Bretagne, province
Depuis que Mandubrat ( en 54 ), recouvra le pays des Trinobantes par les secours des Romains, on pourrait supposer que ses successeurs payaient tribut. Mais le silence des écrivains romains à ce sujet, soulève des doutes sérieux. Aussi, serait-il inconséquent d'admettre la condescendance de tous ses successeurs à être tributaires , quand les Romains n'avaient aucun poste militaire en Bretagne. En effet, le coin de Gunobélin, de Yéric, de Ségo, de Garatic, donnent un démenti formel de leur soumission, si on le compare avec l'aigle de Galle et de Ricomir (974)-
Un des fils de Gunobélin , Adminius , chassé par son père , se retira aussi sous la protection romaine , mais Cunobélin, mourut paisiblement (vers 40), sans être inquiété par l'invasion romaine qui arriva après son décès, attirée par un autre événement.
L'empire de Cunobélin était agité par des dissensions intestines. On voit parla monnaie que le canton et la ville de Tasciova-
(973) TASCI. VER de notre planche YIII, 50 , ett pubUé plusieurs fois par Âkemian. Il observa dans la revue numism. , p. 26, que sur le côté coavexe, les lettres VER sont très-distincles; et que le côté concave porte visiblement une portion du mot TVmcm. J'ai vu parmi les figures je ne sais de quel ancien ouvrage, la même monnaie avec CAS Tasc; ainsi qu'il est certain que cet or a été frappé 4 Tasciovanium, par Ver.
(974) D'autant ^lus TexpUcation de tascia et de solîdo , par ia taxe tributaire, devient inadmissible.
nium était un des points de contestations violentes. Vèric se troura possesseur de cette ville et y fabriquait sa monnaie (pi. YIII , 48, 50). Les fils de Gunobélin , qui étaient plusieurs > spécialement Togodumn^iCaratac lui en disputaient la possession. Enfin au moyen d'une sédition , ils recouvrirent Tasdovanium^ et Yéric expulsé, s'enfuit à Rome où il sollicita Claude d'entrer prendre une expédition contre ses ennemis.
Or, la monnaie des fils de Gunobélin, ne durait pas longtemps dans Tasdovanie (pL YIII, 47) (Camden, 6); car, Aulus Plautius envoyé (en 43) avec une armée, battit successivement Togoduma et Garatac, remporta une victoire plus décisive dans laquelle périt Togodumn , et ébranla l'existence de l'état trinobant.
Les Bretons, sans se décourager, conduits par Garatac, allaient se rétablir et remportaient des avantages à leur tour , lorsque Claude se décida à s'y rendre personnellement avec des iorces plus considérables. En seize jours, tout fut achevé. Il s'empara de la capitale Gamulodunum et retourna triompher à Rome , laissant Plautius, qui après quatre années de combat ( 43-47 ) , changea la partie conquise en province (975).
Avec la chute des Trinobantes, cessa la monnaie de Tasciovanium et des rois trinobants. Il est probable que quelques chefs, tels que CoUé, Ricomir, sous la protection romaine, fabriquèrent une couple d'années leurs espèces (pi. YIII, 40, 59), mais il est incontestable qu'en peu d'années la monnaie bretonne expira sur tous' les points , même à Yerlamium. Les insulaires ne pouvaient trop longtemps résister de vive force à l'invasion des légionnaires )leur monnaie n'a pas eu tant de vigueur qu'eux, elle céda à l'inondation des deniers. Les espèces de tous les métaux n'étaient plus qu'à l'image de César (976).
Hais le reste de l'Ile indépendante n'augurait aucune sécurité à la nouvelle province. Le nouveau gouverneur Ostorîus Scapula humiliant les Icènes , réprimant les Brigantea, vit bientôt surgir un ennemi formidable. Des peupladea et des tribus nom^ breuses, se ralliant sous l'étendard de Garatac qui , après sa défaite et la perte de ses états, .s'était réfugié chez les Silures et chef de peuples nombreux , était devenu plus puissant que jamais. Dans une bataille où la victoire fut longtemps disputée , les Ro«
(975) DioCass., LX, 19-21 5 Sueton.,V, 17.
(976) lia ut non britannica sed romana insula censeretur , et qotdquid habere potuisset aeris, argent! etauri, imagines Caesaris uotaretur.Gildas, de exeidio Britanniae 5.
mains (en 'Kl ), furent vktorieox enfin des indigènes et le brave Caratac, se fiant à Hiospitalité de CarUsmanêiêa reine des Brigantes, fot livré par elle anx vainqueurs. Sa iMravoure et son noble caractère , trouvèrent plus de générosité à Rome. C3aiide lui accorda la vie et la liberté, à lui , i ses frères et à toute sa fiindlle iff77)» Caratac, ébloui de la grandeur de Rome , s'étonnait que les Romains enviassent les pauvres cabanes bretoones, eux qui possédaient tant de belles choses (97a).
Scapula vainqueur, confia quelques villes au roi (k^dumj organisa la province et pour assurer ses possessions, fimna une cotonie de vétérans, k Csmiulodunum (979). Favorisé par tant de succès, il se crut rassuré, mais il éprouva, qu'on pouvait s'emparer des chefs , sans attérer le courage des montagnards. Avant de mourir, il essuya des perles inquiétantes. Son successeur, Aulus Ridius , proté^^nt la reine Cartismandna , se borna à défendre ses frontières. Cette reine , brûlant d'une passion désordonnée pour FMoeai son écuyer , répudia son mari, Fétmte, qui avait pour lui le peuf^e. Les ^gantes se soulevèrent , IKdius sauva la reine , mais le royaume resta à Yénute et la guerre aux Romains (980).
En attendant, Claude divinisé après sa mort (en 57), devint wi dieu pour les indigènes de la province. Un temple fot construit pour son culte , où ils devaient l'adcMrer (98 1). La population de la colonie devenait plus n<Mnbreuse, et la monnaie coloniale , inscrite COL. CAHALODYN (98a) , se mêla anx autres eqiéces impériales.
(977) Ttcitî annal. X ri, 33.37.
(978) Zonarat.
(979) Redacta paullatim in formam provinciae proxima pan Britaniiiae. Âddita insuper veteranonim colonia, quaedam civitates régi Cogiduno dona> tae, 18, ad nostram usque memoriam fidiaiimus mansit. Taciti Açricola , 13, 14 ; annal. XII, 31, 32 ; XIV, 31 ; Plin. II (77) 25; roarmor , ap. Camëen, p. 823 ; ap. Gruter, p. 439, n<» 5. Romanorum coàmia vieirieênsûj qium est i» BfUmmim Catnahdmni,
(^o) Taciti annal. XII, 38-40. — Regnum Venutio , belluin nobis reUc tum, idem hiat. III, 45.
(981) Farum est quod templnm in Britannia habet, quod hune barbari eolunt etutdeom adorant. Seneca in apoeolocjntoai, p. 852. — Templonn dîvo Claudio conttilntnm, quasi an aeternae doniinationis aspiciebatur. Taciti annal. Xiy,31.
(98a) Seldeni origines alexandrinas, p. 119; Harduin. opéra Seld. p. 41 ; GoU, tbe9aur.,p. 238; Camden , p. 65«n«2 (bronxe ). La moimaîe offre TR. P. XIT. IMP. XIIX; au reTers,un colon conduisant un bœuf et nue vache,