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LA JUSTIFICATION ET L’ESPACEMENT

Prendre la justification, c'est donner au composteur la mesure des lignes à faire; pour cela, on desserre la vis de la clavette, afin de lui laisser la I liberté de glisser à droite ou à gauche; on place dans le composteur un certain nombre des interlignes destinées à l’ouvrage, puis on rapproche la clavette le plus près possible de leur eitrémité de gauche ; pendant qu’elle j est maintenue , on serre la vis pour l’arrêter et la fixer sur ce point, j Çela fait, on retire du composteur, d’une seule fois, toutes ensemble, les interlignes; elles o ne doivent en sortir qu’avec un léger effort; si cet effort est trop considérable, c’est que la justification est trop serrée; si, au contraire, elles se dégagent trop facilement, c’est que la justification

LA JUSTIFICATION

est trop large. Pour éviter ce double inconvénient, on place entre la clavette et les interlignes un petit morceau de papier, dont l’épaisseur suffit pour obtenir exactement le jeu nécessaire à l’entrée et à la sortie des interlignes.

Nous avons dit que la longueur ou dimension d’une ligne quelconque, quand elle est déterminée et arrêtée dans le composteur à l’aide de la clavette mobile, prend le nom de justification. Mais ce mot a une seconde acception.

Quand on a terminé une ligne, ou mieux quand on a composé autant de mots qu’elle peut en • contenir, il s’agit de la justifier, c’est-à-dire d'en fixer les lettres de manière à les arrêter solidement dans le composteur; pour cela, il importe qu’elles soient toutes placées dans un sens per- , pendiculaire : sur l’étendue de la justification, elles offrent une certaine élasticité dont il est bon de se défier, car la dernière lettre ne doit trouver place dans le composteur qu'à l’aide d’un petit effort, et c’est cette légère résistance qui indique que le but est atteint; aussi est-ce de la mesure constamment régulière de cet effort que résulte la bonne justification. Posséder la délicatesse de main, le doigté judicieux nécessaire pour bien justifier, est un avantage précieux qu’il faut chercher à acquérir le plus promptement possible.

LA JUSTIFICATION

Justifier est donc l’action qui consiste à donner à la longueur des lignes une précision rigoureusement uniforme 1 ; de toutes les lois qui ré- 1 gissent la composition, la plus impérieuse, celle dont l’inobservation entraîne les plus fâcheuses conséquences, c’est la justification. Elle, ne saurait être à peu près exacte , elle doit l’être absolument ; sans elle , il n’est pas de travaux possibles , puisque * tous demandent une précision mathématique. Les accidents qui peuvent résulter de l’absence de cette condition sont malheureusement sérieux et fréquents. Aussi dit-on de lignes' plus ou moins bien justifiées : C’est une bonne ou une mauvaise com-» position.

Souvent le compositeur rencontre une difficulté soulevée par le texte même : tantôt un mot trop court se présente à la fin de la ligne et la laisse inachevée, tantôt un mot trop long n’y peut trouver place.

Il est trois moyens d’échapper à ces difficultés : dans le premier cas, on augmente le blanc ou l’espace qui sépare chacun des mots ; dans le deuxième, on le diminue; si ce dernier moyen

I. Ces mots justification , justifier, ont perdu leur véritable signification en devenant des termes techniques. En imprimerie, ils veulent dire < ajuster, donner de la justesse, rendre juste, dans le sens de précision.

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