‹ Tyr et SidonChapitre 136 sur 166 · ACTE TROISIESME II · texte numérisé non relu

ACTE TROISIESME II

Je sechoy jour et nuict, la Parque maintefois 5 Eust esteint ma vigueur ja tendante aux abbois, Si le mesme aiguillon qui causoit ma blessure N'eust piqué mon espoir d'un favorable augure :

Helas ! il m'en souvient quand de ta charité Je sentoy' les bienfaits en ma nécessité, o Quand ny l'hostilité de rancune acharnée Ny l'horreur de ma face, affreuse et descharnee, Ny l'odeur des onguents, de l'air fade et relant, Ny la peur d'un faux bruit par les bouches volant Te faisoient desdaigner de ma chambre l'approche : 5 Soit que Titan montast en sa flammeuse coche, Soit que du plus haut poinct il mipartit le jour, Soit que le Roy des eaux le receut en sa cour, Tu m'osois visiter et d'un courtois langage Enquérir ma douleur et me donner courage :

0 Ores tes doigts polis faits d'yvoire vivant Tastent l'accez fiebvreux en mon poux se mouvant, Ore entre les couraux de ta bouche mignonne

Tu fais mesme Tessay du boire qu'on me donne, Voir si du Lenean la fumeuse vigueur ) Ne se tempère assez de Naiade liqueur. Or, de tes propres mains si douillettes et blanches

1898-901 Helas ! il me souvient qu'avant nostre amitié Je ressentis d'abord l'effet de ta pitié, Quand ny l'objet public de la guerre obstinée, Ny mon regard affreux, ma palleur descharnee 1902 l'air renclos et relant — 1903 Ny la crainte d'un bruit — 1904-7 De moy, pauvre blessé, ne t'empeschoient l'approche. Soit lorsque le soleil alloit monter en coche, Soit alors que plus haut il partissoit le jour, Soit alors que dans l'onde il achevoit son tour, — 1909 T'enquérir de mon mal en me donnant — 1910 Tantost tes ( 1912 Tantost, sous le corail — 191 3 Tu fais l'essay toy-mesme au crystal qu'on me donne — 1914-5

Pour gouster si Bacchus a perdu sa vigueur,

1 Au sein d'une Naïade infusant sa liqueur, — 1916 Et tantost de tes mains

Jean de Schelandre. 8

Obligeant l'apetit mes vivres tu détranches :

Mais quoy ? tant de faveurs, qui pourroient au tombeau Ouvrir un œil cillé du funeste bandeau,

1920 Ne me sont qu'un venin qui lentement me ronge, Mon ulcère s'empire et mon mal se prolonge, Le Dieu Cotylean s'esmerveille de voir Pour un coup si léger ses drogues sans pouvoir, Et toy chère Déesse à mesme soin touchée

1925 Tu donne un souspirail à ma peine cachée Par cest heureux propos : O Prince de valeur, Aussi grand de renom que de race et de cœur, Touts jugent d'une voix que la guerre chagrine D'un interne soucy vous destruit et vous mine,

1930 Non le mal apparent, me voudrez vous celer Quel est ce desplaizir qui fait tant escouler La verdeur de vos ans ? quelle peine incognue Vous fait pointer les os et de chair vous desnue ? Que si d'un père doux la distance vous cuit,

1935 Eh ! ne voyez vous pas que l'ennuy vous y nuit ? Mourant vous esloignez pour jamais sa présence. Ou bien si le regret de vivre en la puissance D'un monarque ennemy vous va persécutant, C'est ou plus est besoin de paroistre constant,

1940 » La céleste vertu dont une ame est dorée

igijles morceaux tu me tranches. — 1918-26 (dchiU) remplacés. [Pr. /., II, 4, où les paroles rapportées ici par Belcar sont réellement prononcées par Méliane et Belcar. \ 1926 (fin) Mhliane : Prince, nostre vainqueur — 1927 Grand d'esprit, de renom, de fortune — 1929 D'un dueil intérieur vous dévore — 1930-3

Que c'est un mal caché, non le mal apparent Qui vous rend le teint jaune et l'œil dem^^'-mourant. Me le celerez-vous ? Quelle angoisse incognue En vostre guarison de santé vous denue ? Que si l'esloignement d'un bon père vous cuit, 1937 d'estre sous la puissance — 1939 C'est là qu'il vous sied mieux de — 1940 L'invincible.. ..l'ame est remparée

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