INTRODUCTION XIII
à Astrée qui renonce à un vœu téméraire de virginité, afin de pouvoir, en épousant Banquo, donner naissance à la race auguste qui gouvernera l'Ecosse. Le sujet principal de ces deux chants insipides, c'est un voyage qu'entreprend Fléonce, le fils d' Astrée, depuis les Canaries jusqu'aux rives de l'Ecosse. Tous les dieux, toutes les déesses du vieil Olympe se liguent pour ou contre lui. Nous avons remarqué une invitation à dîner que Mars envoie à Neptune. L'auteur s'arrogeant les privilèges prophétiques accordés aux poètes, jirédit au règne de son patron splendeur sans bornes et félicité sans nuages. Il n'oublie pas le soleil levant, et il annonce encore une gloire plus éclatante, s'il est possible, au prince Henri alors héritier présomptif ; il annonce que ce jeune héros sera un Achille et qu'il ne manquera point d'un Homère. Cet Homère, on devine sans peine quel il devait être. Aussi habile sorcier qu'estimable rimeur, d'Anchères n'avait pas prévu que son futur Achille devait mourir fort jeune avant de monter sur le trône K.. »
L'une des pièces liminaires nous apprend qui a été le protecteur de Schelandre auprès du roi. C'est le duc de Lennox, le favori tout-puissant de Jacques 1er, protecteur des « étrangers dont cette cour abonde ». Le poète lui offre son livre « dont François sont les vers, l'argument Escossois » et qui convient ainsi parfaitement à ce seigneur, « par parenté des illustres Balzac et par nativité.... mi-parti de l'Ecosse à la France ». « Par vous introduit, lui dit-il, j'ai reçu quelquefois l'accès du meilleur roi de la machine ronde. »
La dédicace témoigne en effet d'une faveur insigne de la part du souverain. Elle mérite d'être citée dans toute son étendue :
« Voicy les effects de mon offre, sinon touts entiers au moins suffisants pour me garentir du tiltre de faulx prometteur. L'honneur est l'aiguillon des âmes bien nées, c'est pourquoy celuy dont Vostre Majesté favorisa les premiers traicts de mon dessein m'a fait résoudre à la continuation de l'œuvre tant que le printemps
I. Parmi les pièces liminaires nous trouvons des stances A Monseigneur le prince de Walles : c'est le poème déjà imprimé dans le volume de 1608 sauf quelques variantes et huit vers ajoutés.