foi nationale ( pL VIII , se, 81, 5S K Ruding , 18, 14, %i , i9, Ù ) ; le sanglier ou porc grogna sur du cuiirre comme si c'était en Celtique libre ( Ruding, pi. III, 64; y, 22). Mais la symbolique ancienne se montra maigre : à peine remarque-t-on par-ci par-là , un croissant, un astre , une croix, ou une roue.
Le retour du type breton romanisa&t , sur tant de points du type antique gaulois , est remarquable , il ne s'accorde pas avec la mardie du tj^ gaulois romanisant à qui répugnait cet antique nationalisme. Le type breton, de sa part, le ressuscitait, donnait une e^èce de réveil au druidisme , et le mélangeait avec sa romanisation.
Dans sa romanisation même (Ruding, pi. lY, Y; XXIX, Gonbrouse, 445 , 581) , il différait du dernier coin gaulois romanisant. On peut dire que ces deux types, romanisant chacun à sa manière , n'avaient presque rien de commun entre eux. Lion, taureau ,' pégase , bifrons de Janus , placent en apparence touo les deux sur le même point : mais dans tout le reste, chaque empreinte bretonne s'éloigne du type gaulois. €ome d'abcmdance, épi, sphinx, oiseau-quadrupède , cochon de lait , centaure sonnant la trompette , victoire debout ou assise , Hercule debout , Europe assise sur un taureau , différentes figures drfwut, figure assise forgeant la monnaie, une autre jouantdelalyre, celledebout tenant une tête humaine près d'un autel , génie mithrîaque tuant le taureau, tout décèle, malgré l'amalgame, des reproductions antiques , une romanisation plus empressée , plus avide de s'emparer d'une masse de variétés étrangères , de s'enrichir de productions hétérogènes , indépendanmient de toute direction gauloise. Cette masse n'était pas défigurée dans l'exécution , mais modifiée et confuse pêle-mêle.
Le dernier monnayeur du^onlànent , Pixtil , était très-fécond en inventions, mais le dernier monnayeur breton, Cunobéiin, le surpassa. Comparant le petit État de ce dernier avec l'étendue de 800 peuples de la Gaule ; et la longueur de son règne avec les trois siècles du monnayage gaulois , lui proportionnellement, il surpassa en variété toute la monnaie gauloise, tenant dans son
coin , à Torigine du type par le bige gaulois , et à sa fin par rflercule debout et quelques figures mythologiques gréco-romaines. La réminiscence du type antique et sa réunion avec les nouveautés nombreuses , perdure jusqu*à la fin , car le coin tasciovanien et celui de Gunobélin , n'avaient que le cavalier gaulois lançant , quand les successeurs de ce dernier, Yéric et Ségo, laissant la main branlante du cavalier sur leur or (VIII, 30) (978) (Ruding , pi. Y), la mirent en repos sur l'argent (YUI , 47) (Ruding , lY , 2 ) , changeant son ancienne attitude.
Toutes ces considérations démontrent qu'il n'y avait aucune connexité du coin breton, avec le coin de l'époque de Pixtîl, que le dernier coin breton, se forme et se développe indépendamment du dernier coin gaulois romanisant , n'ayant plus d'existence depuis soixante ans. Cette séparation , cet éloignement de deux coins romanisant , confirme en même temps tout ce que nous avons argumenté sur les deux générations précédentes du monnayage breton.