‹ Tyr et SidonChapitre 51 sur 166 · Mouvement dramatique · texte numérisé non relu

Mouvement dramatique

La conduite d'une pièce était au xvie siècle le point le plus faible. Elle est relativement assez vive dans les Funestes Amours^ conformément à la tendance de l'époque. La tragédie commence vers la crise grâce à la passion de Cassandre arrivée déjà à l'état aigu. Après l'exposition qui continue même au second acte, comme ce sera l'habitude de Corneille, le nœud est filé par deux chemins différents mais qui mènent tous deux au même but.

La progression de l'action est continue d'acte en acte : cela est naturel, tant d'événements devant se passer en un même jour. Il est vrai que la marche des actes pris séparément laisse beaucoup à désirer. Après le Ille acte trop long, le IVe est trop vide. Bien des scènes épisodiques paraissent retarder ou interrompre l'action (IV, i, est un véritable hors d'œuvre). Néanmoins la plupart de ces scènes souvent symétriquement entrelacées se confondent dans l'unité de la conception et témoignent d'un art de construction inattendu là où l'on ne croyait voir que l'embrouillement des fils. Ces scènes découpées qui sont moins nombreuses dans les tragédies classiques de Hardy, remplissent le théâtre d'un mouvement extérieur et trahissent déjà des libertés dont Schelandre abusera un peu en 1628. Et, ce quin'importe pas moins, une bonne partie de ces scènes sont des scènes à effet, de grandes scènes à faire. Le rôle de Cassandre est assez riche à cet égard, quoique justement le point culminant de ce rôle n'ait pas été mis en scène. C'est sur le théâtre qu'elle découvre son amour à la nourrice ; c'est là qu'elle veut se suicider et qu'Eurydice lutte avec elle pour lui arracher des mains le poignard. C'est là aussi qu'entourée de sa suite elle s'abandonne à un désespoir effréné, et qu'elle s'évanouit. — Puis nous avons la scène de la condamnation de Méhane, précurseur du cinquième acte di Horace. (Pendant cette scène le théâtre est rempli, outre les juges, d'une foule de personnages. Notez ici en général le grand nombre des personnages employés par Schelandre déjà dans cette tragédie.) Enfin nous avons les scènes du délire et de la mort de Tiribaze suivie de la mort de Phulter.

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