AUBERGE ST.-GEORGE, A GLASTONBURY
On la désigne souvent aussi sous le nom d'Auberge de l'Abbé , en souvenir de son fondateur, John de Selwood , abbé de Glastonbury sous le règne d'Edouard IV. On dit qu'il avait annexé deux enclos de terrain à cette maison , qu'il destinait au receveur de l'abbaye. M. Gough et quelques autres auteurs ne partagent pas cette opinion et pensent que c'était une dépendance du couvent , une auberge où étaient traités gratuitement les pieux pèlerins qui venaient visiter la célèbre abbaye. Quant à nous . nous trouvons plus vraisemblable que cette maison fut construite à l'usage des voyageurs ordinaires , qui y payaient leur dépense comme en toute autre auberge , et qu'elle avait pour hôte un tenancier du monastère ( 1 ). Quoi qu'il en soit , elle eut toujours pour enseigne St. -George terrassant le dragon , cette légende favorite des temps anciens.
( 1 ) John (Je Selwood , ainsi appelé d'après le lieu de sa naissance , mais dont le nom de famille était Edmunds , fut élu abbé de Glastonbury en novembre 1437 et occupa cette dignité jusqu'à sa mort, survenue en 1<193.
N». (■)'). Planche I. — Fiiçade oxlt'ricnre.
Colle f;i(;;ule csl un type |irccicux de noire arcliiteclure donicsiitiuc du W" siéele. liion (luVlle :iit subi (|ucl(iues idlénilions , elle est ccpendanl encore assez bien conservée pour qu'il ait élé possible de la rétablir ici dans son état priniilif ( 1 ). Le lenétrage à compartimenls variés qui en recouvre pour ainsi dire loule l'élcndue, et dont des panneaux aveugles modèrent les jours , csl d'un effet orncmenlal très-gracieux. La triple fcnclro du deuxième étage qui surmonte la porte , csl encadrée par deux petites niches, dont l'une contient une statuette de saint George, tandis que l'aulrc représente une tour armée d'une Iierse et d'une meurtrière en arbalclricrc. 11 parait ipi'il se Mouvait autrefois dans les créneaux du couronnement plusieurs petites ligurines semblables à celle qui décore encore le créneau central de la partie de la façade qui fait avant-corps. La coupe que celte figurine tient en main est un symbole d'hospitalité.
Dans l'intérêt de la distribution intérieure , la porte n'occupe pas le centre de la façade , et l'artiste ne s'est pas non plus préoccupé du manque de symétrie qui résulte de ce qu'il n'y a de fenêtre en saillie que d'un seul coté de la porte. Ce manque d'uniformité dans la disposition des membres d'une façade se rencontre souvent dans les construclions du moyen âge : ce qui prouve que l'on allachait alors beaucoup moins d'importance qu'aujourd'hui aux régies d'une gênante , monotone et inutile symétrie. L'écusson sculpté qui décore le panneau central de la frise de la porte est aux armes écarlelées des rois de France et d'Angleterre; le lion et le bœuf qui lui servent de tenants sont ceux adoptes par Edouard IV. A la droite de cet écusson s'en trouve un autre meublé de la croix de saint George (c'était sans doute le blason de l'abbaye de Glastonbury ). Il est probable que l'écusson de gauche était autrefois aux armes du fondateur Sclwood , mais il csl maintenant loul-à-fait effacé (2). La
( 1 ) Cuelques compartimenls de fenêtres sont maintenant bouchés et d'autres mutilds cl dépourvus de leur ancien grillage en fer. C'est le fenôtrage du rez-de-chaussée qui a le plus souffert.
(2.) Ces supports de l'écu royal ont élé remarqués par le docteur Slukely , lorsqu'il logea à cette auberge en l'année 1723. Les armes de l'abbaye' ont subi plusieurs variations. La croix en a toujours élé la principale pièce honorable , mais celle croix est tanlôl simple et tantôt fleuronnée de diverses manières. (Voir la préface du tome XXXIII de A'o/i/m monashca de Tanner). M. Gough a décrit , au tome I de son Camden , les armoiries qui décoraient autrefois le troisième écusson de celte frise , lequel est, de même que celui central, décoré de lambrequins flcuronnés de roses.
toiture actuelle de celle maison n'est pas, quoiqu'elle soit très-ancienne, celle primitive, el tout porte à croire que celle-ci était en plate-forme plombée. Le sommet de la tourelle de droite a été surhaussé d'un dais disposé de façon à loger une petite cloche.
N". 66. Planche II. — Détails de celte façade.
La légende explique suffisamment la nature de ces détails ; aussi nous borneronsnous à faire remarquer ici la grande pureté des moulures.
N". 67. Planche III. — Autres détails el plans divers de l'édilice.
La figure 1 représente, de flanc et de face, le corbeau en pierre qui porte l'enseigne ( 1 ). La corniche en csl ornée de banderoles sculptées , dont celle inférieure toute chargée de petits écussons à la croix el de monogrammes du fondateur ( un I et un S enlacés ).
La figure 2 donne deux coupes horizontales de la façade : l'une prise à travers le fenètrage du rez-de-chaussée, el l'autre à travers celui de l'étage supérieur.
La figure 5 est un plan par terre de l'édifice entier. Au-dessous des deux grandes pièces de droite se trouve une cave voûtée (2).
( 1 ) Il est probable que l'enseigne autrefois porlde par ce corbeau était une grande figure sculptée et coloriée de saint George et de son dragon. On mettait alors beaucoup de luxe dans les enseignes.
( 2 ) Comme un étroit canal d'assèchement débouche dans cette cave , la malveillance s'est plu à le transformer en une galerie souterraine par laquelle les moines de l'abbaye venaient visiter les pèlerines qui logeaient à l'auberge. De pareils contes ne souillent que ceux qui les imaginent.
TRIBINAL DE GLASTONBIRY.
Cette maison — ainsi appdoc on ne sait pourquoi , car elle n'a jamais , que l'on sache , été affectée au service judiciaire — se voit encore dans une des rues de Glastonbury. C'était anciennement une propriété de l'aiiliayc. Sa construction est purement domestique , et , comme elle porte le caclict du style en vogue au eommencement du XVr siècle , il est permis d'en attribuer la fondation à Ricbard Beerc , qui fut ahbé de Glasionbury depuis 1495 jusqu'en 1524, et qui est connu, d'ailleurs, pour avoir beaucoup amélioré dilTéreiits édifices apparlennnt à l'abbaye.
\". ()8. Planche I. — Élévation, coupe, plan et détails de la façade extérieure. Plan iiénéral par terre de l'édifice.
Les plafonds des trois grandes pièces du rez-de-chaussée sont ornemenlés de caissons (Il plâtre. Bien qu'il n'en reste plus de traces , on dit ijuc la fenêtre en eneorbelleiiient du premier étage comportait autrefois des vitraux coloriés aux armes de divers rois , abbés et bienfaiteurs de l'abbaye. Les fenêtres de cette façade ressemblent à celles de l'ancien hôtel de l'abbé dont Vltinerarium citriosiim de Stukely contient une vue, ainsi qu'il a été dit précédemment.