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ET L'ESPACEMENT

est insuffisant; on coupe le mot final en deux parties, à l’aide d’un trait d’union, qui prend le nom de division, et l’on reporte le complément du mot à la ligne suivante.

Avant de justifier, il est un soin que tout ouvrier jaloux de faire un bon travail ne doit jamais négliger : c'est de lire très-attentivement la ligne composée et d’en faire disparaître sur-le-champ toutes les fautes qui auraient pu s’y glisser. A ce moment, cette rectification est facile à exécuter; négligée, elle devient plus tard difficultueuse et préjudiciable : il faut donc se faire une loi de contrôler sévèrement la ligne composée avant de la justifier. Une composition bien faite de premier jet est infiniment préférable à celle à qui l’on fait subir de nombreuses retouches, puisque c’est toujours aux dépens de la régularité de l’espacement et de la justification que ces corrections sont exécutées. Supposons, par exemple, que dans une page régulièrement espacée et justifiée il y ait lieu d’introduire un mot omis; pour lui faire place, il faudra nécessairement resserrer l'espacement des mots qui précèdent ou qui suivent ; si, au contraire, il s’agit de faire disparaître un mot surabondant, répété plusieurs fois, la suppression de ce mot laissera un vide à combler, et c’est encore à l’espacement qu’on 1 aura recours. Dans ce cas, on élargit le

LA JUSTIFICATION

blanc au lieu de le réduire; mais le résultat inévitable de ces opérations est de détruire souvent l’harmonie, la régularité d’espacement qu’on a cherché à obtenir en composant. Le cas devient plus sérieux encore s’il s’agit d'un bourdon ou d’un doublon .bien caractérisés, d’une phrase ou de plusieurs lignes, par exemple; les conséquences de cette faute sont alors très-graves; nous aurons occasion d’y revenir, mais ces quelques mots suffiront pour faire comprendre l’impérieuse nécessité de contrôler son travail par la lecture avant de justifier les lignes.

On a vu précédemment qu’il existe des espaces de forces différentes ; cette diversité d’épaisseur a pour but d’aider à la justification des lignes et à l’espacement régulier des mots. En composant, on ne doit mettre d’abord entre* eux qu’une. seule espace 1 de force moyenne; si, à la fin de la ligne, il se présente un mot ou une fraction de mot qui ne puisse y entrer, on remplace sur toute l’étendue de la ligne l’espace primitive par une autre d'une force moindre, afin d'arriver à faire la place dont on a besoin ; si , au contraire, ce mot ne peut être introduit ou divisé , on évite cet inconvénient en répartissant le vide

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