‹ Tyr et SidonChapitre 13 sur 166 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

îents tableaux : le poème ainsi complété ne paraîtra qu'après la mort de l'auteur. A entendre Asselineau qui semble l'avoir lu, c'est l'unique ouvrage de Schelandre où l'esprit calviniste se fasse sentir: il rappellerait les Tragiques de d'Aubigné, l'auteur l'aurait dirigé spécialement contre le clergé catholique pour expier « les allures un peu vives de sa jeunesse poétique ». — Du reste, selon Colletet, « la poésie ne faisait pas la seule occupation de ses heures de repos ; l'histoire et les mathématiques les rempHssaient également ». Écrivait-il aussi des ouvrages de cette sorte ? Et était-ce alors qu'il signait Lesclandre ? Car on a dit qu'il se servait parfois aussi de ce pseudonyme-anagramme.

Il vivait d'ailleurs à Paris ou du moins il y passait plusieurs mois par an, faisant partie « de la confrérie des chevaliers de la Table Carrée que Colletet avait établie au cabaret fameux de la Croix de fer ». Cultivait-il alors plus qu'autrefois, malgré les Sept Tableaux, cette poésie « burlesque et bachique à la Saint-Amant et à tous les goinfres de l'époque » qu'Asselineau est disposé à trouver dans les Meslanges, spécialement dans les Gayetei ' ? En tout cas il était l'un des plus fort buveurs de la compagnie. Ogier, ami et défenseur de Balzac, de plus prédicateur du roi, qui n'en était pas moins l'hôte assidu du théâtre et de ce cabaret, en recommandant dans une ode à La Charnais, gentilhomme nivernais, de boire s'il veut être poète, cite entre autres l'exemple de « notre brave Schelandre » qui « boit toujours en Alexandre ». — Mais on ne faisait pas que boire dans ce cabaret, on y faisait des vers et on y discutait des questions littéraires. Là et dans des conversations intimes Colletet * eut quelque influence sur Schelandre, comme il n'oublie pas de nous le dire. « Ce n'est pas après tout, dit Colletet (cité par Rocham-

1. Somme toute ces vers sont plutôt timides en comparaison des Gayetei d'un Magny.

2. On connaît deux sonnets de Schelandre adressés à Colletet, l'un est intitulé A Cérilas, mon ami, et l'autre se rapporte à la mort de la sœur de Colletet pleurée aussi par Malherbe. Le premier parut en 1658 dans les Muses Illustres (recueil publié par Colletet fils où se trouve aussi l'ode d'Ogier), le deuxième en 1648 dans le Jardin d'èpitaphes. Cf. Lachèvre.

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