‹ Tyr et SidonChapitre 48 sur 166 · Les unités · texte numérisé non relu

Les unités

Schelandre s'est efforcé de faire entrer sa pièce dans le cadre des unités.

V imité d'action. D'après le sous-titre le sujet est l'histoire des amours de Belcar et de Méliane. Mais Belcar est-il en effet le héros de la pièce ? Son rôle finit avec le troisième acte (nous omettons cette fois la part des récits) et se réduit à deux scènes doubles et à une troisième scène trop courte (I, 2-3 ; II, 6 ; III, 8-9). Velléités de séduction, protestation en cinq vers contre sa condamnation et scène de la prison : c'est tout.

Le rôle de Méliane n'est pas moins effacé. Dans les trois doubles scènes où elle est sur le théâtre et où elle parle (I, 3-4 ; III, 1-2 ; IV, 2-3), elle n'est le plus souvent qu'une pleurnicheuse impuissante, dupe des autres et finalement victime passive d'une erreur judiciaire qu'elle n'a garde d'éclaircir (elle reste muette pendant toute la scène i de l'acte V), puisque, se trompant ellemême, elle se croit trahie par son amant et saisit cette occasion d'un suicide passif. On nous raconte avec quels cris farouches elle s'est jetée sur le corps de Cassandre rencontré sur le rivage, et comment elle voulut se tuer; on nous dit que devant le bûcher elle a harangué le peuple en protestant de son innocence, puis s'est élancée dans le feu : avec son caractère timide et faible il nous est difficile de l'imaginer dans des scènes aussi violentes.

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