LE LORIOT
Cet oiseau, de l'ordre des passereaux, est à peu près de la grosseur du merle; son bec est plus large; il est arqué, comprimé, et de couleur incarnat; ses tarses sont plus courts ; l'iris de ses yeux est d'un rouge vif; ses pieds sont d'un noir bleu, armés d'ongles noirs.
La tête, le cou et tout le corps sont d'un beau jaune, sauf un trait noir, allant de l'œil à l'angle de l'ouverture du bec.
Les ailes et la queue sont noirs, à quelques tâches jaunes près ; le noir domine sur la queue, qui se termine par du jaune.
Les loriots, très-peu sédentaires, changent souvent de contrées, et paraissent ne séjourner dans les nôtres que pendant le temps nécessaire pour se reproduire.
Lorsqu'ils arrivent au printemps, ils font la guerre aux insectes, aux chenilles, aux larves, aux scarabées ; mais ce dont ils sont le plus friands, ce sont les cerises, les figues, les baies de sorbier, les pois, et il ne faudrait que quelques loriots pour dévaster un cerisier en uti jour, becquetant les cerises les plus mûres sans en manger aucune entièrement; aussi leur fait-on une chasse acharnée; on les attend quand ils viennent à la picorée, ou on les prend aux appeaux
en imitant leur cri dur ou leur sifflement guttural répété deux ou trois fois et pouvant se traduire ainsi : o liou, liou, liou.
Ils sont très-difficiles à apprivoiser; on les trouve souvent par couples sur le bord des rivières et la lisière des bois, là surtout où se trouvent de grands arbres ; quand viennent les froids, ils émigrent pour les pays chauds. Ils se sont répandus dans les contrées les plus lointaines, au Bengale, en Chine, sans que leur plumage et leur forme extérieure aient été aucunement altérés.
L'industrie avec laquelle les loriots façonnent leur nid est remarquable : au lieu de le fixer, comme les autres oiseaux, à la bifurcation de branches perpendiculaires, ils enlacent autour de deux rameaux de forme horizontale d'un grand arbre, peuplier ou chêne, de longs brins de paille ou de chanvre, dont les uns forment le bord du nid, et les autres, pénétrant dans l'intérieur, donnent de la solidité à leur ouvrage; le dedans du lit se compose de mousse, de lichens et d'autres matières douces, formant comme une ouate moelleuse.
La femelle y dépose quatre ou cinq œufs, d'un blanc sale, ayant des taches irrégulières, à points bruns noirâtres vers le gros bout; elle couve ses œufs pendant vingt et un jours, et les défend avec un courage aveugle contre les entreprises de ses ennemis.
Imp-Becquct 6
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