‹ Tyr et SidonChapitre 162 sur 166 · ACTE CINQUIESME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIESME

La flamme en cracquetant se mesle de fumée Qui monte à noirs rouleaux vers la voûte gemmée.

Marmodon.

Désastreuse maison ! comme en moins d'un moment Tu pers de comble en fonds tout ton bel ornement !

Messager.

30 Qu'aux choses de la terre on voit peu de tenue !

Chœur des Soldats.

Voicy le père seul.

Marmodon.

Je fuiray sa venue.

TiRIBAZE, PhULTER.

[V, 6. ] TiRIBAZE seul.

C'est à ce coup tyran, parricide, meschant,

Adultère Jupin, que j'iray destaschant

Contre tes trahisons mes despiteux blasphèmes.

5 5 Je ne crain pas l'esclat de tes foudres suprêmes, Glaives, masses, ni dards de tes bâtards puissants Barbares oppresseurs des hommes innocents. Car ou tu m'as réduit par ta malice grande

j La mort terrible à tous, moy seul je la demande

30 Ingrat et desloial ! est-ce là le loyer

Que tu m'as auguré, quand dessus ton foyer J'esgorgeoy' des moutons et des bœufs a centaines ? Quand je faisoy' flotter dans tes voûtes hautaines Les vapeurs de l'encens, et trop dévot helas !

V\ Esperoy par mes vœux mériter ton soûlas :

3038 mas 1608 3041 mas 1608

l66 TYR ET SIDON

Insensés les mortels qui crédules invoquent

Ces Dieux impertinents qui des humbles se mocquent !

Monarque ténébreux, crousle tes gonds de fer

Du sceptre bidenté, pousse au fonds de l'enfer

5050 Un misérable Roy, qui ne veut qu'un refuge Contre les cruautés de son unique juge : Soit le caillou rouUant qui retombe tousjour, Soit le bec ronge-cœur de l'affamé vautour, Soient les mets reculants, soit la fatale roue,

îo5$ Soient Larves et Démons a l'effroyable moue, Soient destinés pour moy tous tes rudes fléaux. Ton Empire m'est doux, tes chastiments sont beaux, Pourveu qu'ensevely dans l'oublieux silence J'eschappe des hauts feux l'injuste malveillance. 3o6oJe despite le ciel, ja l'Averne béant

Me trouble des vapeurs de son gouffre puant : J'entrevoy grosmastin, tes trois gueules baveuses Qui s'arment de grands crocs, tes prunelles affreuses Brillent comme flambleaux dans les antres noircis

$065 De ton souffle empesté les airs sont espoissis, De ton premier abboy tout le Tartare tremble, Hu ! des-ja Tisiphone à Megere s'assemble, Alecton vient après, je voy sibler hideux Et s'entretortiller leurs couleuvre-cheveux,

5070 Je brusle des tisons de leurs mains enragées. Je sens le cliquetis de leurs coups d'escourgées.

[V, 7.] Phulter.

D'où procèdent ces cris ? que veut sa Majesté Que sert ce hurlement plein de férocité ? Il frappe les parois, Dieux il est en furie !

3071 descourgées 1608 — 3073 plein des férocité ? 1608

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