ACTE TROISIESME III
Pendantes par l'oreille à tes loix droiturieres :
1850 Quel est ce changement ? es-tu donc devenu Quelque sanglant corsaire estroitement tenu Jusqu'au mortel arrest, pour avoir d'insolence Privé mille passants de vie et de finance ?
Helas ! ce grand veneur qui de soif languissant
1855 Recerchoit à l'escart un flot rafreschissant, Ne fut plus estonné, quand de cholere esprise Une vierge le fit de sa meute la prise, Que moy qui croyant tendre aux désirés surjeons Dont le Roy de Cythere abreuve ses mignons
t86o Me treuve à l'impourveu sur la rive du Lethe, Et cependant qu'Amour d'espérance m'allaite J'entre, sortant du joug de sa captivité Aux prisons de la mort sans l'avoir mérité : O ciel qui cognois tout, et par qui se gouverne
1865 Tout ce qu'on voit enclos dans le clos de ton cerne, Pourquoy m'as tu couvert sous ton saint aisleron Depuis lors que le glaive et le noble esperon M'enflèrent le courage, et par ta bienveillance M'as tousjours fait paroistre un patron de vaillance,
1870 Si que tout assaillant fut par moy surmonté.
1850 Quel est cette accident?
185 1-3 Quelque odieux corsaire en justice tenu^
Convaincu mille fois d'avoir, quand et la vie.
Des timides marchands la richesse ravie ?
— i8$4 Las! ce pauvre veneur — i8$6 Ne s'estonna point plus quand
— 1857 Diane le rendit de — 1858 qui voulant — aux aymables — 1859 Où la belle Cyprine abreuve ses pigeons, — 1860 trouve
1862 Sortant des doux liens de la captivité, — 1863 J'entre en ceux de la mort — 1864-73
O monarque des dieux, dont l'œillade gouverne Tout ce que l'univers enveloppe en son cerne, Pourquoy, jusqu'à ce jour, m'as-tu sous ton support Mis si bien à couvert des bourrasques du sort, Comblant tous mes soins d'heur, mes combats de victoire, Ma conduite d'adresse et mes travaux de gloire ?
De nul tant fut-il fier je ne fusse arresté ? Me promettant pas moins (creve-cœur indicible !) Qu'estre des trois cités le Monarque paisible : Combien eust mieux valu qu'un de ces chevaliers
1875 Qui ont de rouges flots arrosé mes lauriers M' eust foudroyé le chef du fil de son espee, Ou qu'il eut en mon flanc une lance trempée^ Ou que ceste langueur qui durant deux Hyvers M'a collé dans la couche en martyres divers
1880 (Tandis que l'adversaire heureux de mon absence Tournoit à nos despens de ses armes la chance) Eust envoyé ma vie au Charontide bord, Que la voir réservée à si piteuse mort : Mort ou les plus abjects qui d'honneur ne font conte
1885 Craignent moins toutesfois le tourment que la honte. O ma Royne mon tout, dont trop doux est le cœur,, Pour estre né d'un Scythe ennemy de douceur, De qui le grand ennuy, les aigres doléances Grèvent plus ton Belcar que ses propres soufl'ranceSy
1890 Pourquoy m'as tu guary quand à double trespas L'amour trainoit mon ame et la playe mon bras ? Attaint de tes regards (qui a mourir incitent Les Dieux les plus puissants et puis les ressuscitent)
1874 du'il me valoit bien mieux qu'un — 1875-8
Qui sous mes coups pesans sont tombez à milliers Eust en un champ d'honneur, brisant ma violence, Annobly de ma teste ou sa lame ou sa lance, — 1880-1 (Tandis qu'à nos despens et par ma seule absence Le tyran tyrien relevoit sa puissance) 1882 Eust envoyé mon ombre — 1883 Plutost que me garder — 1884 Ou les plus lasches cœurs qui — 1885 Craignent toutesfoismoins — 1886-9
Que je te plains, ma belle, en qui gît tout mon bien I Combien mon propre mal m'est moindre que le tien, Veu que tu n'es pas moins et sensible et soudaine A la compassion que ton père à la hayne ! — 1890-7 supprimés.