LE COQ DE BRUYÈRE
Ce coq sauvage, qu'on n'a pu encore réduire en domesticité, est le plus grand des gallinacés. Il cherche les climats froids. Dans ceux qui sont tempérés, il se plaît dans les taillis épais et dans les forêts montagneuses. Il a quelques rapports avec le coq ordinaire, soit par la forme du corps, le port de sa tête, soit parla peau rouge dont ses yeux sont surmontés, et la combinaison de ses plumes, qui sont presque toutes doubles et sortant deux de chaque tuyau ; comme lui, il gratte la terre pour chercher sa nourriture, et quand il boit, prend de l'eau dans son bec et lève sa tête chaque fois qu'il veut l'avaler. Il a les pattes fermes et vigoureuses, mais elles ne sont pas armées d'éperons ; ses pieds sont couverts de plumes par devant et ses doigts sont dentelés par les bords : l'ouverture des narines est recouverte par de petites plumes qui naissent de la base du bec et se dirigent en avant ; il n'y a point de membrane pour le bec ; il a dans la queue deux pennes de plus que le coq ordinaire.
C'est surtout dans le temps de ses amours qu'il relève cette queue en éventail, comme le fait le coq d'Inde.
Le plumage du coq de bruyère est généralement d'un beau noir lustré, à reflet métallique, d'une couleur verdâtre ; la flamme semble sortir de ses yeux brillants ; ses sourcils sont couleur de feu.
Son bec est fort et tranchant : dès le printemps, le rmàle, perché sur un gros arbre, la tête portée fièrement, la queue en éventail, les ailes traînantes, fait retentir les bois de son cri perçant pour appeler ses femelles ; il s'étourdit si fort lui-même, il est tellement dominé par son amour, qu'il oublie son naturel sauvage et farouche, se laisse approcher et ne voit pas le chasseur dont il devient facilement la victime. Le coq de bruyère se nourrit de sommités ou bourgeons de sapin, de genévrier, de saule, de fleurs de blé sarrasin, de trèfle, de vesce et de plantes tendres; il est friand d'œufs de fourmis, de faînes et de mûres sauvages.
La femelle est plus petite que le mâle ; son plumage est de couleur fauve, avec des lignes transversales de brun noir; elle ne fait pas de nid, mais dépose sur la fougère ou sur la mousse dix à quinze oeufs qu'elle couve avec amour.
Le coq de bruyère est un excellent gibier; on le trouve dans les Alpes et les Pyrénées , sur les montagnes d'Auvergne, de Savoie, de- Suisse, de Westphalie, de Souabe, de Russie, de Norwége, d'Ecosse, et même dans l'Amérique s eptentrionale.