‹ Tyr et SidonChapitre 10 sur 166 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

de mon aage accompagnera mon affection. Et si les fruicts ne démentent point l'apparence des fleurs, je me fay fort qu'ils seront aucunement bien receus, puisque le seul argument imparfait et manuscript a remporté le nom de belle invention. Belle, certes, sire, non l'invention, mais la matière et digne esteuf de tomber en la main d'un bon joueur propre a relever ce divin chantre de Loire de la peine qu'il a prise a resusciter un Astyanax et fonder la majesté de cent Roys sur la vanité d'un fantosme. » (Schelandre a donc obtenu l'approbation du roi pour son ouvrage avant l'impression. — Il a raison de rappeler ici le souvenir de Ronsard, puisque la Stiiartide est imitée de la Franciade.) « Mais puisque l'aage ou nous vivons a produict peu d'esprits qui daignent et tout ensemble puissent bien entreprendre un project de si longue haleine, au deffault d'un plus fort de reins, si ne tiendray-je pas mes mains en pochette a la rencontre d'un si excellent thresor... » ayant « toujours tenu pour maxime que l'élection d'un beau subject fait honneur à son autheur... Je poursuivray donc, Sire,... pourveu que nous n'ayons pas touts les ans le divertissement d'un voyage de Juilliers. L'universelle paix qui colle aujourd'huy nos fourreaux sur nos espées symboHze a mes intentions et fait que ne me pouvant exercer en qualité de soldat, j'ay recours à celle de Poëte laquelle je ne repute pas tant odieuse que fait le commun de nostre siècle. » « La Stua7-tide, monument du plus mauvais goût et de la flatterie la plus outrée, dit B. T., avait tout ce qu'il fallait pour plaire à Jacques I^r. » Elle lui plut en effet, nous venons de le voir; Ogier ou plutôt Schelandre affirmera encore en 1628 que cet ouvrage composé « à l'âge de vingt-cinq ans » a été « admiré de ce docte roi de la Grande-Bretagne qui a fait asseoir auprès de lui les Muses dans son propre trône ». Ajoutons ici qu'Assélineau, qui seul après B. T. a vu et lu l'épopée, ne la condamnera pas avec la même sévérité. S'il « ne veut rien citer » de ce poème écrit d'un bout à l'autre sur un « ton héroïquement guindé », du moins trouve-t-il çà et là « de gracieuses inventions et des images bien réussies », surtout parmi les compliments d'ailleurs banals adressés au roi...

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