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III. Prédécesseurs et contemporains de Schelandre

Tandis que le Tyr et Sidonàt 1628 sera composé ce à l'usage d'un théâtre public » (Advertissenient de V imprimeur'), le Tyr et Sidon de 1608 aurait été, selon M. Rigal, l'une des « dernières tragédies faites pour être lues ». Cette hypothèse se rattache à l'opinion généralement adoptée ^ d'après laquelle la tragédie du xvie siècle en France n'aurait pas été destinée à la représentation, et même aurait été contraire aux exigences scéniques.

Cette question touche de près Schelandre, et l'on nous permettra de répéter ici brièvement les raisons qui nous obligent à ne pas accepter les arguments à l'aide desquels le savant historien du théâtre français, dont la vaste érudition a jeté un jour tout nouveau sur cette époque, a tâché de démontrer que ces pièces étaient incompatibles avec le décor complexe seul régnant alors.

Le premier de ces arguments c'est le choeur. « On ne comprendrait pas la présence en tous ces lieux divers d'un même et unique chœur. » Cependant il faudrait savoir si le chœur, qui d'ailleurs n'était pas toujours « un même et unique », et qui était composé en réalité de quelques acteurs et figurants, n'a pas pu très bien se tenir, comme je l'ai dit ailleurs, dans le proscenium figurant tantôt la suite d'une mansion, tantôt un lieu plus ou moins idéal, selon que le chœur était réellement « entreparleur » prenant part à l'action, ou seulement une sorte de spectateur idéal chargé de faire ses réflexions à la fin des

I. Cf. sur cette question Lanson, Etudes sur les origines de la tragédie classique cil France, Revue dlnst. litt., T903. — Haraszti^ La litt. dramatique au temps de la Renaissance, considérée dans ses rapports avec la scène, ibid., 1904. — Rigal, La mise en scène dans les tragédies du XVI^ siècle, ibid.^ 1905. — Un commencement de revirement peut être signalé chez les écrivains les plus récents, grâce aux études de M. Lanson, qui font date. Cf. Tilley, Tlje littérature of fhe Frencb Renaissance, Cambridge, 1904, vol. II, p. 89. — Marsan, La pastorale dramatique en France, Paris, 1905, p. 336. — Lintilhac, Histoire générale du théâtre en France, Paris, 1906, vol. II, p. 295. — M. Cohen pense aussi que « la mise en scène simultanée est nécessaire à toutes les tragédies du xvi'= siècle, si l'on prend à la lettre les indications fournies par les textes et les rubriques » (Histoire de la mise en scène dans le théâtre religieux français du moyen âge, Paris, 1906).

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