XXXII INTRODUCTION
M. Lachèvre, en 1903, cite, il est vrai, le titre complet du volume de 1608, énumère les pièces liminaires et analyse les Mélanges divisés en trois parties (poésies héroïques, amoureuses et enjouées, voire satiriques), puis il se justifie d'avoir « décrit cette édition assez longuement, parce qu'il ne doit en exister qu'un exemplaire ». Mais il ne dit pas où on peut le trouver, car il paraît ne connaître que le catalogue La Vallière-Nyon et ignorer l'exemplaire de l'Arsenal aussi bien que celui du British Muséum, — M. Lachèvre dit encore : « Nous ajouterons que la tragédie de Tyr et Sidon de 1608 n'est que la seconde journée de l'édition ou, si Von aime mieux, la seconde des deux tragédies (!) comprises dans la seconde édition de 1628 sous le titre général de Tyr et Sidon. Mais là ne s'arrête pas la différence : le texte de 1628 a subi de nombreuses corrections et le dénouement est tout autre. » Ce passage rappelle plutôt Asselineau que La Vallière ou Dupu tel et B. T. que M. Lachèvre mentionne dans sa notice bibliographique, sans doute d'après Quérard.
Les manuels témoignent aussi de la survivance de la vieille confusion. Nous n'en citerons que deux.
M. Faguet ^ en mentionnant les Funestes Amours de d'Anchères observe : « Celui qui sous le nom de Jean de Schelandre avait donnélt drame shakespearien Tyr et Sidon. » Les Funestes Amour . sont d'ailleurs présentés avec Pyrame et Thishé « comme spécimen de la tragi-comédie ou de la tragédie romanesque. ».
M. Doumic écrit en 1905, dans la 22e édition de son manuel : « En 1608, J. de Schelandre donne Tyr et Sidon en deux journées et cinq mille vers. En 1628, Fr. Ogier met en tête de cette pièce une préface. »
La présente édition permettra du moins de connaître un peu mieux la tragédie de 1608.
I. Faguet, Histoire de la littérature française, vol. I, p. 461 ; vol. II, p. 30, Paris, 1900. — Voyez aussi Propos littéraires, IIP série {Leçon d'ouverture de 18^^ où les qualités de la tragi-comédie sont éloquemment prisées). — M. Lanson ne cite que la pièce de 1628 et à cause de la préface. Mais je sais qu'il n'a pas omis de parler de la tragédie dans sou cours à la Sorbonne.