LE VAL D’ENFER
Sin est assis sur un garde-fou et rêve, lorsqu’une voiture, paraît au tournant de la route: il a été vu avant qu’il voie. La jeune lille fait arrêter, paye le cocher, qui tourne bride. — Elle s’avance, lente et grave, les yeux fixés sur Sin, vêtue d’une robe de tussor à manches larges boutonnées au poignet, un cache-poussière gris Hotte ouvert ; sur sa tête une toque de paille, sa main gantée tient un petit sac de maroquin. — Sin aperçoit enfin la jeune lille, s’élance, lui saisit les mains, et murmure, haletant :
Soeur Fée !
(Elle le regarde avidement et puis ferme ses paupières comme pour enfermer en elle le premier aspect ; sa voix, douce et lente, caresse.)
Frère Enchanteur
Je n’ai vécu que pour atteindre ce sommet, où le bonheur me frappe et me pénètre, avec la force du soleil. Ne me dis rien encore, laisse agir ma pensée. Mes yeux te voient si près, mes mains te touchent ; avant j’étais aveugle ; vivaisje avant? Je date d’aujourd’hui, et je date de tou