XXXVIII INTRODUCTION
d'une Panthée, tragédie avec chœurs, constate chez ses contemporains en 1608 (l'année de la première publication de Tyi' et Sidon) une véritable fureur d'écrire des tragédies mal bâties, affectées et enflées ou au style sec et languissant.
En 1601, Nicolas de Montreux avait déjà repris le sujet de la Sophonishe et publié son Hippolyte ]mï, Joseph le Chaste, imité tant bien que mal de Garnier, quand Montchrétien publie le recueil de ses tragédies, dont l'une, VEscossoise, sera représentée deux ans plus tard à Orléans par les acteurs qui la joueront ensuite à Paris devant la cour.
En 1603 on voit à Pont-à-Mousson revenir sur la scène le sujet de la Soltane de Bounyn, lequel reparaîtra de nouveau en 1608 sur la scène d'un autre collège de province. En 1604, Montchrétien publie la deuxième édition augmentée et remaniée de son recueil, laquelle sera réimprimée en 1608. Un an auparavant, en 1607, Sophonishe est de nouveau sur la scène, cette fois à Bordeaux : l'ouvrage est dû à Hélie Garel. — La même année, est publié le recueil de Pierre de Nancel dédié à Henri IV et contenant trois tragédies sacrées avec des chœurs. Ce sont des histoires de rapt et de vengeance atroces ; quoique les récits de messagers ne manquent pas, il y a des batailles sur la scène et des meurtres derrière les rideaux des mansions. Ces pièces avaient été représentées à l'amphithéâtre de Doué où l'on a joué plusieurs tragédies à partir de la fin du xvie siècle. — En 1608, donc en même temps que Schelandre, débute Nicolas Chrétien. Outre des pastorales et une première tragédie avec chœurs, œuvres trop romanesques % il a composé une tragédie biblique où il s'agit de viol incestueux et de vengeance fratricide entre les enfants de David, puis il a mis en scène l'histoire d'Alboin si chère à cette époque et devenue ici une histoire de vengeance suivie d'adultère, d'assassinat et de double empoisonnement. — Chrétien aussi bien que Nancel sont déjà mi-classiques
I. Dans les Portugais infortunés des Européennes dépouillées de leurs vêtements par des sauvages mouraient sur la scène qui figurait un désert.