‹ Tyr et SidonChapitre 102 sur 166 · ACTE SECOND · texte numérisé non relu

ACTE SECOND

Marmodon.

He, he ! tout est perdu.

Chœur.

Las le devons nous croire ?

Marmodon. Que fusse-je menteur ! Mais il m'est trop notoire : 685 Pourquoy n'estoit cillé d'un sommeil éternel Mon œil qui le voyant s'est rendu criminel ? O trop inique sort !

Chœur.

O dommageable esclandre !

O ciel le donnois tu pour si tost le reprendre ?

Hé ! que sert un printemps qui florissant produit 690 Tant de vives couleurs si l'esté ne le suit ?

Si l'orage gresleux vient renverser à terre

L'espérance d'un peuple aussi fresle que verre.

O tutelaire Mars que n'en aviez vous soin ? *

Orphelins bataillons, que vous aurez besoin 695 D'un si brave pasteur qui premier à la charge

Vous servoit de conduite, et d'exemple, et de targe !

Marmodon.

Ha ! mon Roy triste père où sera ta vertu ? Las que j'ay peur de voir ton esprit abatu

683 Eh hé ... Jupiter, quelle playe! — 684 La chose est-elle seure ?

— Elle n'est que trop vraye. — 685 Las ! que n'estoit — 686 Mon œil que cest aspect a rendu — 687 remplacé par cinq vers. — 688 donniezvous — 689-90

Las ! que sert le printemps, si l'esté ne le suit ? Un arbre bien fleury si l'on n'en (l'on en J) a le fruit ? 693-6 Alcide tutelaire, où dormoit vostre soin ? O soldats orphelins qu'il vous fera besoin ! Qjie vous plaindrez ce chef qui servoit à la charge D'exemple et de conduitte, en retraitte de targe !

— 697 Ah ! — 698 ton courage

Sous les pieds du malheur, au despens de ta vie 700 Et la mort de ton fils de la tienne suivie.

Chœur.

Conte nous compagnon quel trop estrange cas, Survenu si soudain l'a conduit au trespas : Ne nous en cache rien, si le glaive d'un traistre Fièvre, cheute, ou poison t'a privé de ton maistre.

Marmodon.

705 Bien qu'il me grève trop je vous contenteray. Leonte n'estant pas prisonnier enserré, (Car le sage Aristarque hors toute meffiance Luy portoit amitié non moins que révérence) Avoit sa court à part et son palais aussi

710 Libre dans la cité comme Belcar icy.

Or des-ja de longtemps il avoit en son ame Entrouvert un foyer à l'amoureuse flame, Espoind d'une beauté qui certes meritoit Que Jupin la servit tant parfaite elle estoit.

Chœur.

715 Un esprit tout divin tire aux choses plus belles Mais succombe souvent à moitié chemin d'elles.

Marmodon.

La dame par ses yeux folastrement mignards Tesmoignoit ses désirs n'estre point trop hagards Mais un vieillard jaloux l'avoit assujettie 720 Tousjours guettant ses pas des qu'elle estoit sortie : Le tonnerre grondant n'est si prosche à l'esclair Ny le feu de Cyprine au grand Astre plus clair Que cest homme importun, contrepois de sa joye,

701-808 supprimés sauf jS^-SS déplacés. — 702 la 1608 — 704 ta 1608

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