‹ Types du règne animal. Buffon en estampesChapitre 5 sur 38 · LE PORC-EPIC · texte numérisé non relu

LE PORC-EPIC

Mammifère sauvage et solitaire, de la classe des rongeurs : le goût de la chair de cet animal a quelque analogie avec celle du porc, dont il a le grognement. Les aiguillons dont il est armé ressemblent à un épi de blé barbu.

Sa peau est armée de dards composant une armure défensive contre les attaques d'ennemis bien plus forts que lui. Sur la nuque, les piquants sont plus longs que sur les autres parties du corps, et lui forment une espèce de huppe noire et blanche renversée vers le dos. Ces piquants sont comme des tuyaux de plumes dépourvues de barbes.

Originaire des climats les plus chauds de l'Afrique et des Indes, on le trouve dans les montagnes de l'Apennin, près de Rome, en Espagne et en Perse.

Le porc-épic est très-bas sur jambes, a la tête forte et courte, le museau trèsgros et rende, fendu comme celui du lièvre; les grandes soies rudes qui composent ses moustaches sont d'un noir brillant. On lui voit deux grandes dents incisives, en avant de chaque mâchoire, avec lesquelles il coupe le bois, comme le fait le castor. Il n'a pas de canines; ses oreilles sont rondes et aplaties; sa

queue est courte; ses pieds antérieurs ont quatre doigts, les postérieurs cinq, et sont armés d'ongles robustes.

Buffon a fait justice de l'allégation erronée « que le porc-épic avait la faculté de pouvoir lancer ses piquants à une assez grande distance afin de blesser son ennemi. » Ce qui est vrai, c'est que, lorsque cet animal est irrité, ses piquants se redressent, se remuent vivement, et que ceux qui n'adhèrent à la peau que par un mince pédicule tombent à terre par suite de cette agitation.

Si le porc-épic est attaqué, il se défend en s'élançant à reculons sur son ennemi, qu'il transperce de ses traits acérés : de cette manière, il garantit sa tête.

Il n'aime que la solitude et les endroits sauvages, se fait un terrier ayant plusieurs issues, et ne quitte que pendant la nuit le lieu de sa retraite.

Malheur aux jardins où il peut pénétrer! comme il est très-friand de légumes et de fruits, il ne manque pas de les dévorer. Quand il ne peut faire mieux, il se nourrit de graines et de racines. Pendant l'hiver, il reste comme endormi dans son terrier, et n'en sort qu'à l'époque du printemps.

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