L INTRODUCTION
avant Racine faire parler sur le théâtre français un langage vrai, quoique monotone et embarrassé des gaucheries de l'époque, à l'amour, ce « tyran de nos cœurs » qui remplit « notre poitrine de feu, de fer, de sang, d'ennuis et de malheurs » (Sonnet liminaire). Combien semblent pâles et nulles en comparaison de cette figure la Phèdre de Garnier, perverse révoltée chez qui les quelques traces de luttes intérieures sont noyées dans un verbiage assommant, ou la Didon de Hardy qui a changé l'héroïne de Jodelle aux imprécations frénétiques en une veuve sentimentale regrettant d'avoir été infidèle à la mémoire de son mari quand elle va être abandonnée par son amant !