‹ Typhonia. Avec la règle esthétique du second Salon de la Rose CroixChapitre 25 sur 73 · LA CASERNE · texte numérisé non relu

LA CASERNE

Tout ce qui ramène l’homme à l’instinct et le parque en troupeau, l’affranchit de son plus douloureux privilège : vouloir et choisir. Si à une entreprise où son animalité seule a part on ajoute de la gloriole, le coup est fait, et l’institution durera.

L’erreur de plusieurs a été de croire que le commun souffre, quand il est nombreux à souffrir. Isolez un soldat et son caporal avec la discipline ordinaire, l’un tuera l’autre : mais en caserne, dans l’agrandissement régimentaire, la résignation se fait vite.

Pour l’officier, la famille, l’incapacité, le peu de fortune sont les mobiles.

Il y a deux façons de devenir un monsieur, sans talent ou sans fortune : c’est la robe ou l’imiforme.

Le fils de paysan devenu avocat dînera à la table du château dont il eût échenillé les arbres ; et le lieutenant, en province, après des bonnes fortunes, parfois se marie bien, au lieu de tramer une existence de petit employé.

La suggestion nationale agit sur tous les passifs : et comment un homme qui n’est pas supérieur se défendrait-il

contre l’asservissement d’un peuple ; il y a très peu d’êtres qui s’estiment assez pour désobéir à l’opinion générale et suivre la leur : il faut être quelqu’un pour devenir réfractaire.

YII

LE LYGÉE

Le monopole des tabacs donne une juste idée de l’Université, essai de monopole de l'instruction. Comme la régie ne livre aucun tabac d’Orient fumable et sans nocuité, le lycée n’enseigne, en philosophie par exemple, que les doctrines du vie siècle arya, qui sont des versions pâles et récentes des vieilles splendeurs de la Révélation primitive.

Quel symptôme d’incohérence, dans cette volonté obtuse et tenace de laïciser l’instruction et de bannir l’éducation comme la religiosité .

Vouloir élever l’esprit sans former l'âme, et s’adresser à l’entendement dans l’oubli de la sensibilité : quelle misère!

Aussi voit-on des sots agrégés, et des docteurs imbéciles.

Le lycéen est semblable à quelque ouvrier d’une belle voix, à qui on n’apprend pas la musique, mais plusieurs rôles, note à note : ces rôles s’appellent baccalauréats .

Même applaudi, même reçu, chanteur et lycéen sont ignares, quoique capables d’apprendre encore de nouveaux programmes et de nouveaux airs à la façon des serins.

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