‹ Tyr et SidonChapitre 43 sur 166 · INTRODUCTION XLV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLV

son fer sur Cassandre, puis le jette, agit de même qu'agissait l'Hippolyte de Garnier.

Parmi les ouvrages contemporains de Schelandre mentionnons d'abord la pièce fantasmagorique de Bellone, les Amours de Dalcméon et de Flore ^ présentant l'histoire d'amants infortunés qui, contrariés dans leur amour par le père de la jeune fille, finissent par se tuer, après quoi le père (c'est aussi un roi) devient fou de douleur : cette pièce fut imprimée deux ans après les Funestes Amours, mais les frères Parfait la datent de 1600, en tout cas elle est tirée d'un roman de 1579. — La rivalité des sœurs ferait penser à V Ariane de Hardy, d'autant plus que Belcar est accusé par Méliane d'avoir « l'âme théséane », mais c'est une autre pièce de Hardy qui doit attirer notre attention. La rivalité de deux femmes dont l'une périt se retrouve dans le Théagèneet Chariclce de Hardy (V^ et Vie journées) ^ : le fidèle amant de Chariclée est adoré aussi d'Arsace qui en l'absence de son mari gouverne la ville et veut faire brûler Chariclée qu'elle accuse du meurtre de sa confidente ^. — Margarit Pageau a publié en 1600, outre une Monitne, une Blsathie, tragédie avec choeurs : le roi massilien y veut faire brûler son captif, Crassus, général romain ; la fille du roi, amoureuse de ce héros et que la nourrice essaye en vain d'amener à vaincre sa passion, suborne le gardien de la prison comme Méliane. — Les impatiences sensuelles de Belcar, qui ont été d'abord celles de Théagène, resteront celles des héros des tragi-comédies et pastorales jusqu'à Mairet et Rotrou, même jusqu'à l'auteur de Clitandre. — Corneille nous avertit qu'en son temps le public a conservé toujours un goût singulier pour les scènes telles que « Belcar en la prison » (cf. « Clitandre en prison »). — Les scènes de jugement se rencontrent bien au xvi^ siècle et dans les tragicomédies ou pastorales de Hardy. — La folie furieuse peinte déjà par Jean de la Taille, d'après l'exemple de Sénèque, est répétée chez Hardy dans Alcmc'one et dans Mariamne : le délire

1. Cf. d'ailleurs aussi VAÏhoin de Billard où la confidente est éprise de l'amant de la reine et, désespérée, finit par se tuer.

2. Cette Arsace joue donc en même temps un peu le rôle de Tiribaze.

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