‹ Types d'architecture gothique, empruntés aux édifices les plus remarquables construits en Angleterre pendant les XII, XIII, XIV, XV, et XVI sièclesChapitre 11 sur 20 · MAISONS DES VICAIRES · texte numérisé non relu

MAISONS DES VICAIRES

N°. 2, Planche II. — Façade de devant et coupe transversale de l'une de ces maisons.

Nous avons déjà dit que les quarante-deux demeures des vicaires étaient identiquement les mêmes sous tous les rapports , sauf la première de la file de droite , dont les différences ont été signalées au paragraphe précédent ; ce que nous dirons de l'une d'entre elles s'appliquera donc à toutes les autres.

La façade ici représentée reproduit l'une de ces maisons dans son état primitif. La souche de cheminées qui monte de fond entre la porte et les fenêtres est octogonale à sa partie supérieure, et son couronnement est percé en lanternon à deux jours sur chacune de ses faces. Des deux écussons qui la décorent , celui supérieur est aux armoiries des sièges réunis de Bath et Wells , et celui inférieur porte les armes parlantes de Richard Swan , l'un des exécuteurs testamentaires de Beckington. Ces écussons alternent successivement, quant au premier, avec ceux du siège de Wells et du prélat fondateur , et avec ceux de ses deux autres exécuteurs quant au second ; de sorte que chacune de ces trois couples d'écussons se répète quatorze fois pour les quarante-deux maisons du clos ; nous les blasonnerons quand nous en viendrons aux planches de détails.

La coupe transversale est prise suivant l'axe des portes de devant et de derrière ; on y remarque l'élévation latérale de la souche de cheminées.

\". i). Pi.AMiiK III. — PInn par terre et coupe longitiuiiiKiIo de la niùme maison

que ci-dessus.

J.a grandeur des cliandjres du rcz-dc-cliaussée et de lelage est de 19 pieds 11 pouces sur 12 pieds 10 pouces dans œuvre. La largeur de la cage d'escalier est de G pieds 2 pouces, et eoninie l'épaisseur dos murs de pignon est de 1 pied 11 pouces, il en résulte que chaque maison occupe en Iront une largeur de 21 pieds. Au rez-dc-cliausséc . la hauteur du plafond est de 8 pieds 7 pouces. La ehandjre à coucher a poiu- plafond une charpente nue en chêne à fermes ogivales, dont la hauteur au-dessus du plancher est de 8 pieds D pouces à la naissance du eomhie, et de 13 pieds au somniet de l'ogive. Les fermes sont à nervures cl les verncs à arêtes chanfreinées , sauf celle de naissance , qui est ouvragée en corniche crénelée ( 1 ).

î\°. 4. Plvnciie IV. — Souche de cheminées, fenêtre de l'étage et détails y relatifs.

La légende des ligures que comporte cette planche suffit pour en expliquer la nature ; aussi nous contenterons-nous de remarquer que les fenêtres du rez-de-chaussée ne différent de celles de l'étage que par leur plus grande hauteur et par la traverse qui les divise en quatre jours, ainsi que le fait voir la planche IL

1N°. 5. Planche V. — Élévation et coupe de la fenêtre en encorbellement donnant sur la rue et dont la position est indiquée par la lettre 1 au plan général planche I.

L'amortissement de cette fenêtre est remarquable par réicgance de ses moulures et de son ornementation à fleurons et à billettes prismatiques. Le mur d'appui est recouvert de panneaux en quatrefcuilles portant chacun un écusson en cœur. Le cul-de-lampe qui la termine , et dont l'ornementation est des plus gracieuses , est supporté par une console sculptée en tête d'homme. Il est plus que probable que

( 1 ) A l'époque où Pugin fit le lever du clo.-5 de Wells , il ne restait plus qu'une seule de ces quarante-deux petites demeures qui eût été conservée dans son état primitif; depuis lors, ce dernier spécimen a été dégradé, c'est-à-dire modernisé comme tout le reste !

les jours de celle fenêtre étaient autrefois à tympans trilobés et que celui de face était divisé en deux par un meneau , ainsi qu'il est indiqué au pointillé sur notre |)lanclie j mais lout cela a disparu pour faire place à des châssis quadrangulaires modernes. La saillie de cette fenêtre sur le mur de façade n'est que de 1 pied 1 pouce.

N°. 6. Planche VI. — Façade de pignon sur rue dans laquelle est logée la fenêtre précédente ; plan et détails de celle-ci.

On a dtjù dit à quelle maison du clos appartient ce mur de pignon. Son apex est couronné d'un bouquet , et la souche de cheminées de cette maison , au lieu de s'élever de fond comme toutes les autres , est assise en cavalier sur le faite de la toiture ( 1 ).

N". 7. Planche VII. — Élévation , coupe et détails de l'un des petits porches qui donnent accès aux jardins des vicaires. Écussons dont il a été question aux planches précédentes.

Comme la construction de ces porches est moins ancienne que celle du clos, nous n'avions d'abord pas l'intention d'en donner ici l'image , mais nous avons changé d'avis en considération du bel effet qu'ils font dans la perspective générale de l'édifice. Chacun de ces petits porches était autrefois couronné d'un lion semblable à celui que nous avons vu au sommet de la citerne construite par Beckington dans les jardins du palais épiscopal de Wells. (Voir tome II des Types, planclie LVIII.)

( 1 ) On a découvert, lors des derniers travaux faits à celte façade, les traces d'une ancienne petite fenêtre voisine de celle en encorbellement ci-dessus décrite ; mais on s'est contenté de la reboucher et replâtrer. Nous avons déjà dit que l'un des vicaires actuels , lequel est à la fois dignitaire de la communauté et boulanger de son état , a naguère fait établir au rtz-de-chaussée du gable une devanture de boutique pour y vendre son pain. Il parait même que, pour plus dt commodité, ce digne personnage avait résolu de démolir et avait même déjà commencé à démolir la fenêtre en encorbellement; mais, grûce au cri général de réprobation soulevé par cet acte de barbarie , le bénéflcier-boutiquier a dû respecter ce chef-d'œuvre et réparer le mal qu'il y avait fait- Lorsque Pugin leva les bâtiments du clos, la souche de cheminées qui surmonte le pignon ici considéré était la seule qui eiit encore conservé son lanlcrnon intact ; aujourd'hui , elle est tellement détériorée que ses détails sont devenus méconnaissables.

Nous avons l'omplctr celle pliinelie nvcc t|iiil(Hies uns îles cV'Ussoiis (jiii oui été |iréeétlenimeiU signalés. Le plus grand ( lignre i> ) est supposé èlre la colle d'armes (le l'évé(|ue Slillinglon , successeur ininiédial de Beekingtoii et sous l'épiscopal du(iuel le clos fut achevé par les exécuteurs testamentaires de ce munilieent prélat. C'est un écu éeartelé : 1 et 4 d'or , eliargés de trois tètes de maures ; 2 et 3 de gueides . eliargés de trois mufles de léopards d'or et fiiscés de sable à trois fleurs de lis ; la bandelette ne porte aucune devise ni inscription. Ainsi que l'indiiiue la légende de la pianclie , les trois autres écussons sont les rébus ou armes parlantes de Uieliard Swan , Ilugli Sugar et John Pope, alias Talbot ; en efl'et , le premier est chargé d'une fasce et de trois cygnes ( cygne, en anglais sivan ) ; le second , d'un h canlonné de pains de sucre (sticre, en anglais sugar, et /* , initiale de hugh), et le troisième, d'un chevron , de deux roses en chef et d'un lévrier en b;ise ( lévrier, en anglais latbol ). Nous avons dit , en décrivant les planches I et II , les places occupées par ces divers éeussons à l'intérieur du clos.

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