LES OISEAUX-MOUCHES
Les trochilidés, connus sous ' le nom de colibris et d'oiseaux-mouches, habitent tous l'Amérique et se distinguent en général par la gracieuseté de leurs formes et l'éclat de leurs couleurs. Au nombre des plus jolies espèces de cette grande famille nous vous citerons l'oiseau-mouche proprement dit, connu pour la variété de son plumage et l'élégance de ses formes.
Merveille de la création, l'oiseau-mouche est le plus petit et le plus joli des oiseaux ; son plumage est diapré des plus riches couleurs empruntées au rubis, au saphir, à l'émeraude et à la topaze ; toujours dans les airs, il vole de fleur en fleur, butinant dans leur calice les insectes qui s'y cachent; car c'est à tort qu'on avait cru longtemps qu'il se nourrissait du nectar des fleurs.
Ce petit oiseau, ce bijou est à peine long de 30 millimètres, de la pointe du bec au bout de la queue : le bec a 7 millimètres, la queue 8 millimètres, en sorte qu'il ne reste qu'un peu plus de 18 millimètres pour la tête, le cou et le corps, dimensions moindres que celles de nos grosses mouches.
Son bec est égal dans sa longueur, un peu renflé vers le bout, comprimé horizontalement, et droit. Sa langue, fendue en deux parties, s'écarte et se rapproche à la volonté de l'oiseau comme une pince, de manière à pouvoir pomper comme avec un siphon le neclar des fleurs.
Malgré sa petite taille, l'oiseau-mouche est courageux, et sait se défendre, même contre un ennemi plus fort que lui : il s'attache à sa poursuite, en cherchant à lui crever les yeux avec son bec acéré.
Au nombre de ses plus redoutables ennemis se trouve le mygale-crabe, immense araignée, qui guette le moment où les petits viennent d'éclore pour les dévorer dans leur nid.
D'un caractère peu sauvage, l'oiseau-mouche se laisse approcher de trèsprès, comme le papillon; mais si on veut le saisir, il fuit alors comme un trait,
redoutant la captivité; aussi se sert-on pour le prendre de petits filets pour pouvoir le saisir au vol.
t Leur vol, dit Buffon, est continu, bourdonnant et rapide; le battement des i) ailes est si vif que l'oiseau, s'arrêlant dans les airs, paraît, non-seule- » ment immobile, mais tout à fait sans action. On le voit s'arrêter ainsi » quelques instants devant une fleur et partir comme un trait pour aller à une » autre; il les visite toutes, plonge sa petite langue dans leur calice, les flat- » tant de ses ailes, sans jamais s'y fixer, mais aussi sans les quitter jamais. »
Le nid des oiseaux-mouches, à la fois délicat et gracieux, se compose d'une petite capsule soyeuse et feutrée, tapissée de mousse et de duvet, où la femelle vient déposer deux fois par an deux petits oeufs complètement blancs, de la grosseur d'un petit pois.
Dix jours sont seulement nécessaires pour l'éclosion des petits qui, à leur naissance, sont de la grosseur d'une petite mouche. Rien de gracieux comme ces petits êtres voltigeant avec la mère qui les guide. On trouve les oiseaux-mouches au Brésil et aux Antilles.
Ils servent de parure aux indigènes, qui en font, soit des colliers, soit les ornements de leur coiffure.
Les espèces les plus nombreuses paraissent confinées entre les deux tropiques; car celles qui s'avancent en été dans les zones tempérées n'y font qu'un court séjour; elles semblent suivre le soleil, s'avancer, se retirer avec lui et s'envoler sur l'aile des zéphirs à la suite d'un printemps éternel.
Les oiseaux-mouches, malgré tous les soins dont on a cherché à les entourer, ne vivent pas en captivité ; la cage pour eux est une véritable prison, où ils périssent bientôt de langueur, car ce qu'il faut à ces oiseaux, gracieux et privilégiés, c'est l'espace, la liberté, et surtout les fleurs.
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